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Mémoire Eliette final

1 INTRODUCTION GÉNÉRALE 1. Présentation du sujet Le développement social et économique de l’Afrique, en général et du Cameroun en particulier, repose essentiellement sur le changement des mentalités. Aussi, participer au rayonnement de notre pays revient à s’impliquer dans le processus de changement de mentalités et de comportements des populations. Ce changement peut s’opérer par la facilitation de la disponibilité, l'accessibilité de l’information et de la qualité des services. D’où le choix du sujet Traduction et terminologie médicale français ‹›bəti-faŋ:cas de l’ulcère de Buruli. Ce sujet contribue à affiner deux niveaux de langues : le langage spécialisé du domaine médical et les échanges entre le personnel de santé et leurs patients. En effet, la science, la recherche et la technique, à l’instar de nombreux autres domaines de spécialité, ont subi au cours des dernières décennies une évolution caractérisée par le renouvellement des connaissances et des produits. Cette évolution s’accompagne souvent d’une diversification généralisée des savoirs et d’un fort accroissement de la communication spécialisée tant à l’intérieur d’un pays que dans un espace linguistique donné. Selon les recommandations publiées en 2003 par le groupe de travail Terminologie et Documentation de la Conférence des services de traduction des États européens, « La communication spécialisée représente aujourd’hui les quatre cinquième de tous les échanges qui se pratiquent avec une densité croissante via les nouveaux réseaux de communication. ». Pour communiquer entre eux, les spécialistes utilisent les informations de leur spécialité caractérisée par une terminologie spécifique. La complexité grandissante des contenus spécialisés et des savoirs en général, l’enchevêtrement et le chevauchement des domaines de spécialités exigent une communication de qualité. C’est à ce niveau que la terminologie en tant que discipline et champ de recherche joue un rôle déterminant en ce sens qu’elle contribue à faciliter et à accélérer la communication, tout en garantissant la qualité grâce aux vocabulaires spécialisés, unilingues ou plurilingues, et à leur très large diffusion auprès des utilisateurs à travers les réseaux de communication. En outre, l’activité terminologique s’applique directement à la traduction. Elle permet de conserver les résultats des recherches souvent longues et de les mettre à la disposition d’un nombre plus ou moins grand de traducteurs ou de personnes intéressées. La terminologie représente une étape nécessaire à comprendre un domaine, à l’appréhender, à l’exprimer sous forme de mots dicibles, qui permettent de transmettre, de présenter à d’autres des idées, des notions, des techniques se rattachant au domaine. Ainsi, la terminologie constitue pour la 2 traduction un excellent moyen pour se familiariser avec une spécialité qui, dans le cadre de notre mémoire, est celui de la médecine, sous-domaine pathologie, spécialité infectiologie, cas de l’ulcère de Buruli. L'ulcère de Buruli, ou atɔ̌m en langue bəti-faŋ, est une maladie dont la plupart des cas sont décelés dans les régions tropicales, notamment en Afrique. Il s’agit d’une infection nécrosante de la peau et des tissus mous accompagnée d'ulcères de grandes tailles, survenant surtout aux membres inférieurs et aux bras. Les destructions tissulaires sont causées par la toxine produite par une mycobactérie, le Mycobacterium ulcerans, décrite pour la première fois en 1897 en Ouganda. Les punaises aquatiques sont hôtes et vecteurs du bacille. L’ulcère de Buruli est une maladie ancienne considérée comme « négligée », dont le mode exact de transmission reste toujours inconnu des scientifiques. Son nom lui vient de Buruli, une région ougandaise où de nombreux cas avaient été détectés à la fin des années 1960. Elle est due à une mycobactérie, le Mycobacterium ulcerans, agent causal de la même famille que les bactéries responsables de la lèpre et de la tuberculose. Cette maladie se caractérise par de vastes ulcérations cutanées qui évoluent le plus souvent vers des séquelles invalidantes. On peut être infecté à tout âge par l’agent causal, indépendamment du sexe, même si la plupart des patients sont des enfants de moins de 15 ans. Des chercheurs de l'Institut Pasteur et de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), ont montré en 2006 que la salive de ces punaises confère une véritable protection contre le bacille Mycobacterium ulcerans. Le traitement repose essentiellement sur l'excision chirurgicale de l'ulcère. Un traitement alternatif consiste en la mise sous antibiotiques, streptomycine et rifampicine, permettant la guérison dans un cas sur deux sans avoir recours à la chirurgie. Plus récemment, un nouveau traitement prometteur associant rifampicine et clarithromycine vient d'être testé avec succès par une équipe française au Bénin, soutenue par l'OMS. L’ulcère de Buruli est présent au Cameroun depuis de nombreuses années. Mais, « C’est en 1969 que le premier cas est formellement identifié comme tel dans notre pays, précisément à Akonolinga et Ayos, deux districts de santé du département du Nyong et Mfoumou (Centre) où cette maladie sévit de manière endémique», a indiqué le secrétaire permanent du Programme national de lutte contre l’ulcère de Buruli, Dr Earnest NJIH TABAH, au symposium scientifique qui s’est tenu le 23 novembre 2005. Cette réunion organisée par le Centre Pasteur, à Yaoundé, avait pour thème : « Pertinence d’une approche multidisciplinaire pour comprendre le mode de transmission de l’ulcère de 3 Buruli ». Il faudra plus de 30 ans au Cameroun pour reconnaître cette maladie infectieuse comme un problème de santé publique en 2002. D’après le Dr Jean François GUEGAN de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), l’augmentation du nombre de cas et l’émergence de nouveaux foyers ces dernières années notamment au Cameroun avec l’apparition de nouveaux foyers à Bankim (Adamaoua), Banguem (Sud-ouest) et Ngoantet (Centre) - seraient provoqués par des bouleversements écologiques (déforestation, aquaculture, lacs artificiels, irrigation, pisciculture, etc.) qui favorisent vraisemblablement le développement des punaises aquatiques. Lesquelles « pourraient héberger le bacille au sein de leurs glandes salivaires et le transmettre à l’Homme lors de piqûres accidentelles», selon la même source. Ainsi donc, l’on observe fréquemment l'ulcère de Buruli à proximité des plans d'eaux, marais, lacs, rivières à débit lent, mares, etc. dans les 30 pays où cette maladie est présente. Par ailleurs, le fait qu’un foyer de l’ulcère de Buruli se soit fondé sur les abords du fleuve Nyong, depuis une cinquantaine d’années, a suscité dans les régions riveraines, notamment dans les départements du Nyong et Mfoumou (Ayos et Akonolinga) et tout récemment dans le Nyong et So’o (Ngoantet), le besoin d’une communication propre au domaine et la nécessité de dénommer en langue (s) locale (s) des réalités nouvelles qui seront abordées dans ce mémoire. Ce besoin en communication spécialisée a causé la formation de termes spécifiques à cette maladie, afin de favoriser les échanges linguistiques et d’assurer la clarté et la précision d’une telle communication. 2. Articulation du problème Dans les pays en développement, les croyances et les pratiques socioculturelles influent fortement sur la recherche des soins par les sujets atteints. Dans la plupart des cas, les populations assimilent l’ulcère de Buruli à un sortilège malfaisant et le traitement traditionnel est souvent leur premier recours du fait du manque d’informations relatives à la contamination, au dépistage, à la prise en charge et à la prévention de la maladie. Aussi, la mauvaise catégorisation du domaine de spécialité de cette maladie pose-t-elle des problèmes de conceptualisation et de contextualisation à la terminologie développée par les acteurs de ce domaine faussant ainsi la communication entre les différents intervenants de la chaîne de communication. La mauvaise appréciation du domaine de spécialité entraîne en effet, la création des termes désignant des réalités relevant d’un autre ressort. En d’autres termes, les erreurs de traduction dues à la mauvaise perception de la maladie par les victimes et les tradipraticiens, faussent les données de traitement. En outre, le traducteur est appelé à exercer son métier dans divers secteurs de l’activité 4 humaine, et une très grande part de son travail concerne la traduction technico-scientifique. Pourtant, les glossaires et lexiques auxquels il se réfère, présentent des difficultés dues au fait que ces termes n’apparaissent pas comme tel dans les bases de données. Notre mémoire permettra donc aux traducteurs de retrouver les équivalents des termes se rapportant à l’ulcère de Buruli, et surtout de comprendre les contextes d’utilisation et les collocations. 3. Questions de la recherche Notre mémoire porte sur la modernisation de l’unité langue bəti-faŋ en général, et de la variante bənə en particulier. C’est dans ce cadre que nous avons opté pour le développement de la terminologie médicale en basant notre recherche sur une maladie qui touche les populations bətiphone riveraines du fleuve Nyong. Soucieux de moderniser la langue bəti-faŋ, nous avons choisi d’analyser et de traduire des concepts de base auxquels l’utilisateur moyen de la terminologie relative à l’ulcère de Buruli est régulièrement exposé. Cette approche nous a permis de mener notre recherche sous deux angles: La construction d’une terminologie technique bənə propre à l’ulcère de Buruli et l’élaboration d’un jargon répondant aux exigences de l’utilisateur face à la néologie et à la langue de spécialité, d’où les interrogations suivantes: • Comment transmettre le message médical bənə à un niveau notionnel spécialisé? • Comment amener les populations locales à accepter l’ulcère de Buruli comme un phénomène médicalement établi? Les réponses à ces questions sont advenues au terme de la traduction du corpus en objet, de l’analyse de certains aspects pratiques relatifs à notre traduction, ainsi que d’une étude terminographique de certains équivalents bənə issus de la terminologie du corpus français. 4. Motivations Des raisons de type personnel et professionnel justifient le choix de ce sujet. 