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- L'art de la conversation, considéré comme l'un des fleurons de la culture classique française, désigne une pratique développée en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, devenue un spectacle pour toute l'Europe et caractérisée par la recherche d'une dimension esthétique et hédoniste dans les échanges mondains. Dans les ouvrages traitant de l'art de la conversation dans la France classique, les auteurs ne délimitent pas cet art protéiforme dans ses formes ou ses codes. L'expression concerne originellement la conversation mondaine, mais ses pratiques et ses valeurs se sont répandues dans l'ensemble de la société cultivée, ont eu une influence importante dans la littérature, et le terme désigne plus généralement un art littéraire au sens classique de ce terme. Pour des raisons culturelles et linguistiques, cet art a concerné essentiellement la France et son apparition a été favorisée par la libéralisation des mœurs à la mort de Richelieu. Il s'est développé grâce à l'émergence d'une société de Cour rassemblant une noblesse devenue oisive, en conservant ses caractéristiques originelles, issues du classicisme, dans le langage, la rhétorique et l'esthétisme, et sa diffusion dans l'ensemble du pays a été favorisée par le développement des Salons. Il a disparu rapidement lorsque la Révolution a bouleversé les conditions sociologiques qui l'avaient fait naître pour faire place à la « véhémence de l'orateur ». Associant l'idéal de l'honnête homme et la culture du Courtisan, l'humanisme et la grâce, l'art de la conversation exige d'être galant, d'avoir esprit, goût, bel air et bon ton. Hommes et dames badinent en promenade ou dans les salons, échangent des flatteries, des pointes, dans la recherche d'un plaisir réciproque, se défiant de la rhétorique du débat. L'ensemble d'une société s'est reconnue dans cette pratique, et de nombreux contemporains en ont laissé un témoignage important à travers leurs mémoires, leur correspondance, ou des essais littéraires. Ils évoquent le plaisir qu'ils y trouvent, parfois les excès, et aussi ses codes et ses règles informelles. Ce sont ainsi de véritables portraits d'artistes qui nous sont parvenus. La conversation orale représentait alors un modèle pour les différents genres littéraires, avec sa propre rhétorique et l'exigence formelle du classicisme, et s'inscrivait dans le courant esthétisant des Belles-lettres. Cette littérature de dialogues est devenue à son tour un modèle pour l'éducation sociale des aristocrates nobles et bourgeois, favorisant ainsi sa diffusion dans l'ensemble des cercles intellectuels, littéraires et mondains. Dès le début du XIXe siècle, et aujourd'hui encore, des récits et des études expriment intérêt et nostalgie pour cet art disparu. Dans une époque où la communication rejette parfois dans l'indifférence la langue que l'on parle et le style dans lequel on s'adresse à autrui, cet article invite à « découvrir la passion que des temps moins éclairés mirent à disputer sur les qualités de leur langage, sur l'honneur qu'il pouvait faire à autrui et sur la faveur qu'il pouvait valoir au sujet parlant ». (fr)
- L'art de la conversation, considéré comme l'un des fleurons de la culture classique française, désigne une pratique développée en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, devenue un spectacle pour toute l'Europe et caractérisée par la recherche d'une dimension esthétique et hédoniste dans les échanges mondains. Dans les ouvrages traitant de l'art de la conversation dans la France classique, les auteurs ne délimitent pas cet art protéiforme dans ses formes ou ses codes. L'expression concerne originellement la conversation mondaine, mais ses pratiques et ses valeurs se sont répandues dans l'ensemble de la société cultivée, ont eu une influence importante dans la littérature, et le terme désigne plus généralement un art