4. a. Motivations personnelles Une controverse créée par l’implantation en 2007 d’un centre de santé spécialisé en soins d’ulcère de Buruli à Ngoantet- notre village natal situé dans la commune de Nkolmetet, dans le département du Nyong et So’o, a été le point de départ de notre intérêt pour cette maladie. En effet, les habitants de notre village refusaient de se rendre dans ce dispensaire et préféraient marcher dix kilomètres plus loin pour se rendre dans un autre centre de santé. Et pour cause, le dispensaire offert par l’OMS visait à prendre en charge les personnes atteintes de l’ulcère de Buruli. Or, dans l’imagerie populaire locale, cette maladie est un maléfice que les «Blancs» auraient jeté aux Mbida Mbané, une partie de la population du Nyong et 5 Mfoumou et de la commune de Dzeng dans le Nyong et So’o, parce qu’ils auraient refusé de s’ouvrir à la culture occidentale. Cette polémique nous a amenée à prendre connaissance des dépliants distribués par l’OMS à certains relais communautaires de notre village. Notre lecture nous a permis de découvrir les notions élémentaires de l’ulcère de Buruli. Une recherche sur internet et d’autres informations acquises pendant le cours de traduction médicale et pharmaceutique par Jean-Pierre BRUSSELARS, dans le cadre de nos études à l’Institut supérieur de Traduction et d’Interprétation de Yaoundé en avril 2008, nous ont donné l’occasion de fournir à nos proches davantage d’informations relatives à la maladie. 4. b. Motivations scientifiques Dans l’exercice de notre métier de traducteur, nous avons été, à plusieurs reprises, confronté à la difficulté de traduire des termes « savants » en langues africaines, très souvent à cause de la quasi-inaccessibilité des documents, des érudits, ou encore de l’inexistence des équivalents de même degré. Or, toute activité dans une communauté produit et consomme de l’information. Étant donné que celle-ci se cristallise, en particulier lors des échanges, l’un des enjeux majeurs de la maîtrise de l’information est de pouvoir repérer et manipuler les concepts désignés par vocabulaires spécialisés. D’où l’importance de réaliser une base de données terminologique portant sur le domaine médical et basé sur le mode de contamination, le diagnostic et la prise en charge de l’ulcère de Buruli. Cette terminologie découle d’une traduction français <>bənə, en vue de participer à l’harmonisation des termes médicaux et courants décrivant la communication axée sur l’ulcère de Buruli. Il est également question de revitaliser l’usage de certains termes tombés en désuétude ou ignorés des locuteurs du XXIe, tout en proposant de termes nouveaux en cas de besoin. 5. Objectifs Les populations riveraines du fleuve Nyong et le personnel médical y afférent, constituent notre cœur de cible. Ainsi, la traduction d’un corpus traitant de l’ulcère de Buruli dans ces régions participera à faciliter la communication à notre cible à plusieurs niveaux : 5. a. De l’enrichissement : sur la base de la traduction du corpus objet de notre recherche, une terminologie médicale innovante a été développée pour les locuteurs et chercheurs du bəti-faŋ, afin de faciliter tant la compréhension de l’ulcère de Buruli en tant que maladie issue d’une infection bactériologique, que de contribuer au développement d’une terminologie propre à ce domaine. 5. b. De la revitalisation : certains termes existant dans la langue bəti-faŋ sont parfois devenus obsolètes et tendent à être remplacés, dans la pratique quotidienne de la langue, par 6 des termes empruntés aux langues étrangères, notamment aux langues indo-européennes. La base de données terminologique constituée dans le cadre de ce mémoire participera ainsi à les remettre en usage. 5. c. De la modernisation : le fondement d’un foyer d’ulcère de Buruli et l’implantation de missions médicales à Ayos depuis une cinquantaine d’années et à Akonolinga depuis environ vingt-cinq ans, ont certainement permis la formation en langue bəti-faŋ, d’un vocabulaire propre à la maladie. Notre objectif est aussi d’élaborer une terminologie médicale basée sur les termes utilisés dans ces localités ciblées. Nous envisageons également de normaliser cette terminologie autant que possible en proposant des néologismes, des élargissements de sens, des revitalisations et des emprunts conformes aux processus morphologique et terminologique du bəti-faŋ en général, et du bənə en particulier. La terminologie français <>bənə ainsi constituée pourra être utilisée non seulement dans le cadre des causeries éducatives, mais aussi dans les dépliants et autres outils de sensibilisation des populations. L’autre objectif de modernisation du bəti-faŋ est d’encourager ses locuteurs et le large public en général à lire et à écrire cette langue. 5. d. De la sensibilisation et du changement de comportements : il s’agit également de rendre accessible l’information objective traitant de l’ulcère de Buruli aux populations vivant dans les zones endémiques ; le but étant d’informer les cibles sur la prévention et le diagnostic de cette maladie afin de les amener à se soigner en cas de contamination. Il a été question de produire une traduction non pas seulement technique, mais aussi qui intègre l’aspect incitation au soin et assainissement de leur biotope afin d’amener les cibles à changer d’attitude à l’endroit de l’ulcère de Buruli. I.6. Nécessité de l’étude Jusqu’à ce jour, la sensibilisation des populations, en langue bəti-faŋ, au dépistage et à la prise en charge de l’ulcère de Buruli, s’effectue en expression orale. La réalisation de ce mémoire s’avère nécessaire en ce sens qu’elle permettra l’élaboration d’une banque de terminologie français <>bənə, facile à consulter, favorisant la réflexion interdisciplinaire ainsi que la collaboration entre le personnel de santé et les relais communautaires. Par ailleurs, l’élaboration d’une traduction français <> bəti-faŋ, relative à l’ulcère de Buruli, contribuera à l’harmonisation du discours des acteurs de cette maladie afin de faciliter l’intercompréhension et la démystification de ce fléau. De plus, cette recherche permettra de mettre à la disposition d’un nombre plus ou 7 moins grand de traducteurs, interprètes ou de personnes intéressées par la communication bilingue dans le domaine et les langues ciblées, des données linguistiques et conceptuelles évitant ainsi le travail en double, source de perte de temps et d’angoisse. 7. Délimitation du domaine La recherche effectuée dans le cadre de ce mémoire fait appel à plusieurs domaines notamment la médecine, linguistique (dans laquelle nous aborderons ᷆la syntaxe, la sémantique, la traduction, la terminologie, la sociolinguistique), la communication, et l’anthropologie. Nous corroborons d’ailleurs l’idée de HALKIN (1973:50) 1 à propos de la nécessité de décloisonner les disciplines scientifiques, lorsqu’il écrit que la coopération interdisciplinaire constitue l’antidote du sectarisme et reste le plus précieux atout du progrès scientifique. A la médecine, nous emprunterons le cadre notionnel en abordant des aspects pathologique, diagnostique et thérapeutique. Il est question de s’appuyer sur une maladie, l’ulcère de Buruli afin de fournir aux populations riveraines de certaines zones endémiques du Cameroun, une explication scientifique dans leur langue nationale. Compte tenu du fait que l’auteur utilise couramment la variante bənə de l’unité langue bəti-faŋ, la traduction du corpus (Chapitre 2) a été réalisée en cette variante régionale. Certes, l’ulcère de Buruli est surtout localisé dans les rives du fleuve Nyong et par conséquent touche aussi bien les Yəbəkɔlɔ, les Mbida Ambani que les Bənə. Mais la variante bəti-faŋ que nous assumons le mieux est le bənə. Toutefois, les aspects relatifs aux rappels phonologiques et à la grammaticalisation sont fondés sur le dialecte ewondo en raison du fait qu’elle est la variante la plus standardisée à l’heure actuelle. 8. Cadre théorique Notre mémoire se fonde prioritairement sur la traduction et la terminologie. Compte tenu de la polysémie de chacune de ces deux concepts, il importe de préciser les angles de traitement que nous avons abordés dans ce mémoire. 8. a. De la Traduction Deux sens ont guidé notre conception de ce terme : la traduction comme processus et la traduction comme produit. Georges MOUNIN, affirme que « la traduction consiste à produire dans la langue d’arrivée l’équivalent le plus proche du message de la langue de départ, d’abord quant à la signification puis quant au style. » (Mounin 1963 : 12). Chez MOUNIN, on observe la 1 Halkin, (1973) Initiation à la critique historique, Paris, Armand Colin, P.50 8 primauté de la signification ; la forme, le style et l’expression viennent ensuite. En tant que praticien, il privilégie la transmission du sens du texte source dans le texte cible. Jean-René LADMIRAL définit la traduction comme « une activité humaine universelle rendue nécessaire à toutes les époques et dans toutes les parties du Globe » (Ladmiral 1979 : 28), sa finalité étant de dispenser de la lecture du texte original. La traduction apparaît ainsi comme une voie de communication, communication dont les gens ont besoin pour la vie quotidienne et pour les échanges interculturels. Mais, on peut aussi avoir recours à la traduction à l’intérieur d’une même langue, notamment dans les cas d’explication, de résumé ou de paraphrase. MOUNIN, dans sa définition, insiste en outre sur le côté non ambigu d’une traduction lorsqu’il relève que la traduction est « le passage et ce n’est que le passage du sens d’un texte d’une langue dans une autre. » (1963 : 23). Par son existence même, la traduction postule la dissociation entre le message universalisable et la langue comme réalité socio-culturelle qu’il exprime. C’est pourquoi les problèmes théoriques qui en découlent sont relatifs au champ d’action de la traduction : la langue ou le langage ? Si l’on prend en considération la distinction saussurienne entre langage, langue et parole ou celle de CHOMSKY entre compétence et performance, les réalités factuelles de la traduction nécessitent une approche à trois pôles, langage, langue et parole. La traduction se place entre les messages et les langues pour essayer de rendre, d’une manière compréhensible, la diversité originelle des langues dans lesquelles ils sont exprimés. La traduction, opérant sur des messages, met en cause des langues et par conséquent, elle opère au niveau de la parole saussurienne, au niveau individuel, puisqu’on ne traduit pas de langues. Ces définitions ont orienté notre choix des théories de la traduction à appliquer dans ce mémoire. Notre choix est fondamentalement axé sur la théorie linguistique de la traduction. Toutefois, nous y avons associé d’autres théories afin de mieux analyser les facteurs extralinguistiques liés à la traduction. Il s’agit notamment de la théorie interprétative, inférentielle et décisionnelle. 8. a.1. Les théories linguistiques Les théories linguistiques de la traduction stipulent que l’objet de la traduction est la langue. Les défenseurs de ces théories remarquent que la seule matière objective sur laquelle le traducteur puisse travailler, porte sur un ensemble de mots agencés en phrases 2 . Le 2 Ce point de vue vivement soutenu par Peter Newmark dans A Textbook of Translation, New York/ Londres: Prentice HALL (1988:73): “We do translate words because there is nothing else to 9 traducteur a donc pour tâche de traduire des mots et/ou des groupes de mots. Dans ce cas, il focalise son attention sur la langue, au sens saussurien du terme. Dans cette optique, le texte est constitué de mots qui se succèdent pour former des syntagmes, eux-mêmes articulés pour former des phrases qui à leur tour s’enchaînent. D’ailleurs, on remarque que l’objet de la linguistique est très souvent le mot, le syntagme ou la phrase3. FUCHS : 1985 est partisan de cette approche et pense qu’en traduction, le texte doit être considéré dans une seule dimension : sa dimension horizontale. Celle-ci correspond à la présentation séquentielle des mots composant les phrases et des phrases composant le texte. De ce fait, le texte peut être décomposé en éléments ou en unités élémentaires de signification, chacune d’elles pouvant faire l’objet d’une analyse séparée et, donc, d’une traduction dans une autre langue. Dans le cadre de la théorie linguistique de la traduction prônée par VINAY& DARBELNET(1968) et GUILLEMIN-FLESCHER(1981), l’approche est contrastive. Pour ces théoriciens, la contrastivité constitue la recherche de correspondances entre deux langues. C’est à dire que la traduction est effectuée par la mise en regard des formes d’expression dans la langue source et dans la langue cible4. Il s’agit de correspondances préétablies, consignées antérieurement à la traduction. Selon la théorie linguistique, l’évaluation d’une traduction est réalisée par rapport au texte de départ. Il s’agit de voir si, dans la traduction produite, on retrouve bien tous les éléments présents dans le texte original. D’ailleurs, certains auteurs vont jusqu’à affirmer que le gage d’une bonne traduction est la possibilité de faire une traduction inverse permettant de retrouver les formulations mêmes du texte original. De plus, la référence par rapport à translate; there are only the words on the page; there is nothing else there”. 3 Les linguistes eux-mêmes ont conscience de cette limite de leur champ d’investigation. C’est ce que confirme Catherine FUCHS : « C’est la phrase que les théories linguistiques ont, pour la plupart, adoptée comme «unité d’analyse », dans Aspects de l’ambiguïté et de la paraphrase dans les langues naturelles, Berne : Peter LANG, 1985, 20. 4 Cette approche, très répandue en milieu scolaire et universitaire, a donné lieu au comparatisme. L’illustration type de l’application de cette approche au couple de langues anglais-français se trouve dans des manuels tels que : J. P. VINAY & J. DARBELNET, Stylistique comparée du français et de l’anglais, Paris : Didier, 1968, reéd. 1976 ; et Jacqueline GUILLEMIN-FLESCHER, Syntaxe comparée du français et de l’anglais, Paris : Ophrys, 1981 reéd. 1986. Ces deux ouvrages préconisent une approche contrastive et érigent le comparatisme en méthode de traduction. 10 laquelle une traduction est évaluée est un corrigé-type unique (DURIEUX, 2005b). Il existe également des stratégies textuelles théorisées par CHESTERMAN (1997). Pour l’auteur, ces stratégies reflètent une manipulation du matériau linguistique du texte de départ dans le but de produire un texte d’arrivée (voir Chesterman : 1997, p. 92). CHESTERMAN corrobore les études de VINAY et DARBELNET (Op. Cit.) bien que ces derniers n’y aient pas référé sous le terme stratégie. En effet, VINAY et DARBELNET (1958) dans leur Stylistique comparée du français et de l’anglais réédité en 1977, présentent les «procédés techniques » auxquels a recours le traducteur lors de la réexpression, dans la langue d’arrivée, des idées exprimées dans le texte de départ. VINAY et DARBELNET (1958/1977) distinguent sept procédés techniques, divisés en deux groupes (p. 46-55) : la traduction directe ou littérale d’un côté, la traduction oblique de l’autre. L’emprunt, le calque et la traduction littérale relèvent de la traduction directe, alors que la transposition, la modulation, l’équivalence et l’adaptation sont considérées comme des manifestations de la traduction oblique. Autrement dit, VINAY et DARBELNET utilisent le terme traduction littérale pour référer à la fois à une des deux directions générales que le traducteur peut emprunter (traduction directe ou littérale par opposition à traduction oblique) ainsi qu’à un procédé technique spécifique. À côté des procédés techniques, il existe ce que les auteurs appellent indifféremment procédé ou technique tout court (exemple : l’explicitation ou l’implicitation).Ces procédés semblent coïncider, du moins dans certains cas, avec l’un des sept procédés techniques. Par ailleurs, les auteurs adoptent une approche prescriptive. Le recours à la traduction oblique ne serait autorisé que dans certaines conditions (p. 268). Signalons encore que la taxinomie des procédés techniques a été reprise, entre autres, par MALBLANC (1968) et appliquée au couple de langues français-allemand. D’autres catégorisations ont été proposées par NIDA (1964) et CATFORD (1965). NIDA distingue quatre types de changements intervenant lors du transfert du texte de départ en langue d’arrivée (p. 184-192) : les changements au niveau de l’ordre, les omissions, les changements structurels et les ajouts. L’auteur élabore un système de valeurs numériques pour mesurer l’importance qu’il faut accorder à chacun de ces types de changements. En outre, il distingue différents degrés de changements au sein de chaque type : il y aurait ainsi des omissions plus attendues d’une part, et des omissions moins attendues d’autre part, ces dernières se voyant attribuer une valeur numérique plus élevée. La question se pose, cependant, de savoir si les jugements attribués par différents chercheurs se rejoindraient systématiquement. 11 CATFORD, quant à lui, construit sa théorie de la traduction autour du concept de translation shifts, par lequel il entend des écarts dans la correspondance formelle entre texte de départ et texte d’arrivée. Comme le relève SNELL-HORNBY (1995 : p. 19-20), l’approche de CATFORD se soustrait quelque peu à la complexité de la traduction dans sa réalité, puisqu’il étaye sa théorie en étudiant des mots ou des phrases isolés. Il existe d’autres travaux dont l’ouvrage de DELISLE (1993), consacré à la traduction professionnelle de l’anglais vers le français. L’auteur y aborde certaines questions, développées par VINAY et DARBELNET (1958/1977). Il se démarque cependant à plusieurs égards. Les procédés de transfert comprennent des manipulations textuelles qui relèvent de différentes catégories chez VINAY et DARBELNET. L’explicitation, par exemple, fait partie des procédés de transfert à côté de la modulation ou de la transposition. Aussi, DELISLE utilise-t-il le terme stratégie de traduction pour référer au résultat de l’opération de traduction. L’auteur en distingue deux types : la traduction littérale et la traduction libre. La taxinomie des stratégies de traduction textuelles, proposée par CHESTERMAN (1997), s’inspire, par ailleurs, des travaux de VINAY et DARBELNET (1958/1977), de ceux de Nida (1964) et de ceux de CATFORD (1965). CHESTERMAN (1997/p. 89) voit les stratégies comme des formes explicites de manipulations textuelles, observables en comparant le résultat de l’opération de traduction, à savoir le texte d’arrivée avec le texte de départ. CHESTERMAN distingue trois groupes de stratégies : • les stratégies syntaxico-grammaticales, qui reposent principalement sur des manipulations au niveau de la forme ; exemple : la traduction littérale ou la transposition ; • les stratégies sémantiques qui relèvent de manipulations au niveau du sens ; exemple : la paraphrase, la concentration ou la dilution ; • les stratégies pragmatiques, qui ont à voir avec la sélection de l’information à inclure dans le texte d’arrivée et qui sont déterminées par ce que le traducteur pense être les besoins et les attentes des receveurs ; exemple : l’explicitation ou l’implicitation, l’ajout ou l’omission. CHESTERMAN (1997) souligne que ces groupes de stratégies peuvent se chevaucher et qu’une manipulation textuelle peut relever de plusieurs stratégies. Cela semble particulièrement vrai pour les stratégies pragmatiques qui présentent divers avantages par rapport aux tentatives précédentes de rendre compte des stratégies textuelles. Considérons par ailleurs le modèle de la compétence traductive proposée par CAO (1996) : ce modèle repose sur l’interaction entre différentes variables, dont les connaissances linguistiques, les connaissances extralinguistiques et la compétence stratégique (l’application 12 des connaissances linguistiques et extralinguistiques dans un contexte donné). Au sein de la compétence linguistique, l’auteur cite, d’une part, les connaissances approfondies de la syntaxe, du lexique et des règles sémantiques relatives à la structure phrastique dans les deux langues. D’autre part, cet auteur cite les connaissances des conventions sociolinguistiques, nécessaires à l’exécution des fonctions linguistiques appropriées dans un contexte donné. On peut penser que les stratégies, en tant que manipulations textuelles, s’expriment au niveau de la compétence linguistique. Notons, cependant, que l’approche de CHESTERMAN (1997) soulève aussi quelques questions. Ainsi, l’auteur voit les stratégies textuelles comme une sorte de changement auquel le traducteur procéderait en cas d’insatisfaction avec la première version lui venant à l’esprit, c’est-à-dire suite au constat d’un problème (p. 92). Autrement dit, la stratégie de traduction littérale, pour ne prendre qu’un exemple, ne relèverait d’une stratégie que dans la mesure où elle ne se présente pas au traducteur comme solution première, automatique. Comment définir le concept de problème ? WEIL-BARAIS (1999, p. 562) propose une définition qui nous semble à la fois adéquate et suffisante pour notre travail : un problème désigne le fait que le répondant exerce un contrôle de son activité lors du traitement de l’information, c’est-à dire, lorsque son comportement ne relève pas seulement de processus automatiques. Face à l’ultra positivisme des théories linguistiques de la traduction, les théories interprétatives font la part belle au constructivisme en impliquant tous les acteurs de la communication. 