littéraire au sens classique de ce terme. Pour des raisons culturelles et linguistiques, cet art a concerné essentiellement la France et son apparition a été favorisée par la libéralisation des mœurs à la mort de Richelieu. Il s'est développé grâce à l'émergence d'une société de Cour rassemblant une noblesse devenue oisive, en conservant ses caractéristiques originelles, issues du classicisme, dans le langage, la rhétorique et l'esthétisme, et sa diffusion dans l'ensemble du pays a été favorisée par le développement des Salons. Il a disparu rapidement lorsque la Révolution a bouleversé les conditions sociologiques qui l'avaient fait naître pour faire place à la « véhémence de l'orateur ». Associant l'idéal de l'honnête homme et la culture du Courtisan, l'humanisme et la grâce, l'art de la conversation exige d'être galant, d'avoir esprit, goût, bel air et bon ton. Hommes et dames badinent en promenade ou dans les salons, échangent des flatteries, des pointes, dans la recherche d'un plaisir réciproque, se défiant de la rhétorique du débat. L'ensemble d'une société s'est reconnue dans cette pratique, et de nombreux contemporains en ont laissé un témoignage important à travers leurs mémoires, leur correspondance, ou des essais littéraires. Ils évoquent le plaisir qu'ils y trouvent, parfois les excès, et aussi ses codes et ses règles informelles. Ce sont ainsi de véritables portraits d'artistes qui nous sont parvenus. La conversation orale représentait alors un modèle pour les différents genres littéraires, avec sa propre rhétorique et l'exigence formelle du classicisme, et s'inscrivait dans le courant esthétisant des Belles-lettres. Cette littérature de dialogues est devenue à son tour un modèle pour l'éducation sociale des aristocrates nobles et bourgeois, favorisant ainsi sa diffusion dans l'ensemble des cercles intellectuels, littéraires et mondains. Dès le début du XIXe siècle, et aujourd'hui encore, des récits et des études expriment intérêt et nostalgie pour cet art disparu. Dans une époque où la communication rejette parfois dans l'indifférence la langue que l'on parle et le style dans lequel on s'adresse à autrui, cet article invite à « découvrir la passion que des temps moins éclairés mirent à disputer sur les qualités de leur langage, sur l'honneur qu'il pouvait faire à autrui et sur la faveur qu'il pouvait valoir au sujet parlant ». (fr)
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prop-fr:texte
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- Pascal (fr)
- Tristan L'Hermite (fr)
- III, 5 : ils manquent aux convenances, ils sont hors d'eux-mêmes face à des gens qui ne sont pas hors d'eux-mêmes (fr)
- Dans son introduction, Boudhors mentionne les références précises dans l'œuvre de Chapelain, alors que Sainte-Beuve attribuait ce néologisme à Guez de Balzac qui ne l'aurait que lancé dans le public. Quoi qu'il en soit de la paternité du mot, la notion était ancienne et Méré rappelle qu'elle était chère à Cicéron (fr)
- J. Starobinski ajoute que le néologisme connut un tel essor durant la période révolutionnaire, qu'il fut fréquemment attribué à l'esprit de la Révolution alors qu'il lui est légèrement antérieur (fr)
- III, 4 : l'enflure , glissent dans ce genre ceux qui visent l'exceptionnel, le fabriqué, et surtout le plaisant, et, de ce fait, échouent dans le clinquant et le mauvais goût (fr)
- L'université a d'excellents professeurs qui sont passés docteurs en fleurettes, rondeaux, bouts-rimés, triolets, bons mots et contes agréables. On tient qu'ils étudient depuis longtemps pour trouver la raillerie la plus fine, mais que la plupart se sont jusqu'ici rongés les ongles jusqu'à la chair vive sans en pouvoir venir à bout. (fr)
- Livre premier, XXV : Il suffit que, de la même façon qu'un bon soldat sait dire à l'armurier de quelle forme, de quelle trempe et de quelle bonté doivent être ses armes, sans être capable pourtant de lui enseigner comment les faire, ni comment il les faut battre et tremper, je sache vous dire ce que doit être un parfait courtisan, sans pouvoir vous enseigner comment vous devez faire pour en devenir un (fr)
- Livre premier, XXVI : il faut fuir, autant qu'il est possible, comme un écueil très acéré et dangereux, l'affectation, et, pour employer peut-être un mot nouveau, faire preuve en toute chose d'une certaine désinvolture, qui cache l'art et qui montre que ce que l'on a fait et dit est venu sans peine et presque sans y penser (fr)
- Amours de Psyché (fr)
- Bescherelle (fr)
- Clélie (fr)
- Conversations morales (fr)
- Entretiens sur la pluralité des mondes (fr)
- Expression de Georges Forestier (fr)
- Il s'agit de Charnes et de Valincour. (fr)
- Livre du Courtisan (fr)
- Préface aux Salons (fr)
- Traité du sublime (fr)
- XLI, 2 : Et il y a encore pire que cela ainsi les parties rythmées des discours n'infusent pas la passion du discours chez les auditeurs, mais celle du rythme ; de sorte que parfois, sachant les terminaisons obligées, ils battent du pied pour les orateurs et, comme dans un chœur, les précèdent pour donner la cadence (fr)
- Livre premier, XVII : [hors la présence d'ennemis] en tout autre lieu, qu'il soit humain, modéré et posé, fuyant plus que tout l'ostentation et l'impudente louange de soi-même, par où l'homme suscite toujours contre soi la haine et le dégoût de ceux qui l'écoutent (fr)
- XXXIV, 2 : prodigieux, ses traits d'urbanité (fr)
- Livre premier, XXIX : Il est certain qu'en devisant entre nous comme nous le faisons à présent, il serait peut-être malséant d'employer des mots toscans ; car ainsi que vous le dites, ils donneraient de la peine à celui qui s'en serviraient et à ceux qui les entendraient, et ils ne seraient compris par beaucoup qu'avec grande difficulté (fr)
- XXXVIII, 5 : Le rire est une passion dans le plaisant (fr)
- Selon les indications données par J. Starobinski, l'histoire du mot civilisation peut être résumée ainsi : le mot existait déjà dans un sens juridique , puis dans une acception de sociabilité, créée par Victor de Riquetti ; il entre pour la première fois avec son acception moderne dans un dictionnaire en 1771; en 1795 un dictionnaire allemand mentionne ce nouveau mot français ; en 1798, le dictionnaire de l'Académie l'officialise. (fr)
- essai de Diderot (fr)
- XV, 1 : Pour produire la majesté, la grandeur d'expression et la véhémence, il faut ajouter aussi les apparitions comme le plus propre à le faire quand ce que tu dis sous l'effet de l'enthousiasme et de la passion, tu crois le voir et tu le places sous les yeux de l'auditoire (fr)
- le Grand Cyrus (fr)
- Marc Fumaroli relève cependant que la France a réinterprété une tradition inventée par l'Italie, la République des Lettres, incluant politesse, affabilité et art de converser, et que l'Allemagne savante l'a également reprise ensuite (fr)
- selon l'opposition que reprend Delphine Denis (fr)
- somptueuse (fr)
- C. Thomas fait état de travaux pour restituer cette langue parlée, qui serait proche de l'accent canadien, sans préciser ses sources... (fr)
- XI, 2 : il faut que l'orateur sache que rien de cela [les techniques rhétoriques] ne peut par soi-même, sans le sublime, aboutir à la perfection (fr)
- La plus saine partie de la Cour correspond, étymologiquement, aux courtisans (fr)
- Baltasar Gracián traduction de Nicolas Amelot de la Houssaye. (fr)
- Ecouter le ton solennel et emphatique, celui d'un courtisan devant le Roi et la Cour, employé au début de la leçon sur une lecture de Louis de Bourbon, prince de Condé, oraison funèbre de Bossuet (fr)
- Delphine Denis fait une analyse approfondie de l'usage de différentes figures de style utilisées dans les conversations littéraires de de Scudéry dans deux chapitres de son étude : L'art de persuader et l'art de plaire (fr)