8. a.2. Les théories interprétatives De fait, alors que les théories linguistiques ne s’intéressent qu’à la langue, les théories interprétatives remettent l’être humain au cœur de la communication : « Dans la définition de l’opération de traduction, on en était venu à faire abstraction de l’homme qui traduit et des mécanismes cérébraux mis en jeu, pour n’examiner que les langues et ne voir dans l’opération de traduction qu’une réaction de substitution d’une langue à l’autre» (SELESKOVITCH, 1984 : 294). En totale opposition aux théories linguistiques, les théories interprétatives se positionnent résolument dans une logique de communication. Avec la négation de la thèse de l’autonomie du sens et de la stricte dépendance contextuelle. Dans sa version initiale, le paradigme interprétatif est le résultat de l’observation théorisée d’une pratique professionnelle d’interprétation de conférence. C’est ainsi qu’un processus de raisonnement inductif aboutit à une forme de doxa. La position interprétative prend en quelque sorte le contre-pied de l’argument linguistique. 13 Dans ce cadre, l’objet de la traduction n’est plus le dire, n’est plus la langue, n’est plus l’expression linguistique, mais le vouloir-dire, désignant ce que veut dire le texte. On retrouve là presque l’opposition saussurienne entre langue et parole. Ce sur quoi va porter la traduction, ce ne sont plus les mots mais la production de l’acte langagier replacée dans la situation de communication. Il y a donc lieu de ne pas s’en tenir aux mots, mais de rechercher le sens qui se dégage des mots. Ce processus a pour effet de conférer au texte à traduire une certaine part de la subjectivité du traducteur, celui-ci participant activement à la construction du sens – ou vouloir-dire – en y apportant un peu de lui-même5. Dans ce cadre, le texte apparaît comme une entité ouverte ; il peut véhiculer plusieurs sens. De fait, le traducteur est un lecteur particulier qui projette sur le texte son propre bagage cognitif afin d’influencer la construction du sens dans la tête du lecteur, à travers une fusion des connaissances linguistiques et des connaissances thématiques ainsi que des connaissances liées à la situation de communication, aux conditions d’énonciation. Le postulat sur lequel repose la version initiale de la théorie interprétative de la traduction est l’existence d’une phase de déverbalisation entre la phase de compréhension et la phase de réexpression. Cette démarche en trois temps a l’immense mérite, sur le plan pédagogique, de faire admettre aux apprentis interprètes et traducteurs que l’opération traduisante n’est pas un simple exercice de transcodage, de conversion d’un code linguistique en un autre code linguistique, mais qu’elle consiste à appréhender le sens qu’il convient ensuite de réexprimer (SELESKOVITCH, 1984). Cette phase intermédiaire implique une rupture entre la langue de départ et la langue d’arrivée. Fondée sur une intuition, la déverbalisation est alors érigée en théorie. La croyance en cette forme de théorisation fondée sur l’observation de sa propre pratique professionnelle conduit à cautionner la méthode des protocoles verbaux (Think aloud protocols) pour expliquer – scientifiquement croit-on – le fonctionnement des mécanismes mentaux chez le traducteur. L’idée de départ est que, de même que l’observation de la prestation de l’interprète de conférence permet d’inférer ce qui se passe dans son cerveau, de même le sujet est parfaitement conscient de ce qu’il fait et une simple introspection doit pouvoir livrer la clé de ce qui se passe dans la boîte noire. Ces croyances ont bien sûr montré leurs limites et la version initiale de la théorie interprétative a servi de substrat à une version 5 Sur ce point, voir Umberto Eco, L’Œuvre ouverte, Paris : Seuil, 1965 ; et Lector in fabula, Paris : Grasset, 1985. 14 plus avancée. Cette version avancée, fonctionnelle et adaptative, trouve son ancrage dans le modèle de REISS et VERMEER (1984) fondateur de la Skopostheorie. Ce paradigme théorique est plus particulièrement applicable à la traduction écrite. En effet, les différences majeures entre la tâche de l’interprète de conférence et celle du traducteur relèvent des circonstances de la communication. L’interprète bénéficie d’une identité de temps, de lieu et de destinataires dans la communication alors que le traducteur travaille nécessairement en différé par rapport à la production du texte original et s’adresse à une communauté de lecteurs différente des destinataires du texte original 6. Ces différentiels peuvent s’accompagner d’un décalage du SKOPOS, c’est-à-dire de la fonction du texte. De ce fait, le destinataire de la traduction avec l’effet que l’on veut produire sur lui et la réaction que l’on souhaite susciter chez lui, devient un paramètre pris en compte dans l’opération traduisante. En conséquence, l’adaptation n’est pas considérée comme un ajout à la traduction intervenant après sa production, mais comme une phase intégrée à l’opération traduisante. Cette dimension adaptative offre au traducteur une grande liberté et lui permet de laisser libre cours à sa créativité7. Cette théorie fonctionnaliste de la traduction ne renie pas le fondement de la théorie interprétative qui souligne le rôle primordial joué par les compléments cognitifs dans la construction du sens et qui fait du sens l’objet-même de la traduction. Elle va au-delà de la doxa relative à l’interprétation de conférence en ouvrant la réflexion aux conditions de la traduction écrite. De fait, la traduction écrite porte sur des textes. À cet égard, il y a lieu de préciser ce que l’on entend par texte. Loin d’être une entité isolée, le texte se trouve interconnecté avec d’autres textes dans des relations dites intertextuelles qui conduisent, par un appel de référence, à conférer un sens éventuellement particulier à l’expression linguistique pure. On voit alors que la lecture consiste à construire un sens qui est fonction de l’acquis cognitif du lecteur. Avec la prise en compte d’un large contexte thématique et situationnel, et de son interconnexion dans un réseau d’autres textes, le texte est considéré dans ses trois dimensions. A la dimension horizontale, correspondant au critère de connexion, c’est-à-dire à la 6 Un parallèle entre les conditions d’exercice du métier de traducteur et d’interprète a été developpé dans « Interprétation et traduction :similitudes et divergences », in Hommage à Hasan-Ali Yücel, Publication de l’Université technique de YILDIZ et de la Commission nationale Turque de l’Unesco, 1996, 173-182. 7 Cette position théorique a été illustré dans « La créativité en traduction technique », Heidelberg : TextContext, 9-19, 1991, qui reprend le texte d’une conférence donnée à l’Université d’Heidelberg en décembre 1990 à l’invitation de Pr. Hans Vermeer 15 succession de phrases s’enchaînant séquentiellement, il y a lieu d’ajouter une dimension verticale, correspondant au critère de cohésion, qui est l’articulation des idées à l’intérieur du texte : autrement dit, la dynamique du texte. Il faut encore ajouter une troisième dimension, qui est une dimension transversale, correspondant au critère de cohérence et qui met en jeu les liens qu’entretient le texte à traduire avec d’autres textes produits avant lui8. A ce stade, on peut souligner que le texte présente une synergie dans laquelle le tout est supérieur à la somme des parties. Ainsi, on peut affirmer que le sens d’un énoncé est supérieur à la somme des significations des mots qui le composent. Cela influe sur l’approche traductologique : il n’est plus question de rechercher des correspondances de langue, mais des équivalences de discours. Autrement dit, on va se poser la question de savoir comment un locuteur natif de la langue cible exprimerait spontanément le vouloir-dire identifié dans le texte original. Cette recherche d’équivalence ne se fait donc pas dans des dictionnaires, mais dans la documentation (DURIEUX, 2007). Idéalement, l’approche documentaire se fait dans les deux langues : la langue source et la langue cible. Bien entendu, il ne s’agit pas de trouver des textes préalablement traduits, mais des textes rédigés de façon spontanée sur un même thème par des locuteurs natifs de chacune des deux langues. Ainsi, pour la traduction, l’approche documentaire permet non seulement de comprendre de quoi traite le texte puisque l’exploitation de la documentation fournit un complément d’informations thématiques, mais aussi et surtout de découvrir comment naturellement ces connaissances s’expriment dans l’une et l’autre langue9. La démarche qui en découle est bien entendu une réécriture, une recréation, une nouvelle production d’un texte ayant sa structure propre. Le postulat consiste à ce que tout texte a une mission à remplir auprès des lecteurs. Le traducteur est investi d’un rôle d’intermédiateur dans la chaîne de communication et la finalité de la traduction est de faire comprendre le message au lecteur, de faire réagir ce dernier et de l’amener à agir en conséquence. Toutefois, cette approche herméneutique de la saisie du sens remet en cause la notion de 8 Cette troisième dimension n’est pas sans rappeler la notion d’intertextualité, développée par Julia Kristeva dans Recherches pour une sémanalyse, Paris : Seuil, 1978, selon laquelle un texte est toujours second, c’est-à-dire qu’il résulte d’une part d’emprunts à un modèle. Plus récemment, Anne Reboul dans son Dictionnaire encyclopédique de pragmatique, Paris : Seuil, 1994, définit la dimension intertextuelle comme « la capacité d’un discours à s’associer aux (ou à se dissocier des) autres discours sur le même thème » (324). 9 L’application de l’approche documentaire a été longuement développé dans le livre Fondement didactique de la traduction technique, Paris : Didier Erudition (1988, 2ème éd. 2009). En particulier, le chapitre 2, consacré à ce sujet, démontre, exemples à l’appui, l’efficacité de cette démarche pour l’exécution de traductions. « Seule une documentation sérieuse permet de comprendre de quoi on parle et comment on en parle » (69). 16 déverbalisation. De fait, qu’est-ce qu’une pensée nue sans support verbal ? L’affirmation de l’existence d’une phase de déverbalisation s’intercalant entre compréhension et réexpression n’est guère tenable, le sens déverbalisé flottant entre deux langues un peu comme on peut être assis entre deux chaises. De plus, comment concevoir une opération délibérée de déverbalisation, postérieure à la compréhension ? Il semblerait logique de considérer que l’accès au sens impliquant des actions constantes de référenciation se fait bien au cours de la phase de compréhension et non après. Cette critique de la déverbalisation entraîne une deuxième rupture épistémique qui conduit à construire un nouveau paradigme théorique. 