- A l'époque classique le mot raillerie pouvait désigner également des pointes, des bons mots, des traits d'esprit. Dans cet article, ce terme est utilisé dans son acception moderne, pour une ironie aux dépens de l'interlocuteur (fr)
- C’est la vie des grandes qualités, le souffle des paroles, l’âme des actions, le lustre de toutes les beautés. Les autres perfections sont l’ornement de la nature, le Je-ne-sais-quoi est celui des perfections. Il se fait remarquer jusque dans la manière de raisonner ; il tient beaucoup plus du privilège que de l’étude, car il est même au-dessus de toute discipline. Il ne s’en tient pas à la facilité, il passe jusqu’à la plus fine galanterie. Il suppose un esprit libre et dégagé, et à ce dégagement il ajoute le dernier trait de la perfection. Sans lui toute beauté est morte, toute grâce est sans grâce. (fr)
- Voir également aux articles grâce et sprezzatura (fr)
- Evangile Mt 11, 25 - En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit: Je vous bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que vous avez caché ces choses aux sages et aux prudents, et les avez révélées aux simples (fr)
- À partir d'une analyse lexicale, Roger Chartier oppose les termes sprezzatura et je-ne-sais-quoi désignant la grâce de la conversation considérée comme un art, d'une part, et d'autre part affectation, curiosité stigmatisant au contraire l'affectation du savant (fr)
- Fumaroli développe la correspondance sémantique, et rhétorique, entre arts visuels et littéraires du classicisme français, dans la préface de son ouvrage L'École du silence (fr)
- Boudhors suggère cependant que le latin ', l'allemand ' et l'anglais désignent quelque chose d'équivalent. Quoi qu'il en soit, il est significatif que les personnes cultivées de l'époque revendiquent cette particularité (fr)
- Marc Fumaroli distingue ces trois types de conversation, correspondant à trois types de société privée : salon mondain, cercle érudit, cercle scientifique (fr)
- Emile Deschanel cite certaines expressions des Précieuses : le complice innocent du mensonge pour le bonnet de nuit, les braves incommodes pour les filous, les muets illustres pour les statues, tracer des chiffres d'amour signifiant danser, un bouillon d'orgueil pour un sourire dédaigneux etc. qui s'ajoutent à ceux que Molière utilise dans ses comédies. (fr)
- XXXV, 5 : à propos de toutes les choses de ce genre nous pourrions dire ceci : ce qui est utile ou même nécessaire à l'homme est à sa portée ; mais pourtant ce qu'il admire toujours, c'est l'inattendu (fr)
- XVII, 2 : le sublime et le pathétique sont un antidote et un secours merveilleux contre le soupçon qui pèse sur l'emploi des figures tout se passe à peu près comme lorsque les lumières indécises disparaissent lorsqu'elles sont entourées des rayons du soleil ; de la même façon les pièges de la rhétorique, la grandeur épandue de tous côté les fait rentrer dans l'ombre (fr)
- XLIII, 1 : Prompte à déshonorer la grandeur, il y a aussi la petitesse des mots, s'ils contiennent des éléments moins glorieux que le sujet (fr)
- XXXIV, 2 : sa raillerie est parfaitement policée ; il a de la noblesse ; il est bien exercé à l'ironie ; ses railleries ne sont ni grossières ni mal élevées ni relevées de sel ; il sait dénigrer ; il a la verve comique abondante, et un aiguillon qui touche son but dans la plaisanterie (fr)
- Marc Fumaroli également rattache directement le je-ne-sais-quoi du français à la sprezzatura du italien (fr)
- La Carte de Tendre fut ainsi imaginée dans le salon de Madame de Scudéry (fr)
- I, 4 : Assurément partout, accompagné du choc, le merveilleux toujours l'emporte sur ce qui vise à convaincre (fr)
- XVII, 1 : on s'indigne aussitôt si, comme un enfant qui n'a pas encore la raison, on se voit transporté par les figures d'un orateur professionnel ; et interprétant le paralogisme comme un affront personnel C'est pourquoi la figure paraît être la meilleure quand ceci même demeure caché : le fait qu'il y a figure (fr)
- Marc Fumaroli évoque le refus de la perspective orthodoxe, l'arabesque serpentine, la suggestion d'un espace fictif, et un principe d'ironie et de gaîté complice, associés à la finesse, la raillerie et l'élégance qui caractérisent le goût rocaille, comme aussi l'art de la conversation (fr)
- Georges Forestier rappelle l'origine de ce mot : galer signifiant s'amuser, se réjouir, recouvrant aussi l'idée de séduction et d'élégance. Le mot était plus adapté que urbanité trop proche du latin, donc pédant. (fr)
- Conversations sur la critique de la Princesse de Clèves (fr)
- Livre deuxième, XXXVIII : le Courtisan doit louer avec gentillesse et bienveillance les œuvres des autres, et bien qu'il se sente admirable, et de beaucoup supérieur à tous, il ne doit pas montrer qu'il s'estime tel (fr)
- XV, 1 : Pour produire la majesté, la grandeur d'expression et la véhémence, il faut ajouter aussi les apparitions comme le plus propre à le faire Car si le nom d'apparition est communément donné à toute espèce de pensée qui se présente, engendrant la parole, maintenant le sens qui l'emporte est celui-ci : quand ce que tu dis sous l'effet de l'enthousiasme et de la passion, tu crois le voir et tu le places sous les yeux de l'auditoire (fr)
- Pascal (fr)
- Tristan L'Hermite (fr)
- III, 5 : ils manquent aux convenances, ils sont hors d'eux-mêmes face à des gens qui ne sont pas hors d'eux-mêmes (fr)
- Dans son introduction, Boudhors mentionne les références précises dans l'œuvre de Chapelain, alors que Sainte-Beuve attribuait ce néologisme à Guez de Balzac qui ne l'aurait que lancé dans le public. Quoi qu'il en soit de la paternité du mot, la notion était ancienne et Méré rappelle qu'elle était chère à Cicéron (fr)
- J. Starobinski ajoute que le néologisme connut un tel essor durant la période révolutionnaire, qu'il fut fréquemment attribué à l'esprit de la Révolution alors qu'il lui est légèrement antérieur (fr)
- III, 4 : l'enflure , glissent dans ce genre ceux qui visent l'exceptionnel, le fabriqué, et surtout le plaisant, et, de ce fait, échouent dans le clinquant et le mauvais goût (fr)
- L'université a d'excellents professeurs qui sont passés docteurs en fleurettes, rondeaux, bouts-rimés, triolets, bons mots et contes agréables. On tient qu'ils étudient depuis longtemps pour trouver la raillerie la plus fine, mais que la plupart se sont jusqu'ici rongés les ongles jusqu'à la chair vive sans en pouvoir venir à bout. (fr)
- Livre premier, XXV : Il suffit que, de la même façon qu'un bon soldat sait dire à l'armurier de quelle forme, de quelle trempe et de quelle bonté doivent être ses armes, sans être capable pourtant de lui enseigner comment les faire, ni comment il les faut battre et tremper, je sache vous dire ce que doit être un parfait courtisan, sans pouvoir vous enseigner comment vous devez faire pour en devenir un (fr)
- Livre premier, XXVI : il faut fuir, autant qu'il est possible, comme un écueil très acéré et dangereux, l'affectation, et, pour employer peut-être un mot nouveau, faire preuve en toute chose d'une certaine désinvolture, qui cache l'art et qui montre que ce que l'on a fait et dit est venu sans peine et presque sans y penser (fr)
- Amours de Psyché (fr)
- Bescherelle (fr)
- Clélie (fr)
- Conversations morales (fr)
- Entretiens sur la pluralité des mondes (fr)
- Expression de Georges Forestier (fr)
- Il s'agit de Charnes et de Valincour. (fr)
- Livre du Courtisan (fr)
- Préface aux Salons (fr)
- Traité du sublime (fr)
- XLI, 2 : Et il y a encore pire que cela ainsi les parties rythmées des discours n'infusent pas la passion du discours chez les auditeurs, mais celle du rythme ; de sorte que parfois, sachant les terminaisons obligées, ils battent du pied pour les orateurs et, comme dans un chœur, les précèdent pour donner la cadence (fr)