8. a.3. Les théories inférentielles L’application du principe inférentiel vient se substituer au concept flou de déverbalisation pour expliquer l’absence de contact entre les langues et l’articulation de l’opération traduisante autour du sens. Il est alors possible de proposer une version progressiste influencée par les sciences cognitives. La démarche mise en œuvre pour exécuter une traduction – considérée comme un acte de communication interlinguistique et interculturelle – revêt la forme d’une succession de prises de décisions10. Tout au long de l’opération traduisante, les décisions s’enchaînent : décisions subconscientes et décisions délibérées. Spontanément, le traducteur n’accorde pas la même importance à toutes les unités lexicales composant le texte à traduire, en quelque sorte il décide de ce qui lui paraît majeur, de ce qui va retenir son attention, de ce sur quoi il va se focaliser pour appréhender le sens. Les décisions subconscientes tendent à se situer plutôt au cours de la phase de compréhension, et les décisions délibérées plutôt au cours de la phase de réexpression lorsque le traducteur doit effectuer un choix parmi les formulations possibles pour produire la traduction la plus efficace. L’approche inférentielle explique les effets de sens par des principes pragmatiques. La construction du sens n’est pas le produit de la signification des mots composant l’énoncé, mais le résultat d’un processus inférentiel, c’est-à-dire d’un raisonnement logique, exploitant à la fois les informations linguistiques et des informations non-linguistiques telles que la connaissance du sujet traité et des facteurs circonstanciels de la communication, et les composantes paralinguistiques du texte. Une fusion des inférences produites et des informations explicites s’opère, qui aboutit à la construction structurée d’un sens. L’idée avancée intuitivement par les théories interprétatives de la traduction est que la construction du sens se fait par mobilisation et fusion des 10 DURIEUX:2003 parle de cette idée en faisant valoir que le processus canonique de prise de décision est effectivement applicable même s’il se déroule dans un cadre soumis à tout un jeu de contraintes. 17 connaissances linguistiques activées par la lecture du texte à traduire et des connaissances thématiques préalablement acquises et stockées en mémoire par le traducteur, afin d’aboutir à un tout cohérent. Toutefois, dans la pratique professionnelle courante, cette fusion se réalise non pas à l’issue d’un long calcul, mais de façon spontanée et assure la saisie du sens selon le principe de pertinence (SPERBER et WILSON, 1986). Le sens global le plus probable et pertinent est celui qui résulte du traitement de l’information présentant le coût cognitif le plus faible. Le sens perçu s’impose à l’esprit ; il se détache comme une image ressort sur un fond. À cet égard, on peut convoquer la théorie de la Gestalt. C’est d’ailleurs le seul fondement théorique plausible pour expliquer la performance de l’interprète de conférence en interprétation simultanée : en quelque sorte, il surfe sur la vague du sens. L’efficacité de la recherche documentaire pour effectuer des traductions n’est plus à démontrer, encore faut-il exploiter judicieusement les informations recueillies et les mobiliser sous forme de connaissances pour pouvoir faire tourner le moteur d’inférence. Dans ce cadre, le raisonnement logique s’impose comme premier outil du traducteur ; le développement d’exemples réels témoigne de l’utilité de la démarche canalisée dans un strict enchaînement de propositions régi par la logique (DURIEUX, 1990). En réalité, cette attitude doit beaucoup à la théorie de l’enquête de John DEWEY (1991); laquelle repose sur cinq étapes successives: « (i) a felt difficulty ; (ii) its location and definition ; (iii) suggestion of possible solution ; (iv) development by reasoning of the bearings of the suggestion ; (v) further observation and experiment leading to its acceptance or rejection ; that is the conclusion of belief or disbelief » (DEWEY, 1991 : 72). Son application à l’opération traduisante présente une pertinence visible. La mise en évidence d’un raisonnement logique aboutissant à la prise de décision permet de s’affranchir du concept flou de déverbalisation et de tenter d’éclairer le processus de compréhension. Le postulat consiste à ce que tout traitement de l’information est le fait du raisonnement. D’ailleurs, les systèmes d’intelligence artificielle appliquent ce principe. De plus, sur la base du modèle de KINTSCH et VAN DIJK (1978), et ensuite KINTSCH (1993) intègre les processus inférentiels dans un modèle théorique plus général de la compréhension. Toutefois, à ce stade, la réflexion reste ancrée dans un paradigme formaliste, certes d’un autre ordre que dans le cas des théories linguistiques de la traduction, mais néanmoins contrainte par un processus purement rationnel obéissant à des règles d’inférence strictement appliquées. 8.a.4 Les théories décisionnelles Dès lors qu’on s’intéresse au fonctionnement de l’esprit humain, il y a lieu de faire 18 intervenir le principe de rationalité limitée, et ce sera la troisième rupture épistémique. Certes, la traduction est une succession de prises de décisions, mais ces décisions ne sont pas le résultat d’un processus purement rationnel faisant appel à un raisonnement fondé sur des règles d’inférence rigoureuses. À cet égard, il y a lieu de formuler deux réserves. Aux décisions sérielles, il apparaît pertinent d’ajouter les traitements parallèles effectués par le cerveau humain. De plus, à côté de la toute-puissance du raisonnement logique qui exerce une forte attirance comme concept de rationalité idéale, il est opportun de faire une place à l’attention sélective pilotée par l’affect qui influe sur les croyances et les préférences et joue un rôle clé dans la prise de décision. « Nous émergeons d’un siècle soumis à la puissance de la raison. … cette puissance de la raison nous a fait croire que la décision était le produit du raisonnement » (BERTHOZ, 2003 : 7-8). C’est sans doute dans le domaine économique qu’est apparu pour la première fois le concept de rationalité limitée (SIMON, 1959) qui venait remettre en cause le principe d’inférence optimal bayesien11. Ainsi, par exemple, le consommateur n’achète pas un produit au terme d’une analyse complètement rationnelle de la situation, mais en se laissant influencer par ses préférences et ses croyances. Ce sont ses propres valeurs qui vont guider son interprétation des attributs d’un produit ou d’un service faisant l’objet de son analyse. Cette remarque est tout à fait transposable à l’opération traduisante. Non seulement les connaissances acquises du traducteur le guident dans son accès au sens du contenu du texte à traduire, mais aussi tout son système de valeurs intervient dans le processus d’interprétationcompréhension et contribue à l’orienter. De plus, la démarche du traducteur est guidée par l’attention. En fait, l’attention constitue une fonction cognitive complexe qui implique un processus de sélection. Or, la sélection implique la décision. Ainsi, les décisions qui s’enchaînent pour conférer sa substance à l’opération traduisante et permettre son déroulement ne procèdent pas uniquement d’une analyse purement rationnelle, mais elles sont influencées par tout un environnement personnel soumis aux valeurs et aux humeurs. D’où cette affirmation de BERTHOZ : « Décider, c’est établir un équilibre délicat entre la puissance de l’émotion et la force de la cognition » (2003 : 307). Présentant l’attention comme un ensemble d’activités cognitives lié à la manière dont le système cognitif traite l’information, CAMUS (1996) propose d’établir une distinction entre 11 Il s’agit d’une méthode d’inférence statistique fondée sur une évaluation de probabilités. La probabilité attachée à un évènement est fonction des conditions (elles-mêmes affectées de probabilités) dans lesquelles peut se produire l’évènement en question. C’est une méthode d’aide à la décision qui permet de réviser ses choix au fur et à mesure de l’information acquise sur leurs conséquences. 19 deux modes de traitement : d’une part, les processus automatiques, rapides, parallèles, subconscients et, d’autre part, les processus contrôlés, lents, sériels, délibérés. Ces deux modes se trouvent sollicités dans l’opération traduisante : le premier lorsque le traducteur n’éprouve pas de difficulté et effectue la traduction de façon fluide, auquel cas il fait effectivement appel à des automatismes ; le second lorsque la compréhension ou l’expression n’est plus spontanée et que le traducteur doit mener une recherche ou une réflexion méthodique pour résoudre le problème auquel il se heurte. La résolution de problèmes ne se réduirait pas à des opérations logiques mais ferait appel à un raisonnement sous forme de propositions fondées sur des modèles mentaux (JOHNSONLAIRD:1993). Avec sa théorie des modèles mentaux 12 , cet auteur aussi remet en cause l’efficacité de l’inférence comme mode de raisonnement de nature à aboutir à une décision. En effet, il détache l’inférence de la déduction pour l’assimiler à l’induction avec les limites que présente tout raisonnement inductif. La logique ne peut pas déterminer la seule solution donnée à un problème parmi l’infinie variété des solutions possibles. En outre, l’être humain n’est pas un logicien né ; il fait des erreurs. Et le traducteur n’est pas différent, ce n’est pas non plus un décideur idéalement rationnel. Pour pallier cette carence, l’expérience prouve que l’utilisation de diagrammes est une formidable aide à la décision, ce qui confirme l’idée d’un processus efficace autre que le seul moteur d’inférence13. Le raisonnement logique est par nature sériel, linéaire et séquentiel alors que le diagramme relève d’une spatialisation résultant d’un traitement parallèle. Or, il a été démontré que la représentation spatiale a la capacité d’aider la mémoire, d’étayer la prise de décision et de faciliter la réflexion. Une piste complémentaire est ouverte avec les théories de l’appréciation d'ARNOLD (1960) puis de LAZARUS (2001). Dans cette optique, pendant la délibération qui précède la décision, l’être humain apprécie les éléments qui sont en jeu. Cette activité d’appréciation (appraisal) cognitive précèderait le jugement, et donc la prise de décision, et serait essentielle dans l’apparition d’une émotion. Avant de réagir de façon émotionnelle, le sujet prendrait en 12 Dans sa théorie des modèles mentaux, JOHNSON-LAIRD propose trois types de représentation : les propositions, qui représentent le monde sous forme de chaînes de symboles ; les modèles mentaux, qui présentent une structure analogue au monde ; et les images, qui reflètent les caractéristiques perceptibles des réalités faisant l’objet des modèles. Les expressions linguistiques sont d’abord transformées en représentations sous forme de propositions. Puis, la sémantique du langage mental crée des correspondances entre propositions et modèles mentaux, c’est-à-dire que les représentations sous forme de propositions sont interprétées en modèles mentaux. 13 Durieux(1997) montre comment la représentation schématique des informations saisies dans le texte à traduire au fil de la lecture aide à la prise de décisions traductologiques et nous avons illustré notre propos en appliquant la méthode préconisée à des extraits de textes réels. 20 considération : d’une part, des composantes primaires – par exemple, la pertinence et la cohérence par rapport au but recherché – et, d’autre part, des composantes secondaires – par exemple, le blâme ou l’approbation. L’idée selon laquelle des mécanismes d’évaluation et d’appréciation contrôlent les émotions a suscité un large débat. Dans la chronologie, les émotions interviendraient dans le prolongement de la perception et de l’appréciation et détermineraient la décision. Ainsi, l’émotion n’est pas seulement une réaction, mais une préparation à agir (BERTHOZ, 2003). Ce point de vue est aussi partagé par DAMASIO (1995, 1999) qui confirme que l’émotion ne serait pas une réaction mais un outil pour préparer l’action. L’émotion est un outil pour la décision, c’est un instrument puissant de prédiction d’un cerveau qui anticipe et projette ses intentions. En fait, en conférant des poids différents aux diverses options possibles, les émotions se révèlent indispensables à la prise de décision et à la mise en œuvre de comportements rationnels. L’émotion activerait les mécanismes de l’attention sélective et induirait non pas une déformation du monde perçu mais une sélection des objets perçus ou négligés dans le monde, elle modifierait profondément la mise en relation de la mémoire avec la perception du présent. L’émotion, guide de l’action, serait donc un filtre perceptif. « Ce mécanisme est fondamental pour la décision puisque nos décisions dépendent beaucoup de ce que nous percevons, de ce que notre cerveau échantillonne dans le monde et de la façon dont il met en relation les objets perçus avec le passé » (BERTHOZ, 2003 : 347). Ce développement permet de montrer l’évolution et la dynamique de la réflexion traductologique, qui tend à s’éloigner des strictes contraintes linguistiques pour s’inscrire dans le paradigme de la complexité et prendre en compte le facteur émotionnel dans la communication interlinguistique et interculturelle. Les repères indiqués dans notre cadre théorique marquent de véritables ruptures épistémiques. D’abord, entre les théories linguistiques et les théories interprétatives, la rupture porte sur la nature du sens et son indépendance par rapport aux significations des unités linguistiques. Ensuite, entre la version initiale de la théorie interprétative de la traduction et la version avancée, la rupture est basée sur la notion-clé de déverbalisation. La critique de la déverbalisation conduit à réfuter cette notion et à expliquer la construction du sens par un mécanisme inférentiel mettant en œuvre un raisonnement logique rigoureux. Enfin, en rupture avec ce paradigme formaliste, dans le sillage des sciences cognitives apparaît un nouveau cadre théorique récusant la toute-puissance de la raison et intégrant l’émotion dans toute activité cognitive. Cette ouverture mène à la formulation d’une 21 nouvelle théorie de la traduction qui s’articule autour de la décision régie par l’affect. 8. b. De la terminologie La recherche linguistique essentielle à notre mémoire se focalise sur la terminologie basée sur une traduction réalisée par l’auteur. Au 19e siècle, Bescherelle définit la terminologie comme : « la science des termes techniques ou des idées qu’ils représentent ». La création du terme à partir du latin terminus (borne, limite) et logos (logie, théorie et discours) (ALAREY: 2047) donne au mot terminologie son sens moderne : « ensemble des termes appartenant à un domaine d’activités, de connaissances » (ALAREY: 3797). La terminologie représente une étape nécessaire à saisir un domaine, à l’appréhender. Cela ne signifie cependant pas que la terminologie ne soit indispensable à l’application pratique du domaine, car nombre de choses sont fabriquées et comprises sans que l’on ne sache jamais pourquoi ni comment elles fonctionnent ou se fabriquent. Cependant, elle permet d’énoncer ce domaine sous forme de mots dicibles, qui permettent de transmettre, de présenter à d’autres des idées, des notions, des techniques qui relèvent de ce domaine. Au plan pratique, la terminologie sert de base à tout interprète ou traducteur pour véhiculer des notions sources orales ou écrites. Avant d’interpréter en conférence ou en cabine, il est par exemple préférable que l’interprète ait pu, au préalable, déterminer les domaines qui seront abordés par le ou les conférenciers, qu’il ou elle ait pu organiser les sujets à être abordés; vérifier le sens source et l’équivalence du vocabulaire employé par les conférenciers; établir un lexique bilingue par thèmes, termes et unités terminologiques de base qui seront utilisés. Cette recherche, grandement facilitée par l’accès et la maîtrise des outils informatiques, en est une terminologique et thématique, qui doit être exécutée dans des temps record, que le client ne voit pas et à laquelle il ne s’intéresse généralement pas, et qui ne sert généralement que d’outil à l’interprète qui rendra, oralement, le langage parlé d’une langue à l’autre. En traduction, la terminologie sert à établir « l’équivalence ou la correspondance des notions d’une langue à une autre » (DUBUC: 2002). La recherche terminologique se fait de façon plus élaborée qu’en interprétation. 9. Méthodologie Ce mémoire porte sur la traduction et la terminologie. L’aspect terminologique de ce mémoire vise à présenter les résultats d’un travail à deux volets. Il s’agit tout d’abord de réaliser une recherche terminologique succincte relative à l’ensemble des termes porteurs de sens de notre corpus, et éventuellement sur des termes (donc sur des notions) ne figurant pas 22 dans le texte à traduire mais dont la compréhension est nécessaire pour réaliser une bonne traduction dans le domaine de l’ulcère de Buruli. Dans un second temps, nous comptons effectuer une recherche systématique autour d’un mini-domaine traité dans le texte à traduire (qui dans le cadre de ce mémoire relève des maladies infectieuses, notamment la parasitose appelée ulcère de Buruli.) que nous chercherons à décrire de la manière la plus complète possible. Le but de ce mémoire est de montrer à la fois l’intérêt immédiat de la démarche terminologique pour la réalisation d’une traduction spécialisée et la portée plus large d’un travail terminologique plus systématique. En effet, plus qu’un travail de « recherche » à finalité universitaire, ce mémoire pourrait également s’inscrire dans un cadre professionnel en ce sens qu’il porte sur un projet de traduction et sur deux types d’applications terminologiques. Ainsi, nous avons opté pour l’exploitation d’une publication scientifique et technique écrit par un collège d’experts et de spécialistes de l’ulcère de Buruli afin de garantir la précision des termes scientifiques utilisés. Nous avons également choisi un document dont les informations sont confirmées par diverses sources indépendantes les unes des autres. Afin d’obtenir une image de la langue en usage au sein de l’Organisation mondiale de la santé et en vue d’uniformiser la terminologie relative à l’ulcère de Buruli, nous avons opté pour une traduction réalisée par les services de l’OMS. Par ailleurs, ce mémoire n’aurait pas atteint ses objectifs sans la collaboration d’informateurs disposant d’un niveau certain en français et/ou en bəti-faŋ, et dont l’appui nous a permis de procéder à des adaptations, des élargissements de sens, des revitalisations de termes, de repérer et de corriger les gallicismes sémantiques et syntaxiques, de reconnaître les emplois « fautifs » passés dans l'usage, de déceler et corriger les impropriétés et enfin, de choisir judicieusement les cooccurrences et les collocations. Pour ce faire, nous avons opté pour des critères de sélection liés à l’âge, à l’expérience de la cible dans son domaine de travail, au niveau de connaissance des deux dans l’une ou l’autre langue de travail comme l’atteste le tableau ci-après: 23 Tableau N°1: Classification des informateurs Nom(s) et prénom(s) Année de naissance Lieu de résidence Profil d’alphabétisation Langue Français Profession Ngoantet (Nkolmetet) Ngoantet (Nkolmetet) élémentaire Bəti-faŋ Variante Bənə Expert Bənə Expert 1973 Ayos Expert Yəbəkɔlɔ Confirmé 1942 Confirmé Akonolinga Expert 1940 Abəm (Akonolinga) Ayos Confirmé Yəbəkɔlɔ Expert 1969 Douala Expert Etón Expert Albert MBARGA BILONG Nicolas ATANGANA ASSEMBE 1918 Joseph Dieudonné AVA BELINGA EYENGA ZE BELOBO Pascale ABENA 1932 Niveau Expert Catéchiste Technicien de météorologie à la retraite/auteur compositeur de chanson, poète, décédé le 10 novembre 2013 Animateur communautaire Infirmier à la retraite Infirmier à la retraite Médecin infectiologue Afin de nous constituer la culture du domaine médical, nous avons procédé au recueil d’informations supplémentaires au corpus en objet. Nous nous sommes, à cet effet, rendue dans des bibliothèques, notamment celles de l’OMS et celle de l’Institut Supérieur de Traduction et d’Interprétation. Nous avons, à cet effet, rescensé des textes relatifs à l’ulcère de Burili dont certains constituent le fond du dossier documentaire. Nous avons ausi consulté des personnes ressources. Il s’agit notamment du Dr Abena Pascale, médécin spécialisé en infectiologie, de M. Zeh Belobo, infirmier retraité, spécialiste de l’ulcère de buruli. Ces informateurs ont facilité notre comprehension de l’ulcère de Burili et guidé la construction de notre corpus. Leur appui a également été déterminant dans l’identification de la terminologie médicale à étudier. Des recherches sur internet ont aussi enrichi nos connaissances dans ce domaine. Nous avons pour ce faire utilisé les moteurs de recherches scientifiques ci-après : http://scholar.google.com, http://www.scirus.com, http://www.worldwidescience.org, pour nous documenter sur le domaine de l’ulcère de Buruli. Ces moteurs de recherches nous ont orienté vers d’autres sites internets qui nous ont permis d’améliorer nos connaissances. Ainsi, 24 nous avons pu avec l’appui des experts sus-cités, expliquer ou définir les notions hermétiques aux profanes de la médécine. Une fois notre corpus délimité et le domaine circonscrit, nous avons procédé à des descentes sur le terrain en vue d’établir des équivalents bəti-faŋ qui ont servi à la traduction du corpus. Nous nous sommes rendus dans les principaux foyers de l’ulcère de Buruli, notamment à Abəm près d’Akonolinga, à Ayos et à Ngoantet. Nous avons interviewé nos informateurs sur la base des glossaires établi au préalable, afin d’affiner nos recherches. Afin de trouver les équivalents bəti-faŋ de certains termes, en l’occurence ceux portant sur le diangnostique différentiel de l’ulcère de Buruli, nous avons présenté des photos en annexes pour permettre à nos informateurs de trouver le mot juste. Après avoir établi la terminologie, l’auteur a procédé à un premier jet de traduction. Cet ébauche a ensuite été soumis à la revision de nos experts, notamment de messieurs Nicolas ATANGANA ASSEMBE et Albert MBARGA BILONG. Une fois la première révision de notre traduction achevée, nous avons soumis le texte traduit à la lecture de nos informateurs bənə afin d’obtenir la prononciation adéquate. Nous avons ensuite sollicité la collaboration de nos camarades de linguistique Olivier MOUSSA et Joseph MBARGA, à qui nous avons fait écouter l’enregistrement issue de la lecture du corpus par nos informateurs, pour améliorer la transcription de notre traduction. 