- Livre premier, XVII : [hors la présence d'ennemis] en tout autre lieu, qu'il soit humain, modéré et posé, fuyant plus que tout l'ostentation et l'impudente louange de soi-même, par où l'homme suscite toujours contre soi la haine et le dégoût de ceux qui l'écoutent (fr)
- XXXIV, 2 : prodigieux, ses traits d'urbanité (fr)
- Livre premier, XXIX : Il est certain qu'en devisant entre nous comme nous le faisons à présent, il serait peut-être malséant d'employer des mots toscans ; car ainsi que vous le dites, ils donneraient de la peine à celui qui s'en serviraient et à ceux qui les entendraient, et ils ne seraient compris par beaucoup qu'avec grande difficulté (fr)
- XXXVIII, 5 : Le rire est une passion dans le plaisant (fr)
- Selon les indications données par J. Starobinski, l'histoire du mot civilisation peut être résumée ainsi : le mot existait déjà dans un sens juridique , puis dans une acception de sociabilité, créée par Victor de Riquetti ; il entre pour la première fois avec son acception moderne dans un dictionnaire en 1771; en 1795 un dictionnaire allemand mentionne ce nouveau mot français ; en 1798, le dictionnaire de l'Académie l'officialise. (fr)
- essai de Diderot (fr)
- XV, 1 : Pour produire la majesté, la grandeur d'expression et la véhémence, il faut ajouter aussi les apparitions comme le plus propre à le faire quand ce que tu dis sous l'effet de l'enthousiasme et de la passion, tu crois le voir et tu le places sous les yeux de l'auditoire (fr)
- le Grand Cyrus (fr)
- Marc Fumaroli relève cependant que la France a réinterprété une tradition inventée par l'Italie, la République des Lettres, incluant politesse, affabilité et art de converser, et que l'Allemagne savante l'a également reprise ensuite (fr)
- selon l'opposition que reprend Delphine Denis (fr)
- somptueuse (fr)
- C. Thomas fait état de travaux pour restituer cette langue parlée, qui serait proche de l'accent canadien, sans préciser ses sources... (fr)
- XI, 2 : il faut que l'orateur sache que rien de cela [les techniques rhétoriques] ne peut par soi-même, sans le sublime, aboutir à la perfection (fr)
- La plus saine partie de la Cour correspond, étymologiquement, aux courtisans (fr)
- Baltasar Gracián traduction de Nicolas Amelot de la Houssaye. (fr)
- Ecouter le ton solennel et emphatique, celui d'un courtisan devant le Roi et la Cour, employé au début de la leçon sur une lecture de Louis de Bourbon, prince de Condé, oraison funèbre de Bossuet (fr)
- Delphine Denis fait une analyse approfondie de l'usage de différentes figures de style utilisées dans les conversations littéraires de de Scudéry dans deux chapitres de son étude : L'art de persuader et l'art de plaire (fr)
- A l'époque classique le mot raillerie pouvait désigner également des pointes, des bons mots, des traits d'esprit. Dans cet article, ce terme est utilisé dans son acception moderne, pour une ironie aux dépens de l'interlocuteur (fr)
- C’est la vie des grandes qualités, le souffle des paroles, l’âme des actions, le lustre de toutes les beautés. Les autres perfections sont l’ornement de la nature, le Je-ne-sais-quoi est celui des perfections. Il se fait remarquer jusque dans la manière de raisonner ; il tient beaucoup plus du privilège que de l’étude, car il est même au-dessus de toute discipline. Il ne s’en tient pas à la facilité, il passe jusqu’à la plus fine galanterie. Il suppose un esprit libre et dégagé, et à ce dégagement il ajoute le dernier trait de la perfection. Sans lui toute beauté est morte, toute grâce est sans grâce. (fr)
- Voir également aux articles grâce et sprezzatura (fr)
- Evangile Mt 11, 25 - En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit: Je vous bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que vous avez caché ces choses aux sages et aux prudents, et les avez révélées aux simples (fr)
- À partir d'une analyse lexicale, Roger Chartier oppose les termes sprezzatura et je-ne-sais-quoi désignant la grâce de la conversation considérée comme un art, d'une part, et d'autre part affectation, curiosité stigmatisant au contraire l'affectation du savant (fr)