10. Revue de la littérature Plusieurs travaux ont précédé les recherches menées dans ce mémoire. S’agisant de la traduisibilité d’un énoncé, Chomsky (1966/1975/1976) affirme que chaque phrase est élaborée dans notre esprit sous forme d’une structure profonde bien avant qu’elle ne puisse être exprimée. Chomsky nous rappelle que sur le plan psychologique profond, toute phrase, dans n’importe lequel des différents langages naturels, possède la même structure lors de son élaboration. Les différences dans les diverses constructions linguistiques apparaissent uniquement quand la phrase parvient au niveau de l’expression: lorsqu’elle devient un énoncé linguistique alors qu’elle n’était qu’un phénomène psychique jusque là. Braumgart et Derive (2008) parlant des problèmes de traduction en littérature orale africaine relèvent qu’ on peut aborder la problématique de la traduction des textes oraux par une présentation des principales difficultés rencontrées lors du passage de la langue source vers la langue cible. On illustrerait ces difficultés sur le plan lexical concernant les termes liés à la culture matérielle ou aux particularités de l’environnement et dues à des découpages notionnels différents dans les deux langues. 25 Tourneux (2008) témoigne de l'importance de communiquer dans la langue de l'autre. Pour l’auteur, écouter l'autre "parler dans sa langue" c'est prendre en considération les connaissances qu'il a acquises au fil de son long séjour sur un terrain dont le développeur ignore presque tout. L’auteur ajoute d’ailleurs à l’intention du traducteur, qu'il faut aussi "faire l'effort de mettre au point un langage technique mutuellement compréhensible" (p. 6). Kenmogne (2002) pose le problème de la prise en compte du contexte ethnolinguistique particulier dans la formulation de la traduction. Il affirme que dans le cas contraire, le message peut légitimement devenir une source de confusion chez l’Africain. D’où l’urgence de la traduction comme formulation du message dans une langue qui parle à l’Africain en utilisant les formes de communication qui sont socialement et culturellement appropriées. Diki-Kidiri (2007a) présente une méthodologie détaillée et pragmatique de la terminologie culturelle dans le contexte du développement des langues africaines. Pour cet auteur, les questions de fidélité et d’équivalence fonctionnelle sont à reposer dans la perspective d’une approche culturelle de la terminologie. Par ailleurs, Diki-Kidiri (2008) souligne la pertinence sociologique de l’utilisation des langues africaines pour le developpement “véritable” des pays africains. Il invite ainsi les chercheurs à contribuer au developpement des langues africaines en les rendant capables de supporter et de véhiculer les connaissances modernes. MANIFI ABOUH M.Y. J. (2010), MBALLA C ( 2010) et NGOUMAMBA L. (2010 ) ont jetté les bases d’un developpement terminologique en langue camerounaise. Ces auteurs ont respectivement axés leurs travaux sur la pédagogie, le droit et l’informatique. Toutefois, les traductions effectuées par ces trois auteurs ne contiennent pas des traduction juxtalinéaires permettant non seulement de prendre connaissance de la structure de la langue, mais aussi de comprendre le processus de traduction utilisé. Par ailleurs, les outils terminologiques disponibles dans ces mémoires se limitent aux lexiques spécialisés relatifs à chacun des thèmes abordés. A ces manquements, notre mémoire introduit un glossaire et des fiches terminologiques. Le glossaire, en effet, complète le lexique en ce sens qu’en marge de l’équivalent qu’il fourni dans la langue cible, un glossaire porte la définition de chaque terme traité en vedette. La fiche terminologique, par ailleurs, fourni des informations qui permettent au lecteur de mieux comprendre le terme vedette. Il s’agit notament du contexte d’utilisation, de la phraséologie, de l’étymologie, etc. SEINI H. (2006) traite des Difficultés théoriques et pratiques de la traduction Français-Fufuldé dans le domaine médical et agricol. L’auteur ressort les difficultés de 26 traduction aux niveaux terminologique et culturel. Cependant, SEINI traite de la traduction au niveau de la conceptualisation. Pour lui, la conceptualisation d’une traduction doit suivre le schéma du différentes fonctions de communication selon JAKOBSON (1963), tout en intégrant les effets de contexte ( physique, temporel, culturel et socio-psychologique). Or la traduction comprend une phase de conceptualisation et une phase de production. Aussi, pensons-nous que le texte produit (métatexte) est le résultat du texte analysé et pensé (prototexte). Ces éléments sont davantage mis en exergue dans la construction du plan de notre mémoire. 11. Annonce du plan Ce mémoire comprend quatre chapitres, des annexes et un dossier documentaire. Le chapitre premier intitulé Éléments fondamentaux de l’ewondo rappelle les éléments phonologiques et grammaticaux de l’unité langue bəti-faŋ avec un point d’ancrage sur la grammaire ewondo pour des raisons évoquées précédemment. Dans le second chapitre, nous avons réalisé une Traduction français ›bene du corpus délimité. En effet, le texte traduit traite de l’épidémiologie, la microbiologie, l’immunologie, les techniques modernes de diagnostic, la pathologie, les manifestations cliniques, le traitement de l’ulcère de Buruli ainsi que les quelques moyens de prévention de l’ulcère de Buruli. Cette traduction nous a permis de trouver les résultats à expliquer dans les chapitres trois et quatre. Ainsi, dans le chapitre trois, nous analysons les Aspects pratiques de la traduction médicale français-bəti-faŋ en termes de procédés de traduction employés et de difficultés rencontrées au cours du processus de traduction. Il s’est agi de ressortir les niveaux de traduction (sémantique, idiomatique, stylistique, culturel, des allusions, de l’intériorité, du public destinataire) ; de présenter les procédés directs utilisés dans la traduction réalisée (emprunt, calques, traduction littérale) ; d’indiquer les procédés de traduction oblique (transposition, modulation, équivalence, adaptation, étoffement) auquel nous avons eu recourt. Le chapitre quatre est consacré à la Terminologie. Il s’ouvre sur l’arborescence de notre champ d’étude dans le but de schématiser la représentation du contenu et la construction de référentiels terminologiques visant à faciliter l’accès à l’information. Pour ce faire, nous procédons à l’extraction des informations présentées dans notre corpus en vue d’établir des relations sémantiques entre les différentes clés de recherches, d’effectuer un repérage de 27 collocations et de contextes ciblés et établir des liens conceptuels entre termes. Dans le but d’optimiser la recherche des équivalents dans chacune des langues en objet, nous avons mis au point un glossaire traitant les termes vedettes dans chacune de nos langues de travail, ainsi qu’un lexique qui obéit à la même approche linguistique que celle choisie pour le glossaire. Les fiches terminologiques constituées de plusieurs champs, réunissent les informations principales sur les termes tant du point de vue de la dénomination que du point de vue du concept. 28 CHAPITRE PREMIER : ÉLÉMENTS FONDAMENTAUX DE L’ÉWONDO Ce chapitre traite de la phonologie (consonnes, voyelles et tons) et de la structure du verbe (temps, aspects et modes) de la langue cible de nos traductions. Le bəti-faŋ compte des langues dites sœurs: l’ewondo, le bulu, le faŋ, l’éton, le mangissa. Pour des raisons évoquées dans notre introduction (7. Délimitation du domaine, troisième paragraphe), ce chapitre porte sur la langue ewondo. L’ewondo est une langue bantu du groupe équatorial nord, de la branche “B”, du sousgroupe Bassa’a-bəti (A40, A 70). La famille Bassa’a-bəti compte trois sous-familles à savoir: le bankon (406), le basa’a (401), le bakoko (402) et le bəti-faŋ (403). Selon CERDOTOLA (2012) l’ewondo comprend des variantes qui sont l’ewondo lui-même, le bənə, le mvəle, le mbida-mbane14. La carte administrative et linguistique ci-après précise la représentation de l’unité langue bəti- faŋ et ses composante, au Cameroun. Source : Cerdotola (2012), Atlas Linguistique du Cameroun-Inventaire des langues, p.189 Ce chapitre traite de la phonologie (consonnes, voyelles et tons) et de la structure du verbe (temps, aspects et modes). 14 Source: Atlas Linguistique du Cameroun-Inventaire des langues, édition 2012. 