- Fumaroli développe la correspondance sémantique, et rhétorique, entre arts visuels et littéraires du classicisme français, dans la préface de son ouvrage L'École du silence (fr)
- Boudhors suggère cependant que le latin ', l'allemand ' et l'anglais désignent quelque chose d'équivalent. Quoi qu'il en soit, il est significatif que les personnes cultivées de l'époque revendiquent cette particularité (fr)
- Marc Fumaroli distingue ces trois types de conversation, correspondant à trois types de société privée : salon mondain, cercle érudit, cercle scientifique (fr)
- Emile Deschanel cite certaines expressions des Précieuses : le complice innocent du mensonge pour le bonnet de nuit, les braves incommodes pour les filous, les muets illustres pour les statues, tracer des chiffres d'amour signifiant danser, un bouillon d'orgueil pour un sourire dédaigneux etc. qui s'ajoutent à ceux que Molière utilise dans ses comédies. (fr)
- XXXV, 5 : à propos de toutes les choses de ce genre nous pourrions dire ceci : ce qui est utile ou même nécessaire à l'homme est à sa portée ; mais pourtant ce qu'il admire toujours, c'est l'inattendu (fr)
- XVII, 2 : le sublime et le pathétique sont un antidote et un secours merveilleux contre le soupçon qui pèse sur l'emploi des figures tout se passe à peu près comme lorsque les lumières indécises disparaissent lorsqu'elles sont entourées des rayons du soleil ; de la même façon les pièges de la rhétorique, la grandeur épandue de tous côté les fait rentrer dans l'ombre (fr)
- XLIII, 1 : Prompte à déshonorer la grandeur, il y a aussi la petitesse des mots, s'ils contiennent des éléments moins glorieux que le sujet (fr)
- XXXIV, 2 : sa raillerie est parfaitement policée ; il a de la noblesse ; il est bien exercé à l'ironie ; ses railleries ne sont ni grossières ni mal élevées ni relevées de sel ; il sait dénigrer ; il a la verve comique abondante, et un aiguillon qui touche son but dans la plaisanterie (fr)
- Marc Fumaroli également rattache directement le je-ne-sais-quoi du français à la sprezzatura du italien (fr)
- La Carte de Tendre fut ainsi imaginée dans le salon de Madame de Scudéry (fr)
- I, 4 : Assurément partout, accompagné du choc, le merveilleux toujours l'emporte sur ce qui vise à convaincre (fr)
- XVII, 1 : on s'indigne aussitôt si, comme un enfant qui n'a pas encore la raison, on se voit transporté par les figures d'un orateur professionnel ; et interprétant le paralogisme comme un affront personnel C'est pourquoi la figure paraît être la meilleure quand ceci même demeure caché : le fait qu'il y a figure (fr)
- Marc Fumaroli évoque le refus de la perspective orthodoxe, l'arabesque serpentine, la suggestion d'un espace fictif, et un principe d'ironie et de gaîté complice, associés à la finesse, la raillerie et l'élégance qui caractérisent le goût rocaille, comme aussi l'art de la conversation (fr)
- Georges Forestier rappelle l'origine de ce mot : galer signifiant s'amuser, se réjouir, recouvrant aussi l'idée de séduction et d'élégance. Le mot était plus adapté que urbanité trop proche du latin, donc pédant. (fr)
- Conversations sur la critique de la Princesse de Clèves (fr)
- Livre deuxième, XXXVIII : le Courtisan doit louer avec gentillesse et bienveillance les œuvres des autres, et bien qu'il se sente admirable, et de beaucoup supérieur à tous, il ne doit pas montrer qu'il s'estime tel (fr)
- XV, 1 : Pour produire la majesté, la grandeur d'expression et la véhémence, il faut ajouter aussi les apparitions comme le plus propre à le faire Car si le nom d'apparition est communément donné à toute espèce de pensée qui se présente, engendrant la parole, maintenant le sens qui l'emporte est celui-ci : quand ce que tu dis sous l'effet de l'enthousiasme et de la passion, tu crois le voir et tu le places sous les yeux de l'auditoire (fr)
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