29 I.1. PHONOLOGIE Il s’agit de la branche de la linguistique qui étudie les sons d'une langue donnée, du point de vue de leur fonction dans ce système de communication. Selon cette définition, la phonologie s’intéresse : au classement des sons d’une langue en catégories, et à la description du comportement des sons (combinaisons possibles, impossibles, etc.) Dans ce mémoire, nous nous limiterons à au classement des sons et des éléments de tonologie. I.1.a. Les consonnes Une consonne est un son du langage humain dont le mode de production est caractérisé par l'obstruction du passage de l'air dans les cavités situées au-dessus de la glotte, qui forment le canal vocal. Tableau N°2: Consonnes de l’ewondo t ts s k b v d dz z g mb mv nd ndz ng kp mgb nasales nasales m orales n ny l y w Source: ESSONO (2012) I.1. b. Les voyelles On appelle voyelle un son du langage humain dont le mode de production est caractérisé par le libre passage de l'air dans les cavités situées au-dessus de la glotte, à savoir la cavité buccale et/ou les fosses nasales. Gorge et f lèvres gorge p Langue et Langue palais Langue alvéoles Langue et dents mi- Lèvres et Sonores dents Orales 2 lèvres Sourdes 30 Tableau N°3: Voyelles de l’ewondo Médianes brèves longues 1 degré Antérieures brèves longues i ii Postérieures brèves longues u uu 2e degré e ee ə əə o oo 3e degré ɛ ɛɛ ɔ ɔɔ Aperture er 4e degré Source: ESSONO(2012) a aa I.1. c. Les tons L’ewondo est une langue à tons. C’est à dire que les tons dans cette langue sont assimilables aux autres éléments phonologiques que sont les voyelles et les consonnes. Nous répertorions ainsi cinq tons simples et deux tons modulés. Le ton bas /̀/ Le ton moyen / / Le ton moyen / /́ Le ton haut-bas / /̂ Le ton bas-haut/ /̌ Source: ESSONO (2012) La classification nominale est typique des langues bantous. En ewondo, le principe de classe nominale marque l’accord du genre et du nombre. Toutefois, au lieu d’une simple opposition masculin/féminin, singulier/pluriel, l’ewondo compte quatorze classes nominales. Les classes 16 et 17sont dites “locatives”, c’est à dire qu’elles permettent d’indiquer le lieu ou le temps. Les classes non-locatives regroupent les classes 1à 1115. 15 Cette classification s’inspire de BLEEK (1862). Cette classification a été adoptée par l’ensemble des bantouistes africanistes. 31 Tableau N°4: Classes nominales 1e pers. sg 2e pers. sg e 1 pers. pl 2e pers. pl Préfixe Verbal m∠ ∠obǐmǐ- Exemples je Présent tu nous vous cl.1 a- cl.2 b∠ ∠́- cl.3 ó- ńtaŋán(le Blanc) cl.4 mí mińtaŋán(les blancs) cl.5 á- akúd (fou) cl.6 m∠ ∠́- mə́kúd(les fous) cl.7 e- etúnda (chambre) cl.8 bí- bitúnda(chambres) cl.9 è- mvóé (ami) cl.10 é- kos(perroquets) cl.11 ó- olɔ̌ (esclave) cl.16 -/é-á/ v-à cl.17 -/é-ó/ cl.19 -ví mod (homme) bod(les hommes) á kɔbɔ I.2. Le verbe La construction du temps diffère d’une langue à une autre, notamment d’une famille linguistique à une autre. Dans ce mémoire, nous proposons une esquisse descriptive de la modalité temporelle de l’unité langue beti-Faŋ à partir d’une étude de l’ewondo, l’un de ses dialectes. Les morphèmes temporels aux bases verbales ne seront pas systématiquement liés afin que celles-ci soient mieux perceptibles. Le temps, l’aspect et le mode étant des modalités verbales intrinsèquement liées en langue bəti-faŋ, analyser la modalité temporelle sans faire état du mode et de l’aspect présentera une certaine inadéquation descriptive. I.2.a. Les aspects et le mode Le bəti-faŋ est une langue agglutinante, à l’instar de toutes les langues bantoues. Dans le cadre du constituant verbal, elle aligne un arsenal d’éléments que MEEUSSEN (1967: 108-111) liste ainsi qu’il suit dans la description de la structure du groupe verbal bantou. 32 Tableau N°5: Structure du groupe verbal bantou Meeussen Pré initial Initial Post- Formatif Limitateur Infixe initial Base Pré final Final Post final Marqueur Marqueur Marqueur d’aspect de impératif verbale Fonction Marqueur Préfixe Marqueur Marqueur Marqueur Marqueur Proto Bantou de Mode d’accord de la Temporel d’aspect de l’objet Noyau Négation Temps et Négation Fonction Morphème Préfixe Ewondo Modal verbal Négateur Morphème Morphème Temporel d’aspect Ø Base Morphème verbale d’aspect Finale Morphème Modal Ce tableau témoigne de l’existence de marqueurs de temps, d’aspect et de mode en bəti-faŋ. Cela montre que le Tiroir16 est bien présent dans cette langue. Exemple : I.2.b. Les aspects et les aspectuels L’aspect peut se définir comme la façon d’envisager l’action exprimée par le verbe dans son déroulement temporel. Selon Essono (2000 : 474) : « L’aspect manifeste le point de vue sous lequel le locuteur envisage le développement du procès. L’action exprimée par le verbe peut être envisagée soit dans son achèvement, son résultat –aspect accompli-, soit dans sa durée, sa phase de réalisation –aspect inaccompli ou imperfectif» L’aspect en bəti-faŋ s’articule donc en deux catégories distinctes : le ponctuel et le continuatif. 16 L’expression Tiroir désigne les temps de conjugaison dans les langues Niger Congo (Essono, 2000 :473) 33 Aspect Ponctuel Continuatif En revenant au tableau n°5 relatif à la structure du groupe verbal, l’on note que l’aspect en ewondo est répertorié dans la case des limitateurs. Les aspectuels quant à eux, sont aux côtés des aspects ponctuel et continuatif, des unités lexicales exprimant la modalité d’action. Selon ESSONO (2000 : 475), il en existe deux types : 1) Les auxiliaires - badə : à nouveau (itératif) - támə : d’abord (inceptif) - fyáŋán : quand même (concessif) 2)Les auxiliants Il s’agit des verbes processifs c’est-à-dire ceux en plein processus de grammaticalisation. Ils sont régulièrement utilisés comme modalités. Ils en existent un bon nombre en langue bəti-faŋ comme le montre le tableau ci-après : 34 Tableau N°6: emploi des verbes processifs en ewondo Emploi Autonome Emploi Non-autonome Particule Signification Sens Aspect bə̀lə̀ Avoir, tenir > Devoir Coercitif bə̀m Enfoncer > Tarder Tardatif bùl Multiplier > Plus Exagération dàŋ Enjamber > Trop Excessif dìŋ Aimer > Volontiers Habituel dùgàn Revenir > à nouveau Itératif dzà}ə̀ Critiquer > Défier Audactif fíd Écraser > Refuser Prohibitif fə̀m Haïr > Volontiers Permansif fyáŋán Avoir beau > Bien que, quoique Concessif kì S’abstenir > Être capable Potentiel kə̀ Aller > Être sur le point de Imminent kàd Dire > Habituel Permansif màn Finir > Parvenir Conclusif nə̀ Être > Être capable Potentiel ndzí Savoir > Ne Négation tádì Commencer > D’abord Inceptif tóàn Ajuster > Parfaire Amélioratif vólò Aiguiser > Se hâter Hâtif və̀g Mesurer > Oser, tenter Audactif yèàn Convenir > Devoir Coercitif yì Vouloir > Aller Impératif yə́gè Apprendre > 1ère fois Initiatif zù Vouloir > Sur le point de Prospectif kún Être matinal > Bientôt ( ?) váŋ Projeter > Exprès Intentionnel ABEGA (1976 :36) propose quatre auxiliants de plus, ces deniers étant des formes post-posées au verbe et aussi grammaticalisées : 35 Tableau N°7: verbes processifs autonome et non - autonome Emploi autonome Emploi Non-autonome Fwá Premièrement > Vraiment Insistance fə̀g Sagesse > Aussi Réitératif tə̀ Pas > Tout de même Restrictif yǎ Démanger > Déjà Terminatif/Accompli Le mode Le mode est la manière dont le verbe exprime l’état ou l’action. Selon Essono (2000 : 476) : « la catégorie du mode (Mo) place le procès sur l’axe syntagmatique de l’énonciation ». Le nombre de modes de la langue bəti-faŋ ne pas fait l’objet de consensus parmi les auteurs. En effet, Essono (2000 : 476) en dénombre sept mutuellement exclusifs : Indicatif Subjonctif Injonctif Mo Optatif Concordant Concomitant Consécutif ABEGA (1976 : 25) en dénombre huit dans la langue : 1) L’infinitif 2) L’injonctif 3) Le subjonctif 4) Le conditionnel 5) L’exhortatif 6) L’optatif 7) L’appréhensif 8) Le potentiel ABESSOLO et ETOGO (1982 : 99-110) en dénombre six : 1) L’impératif 36 2) Le subjonctif 3) Le conditionnel 4) L’optatif 5) L’exhortatif 6) L’infinitif. Ainsi, les auteurs ne s’accordent pas parfaitement sur la conception de la notion mode17 en langue ewondo. Nous opterons pour le découpage d’ESSONO (Op. Cit.) qui intègre les critères de la théorie guillaumienne et qui en plus constitue la description la plus récente. En outre, ce découpage fait état de ce que seul le mode indicatif connaît des formes temporelles qui font partie du formatif18. I.2.c. Définition de la modalité temporelle Pour ESSONO (2000 : 477) le temps est : « Une catégorie grammaticale qui permet le positionnement des événements décrits racontés à une période donné de leur déroulement […] l’expression du Temps lie le moment du procès à celui de l’énonciation ». COMRIE (1976 : 9) quant à lui stipule que : « le Temps est la localisation grammaticalisée de l’instant ». Selon TABI-MANGA (1986 :82-83) : « Le présent ewondo, correspond à l’instant de la parole T°, au temps bien réel, comporte par composition une certaine étendue, puisque notionnellement, il constitue la limite continuellement franchie entre le temps qui n’existe pas encore et le temps qui a existé. Ainsi, ce présent, est-il, par composition ou par nécessité obligée, fait d’une parcelle (et non l’entier) du futur associé à une parcelle du passé. Ce sont ces parcelles constitutives du présent que GUILLAUME appelle des Chronotypes « α » et « w ». Ainsi « α » correspond à la partie du présent qui est accomplissement, et « w » à la partie du présent qui est déjà accompli». GUILLAUME (1965 : 8) en donne la description suivante : « La grammaire traditionnelle, lorsqu’elle traite du temps […] le considère invariablement comme une ligne infinie, recomposée de deux segments dans le prolongement l’un de l’autre, le passé et le futur, que distingue la coupure, insérée entre eux, du présent ». Soit la figure suivante : X X’ Passé Présent Futur A la suite de GUILLAUME (Op. Cit.), ESSONO (2000 :478) démontre que l’axe du temps en ewondo a une répartition binaire. La langue en effet ne distingue que deux périodes 17 Le désaccord ne s’arrêtant pas seulement au mode, mais concerne aussi les aspects. Car ce qu’ESSONO considère comme aspectuel, ABEGA le considère comme Mode et vice versa. 18 Le tableau du groupe verbale fait bien mention de ce que les marques temporelles sont logées dans le formatif. 37 définies comme suit : - Le Passé et - Le Non-Passé19 Sa structuration est la suivante : Tableau N°8: répartition binaire de l’axe temporel en ewondo Passé Non-Passé Présent Pass3 Pass2 Pass1 Futur Fut1 Fut2 Fut3 Puis, il recentre son appréciation du temps en la rapprochant de celle de Gustave Guillaume : Tableau n°9: Représentation guillaumienne de l’axe temporel en ewondo Passé (hier) Pass3 I.3. Présent (aujourd’hui) Pass1 Prés Pass2 Fut1 Futur (demain) Fut2 Fut3 Le temps La subdivision de cette modalité est quasi symétrique, nous avons trois formes du passé, trois formes du futur et enfin un présent. De manière conventionnelle l’on note P1, P2, P3 et F1, F2, F3 pour exprimer les réalités suivantes : Tableau N°10: temps grammaticaux en bəti-faŋ Passé Présent Futur Passé3 Époque reculée Passé2 Hier, quelques jours, mois Passé1 Passé d’aujourd’hui à hier Présent Aujourd’hui (réel) Futur1 Futur aujourd’hui (Probable) Futur2 Futur de demain, quelques jours/mois Futur3 Époque reculée (Incertain) Il faut ici remarquer que le temps grammatical ewondo peut exprimer des actions et des états réels ou certains. D’autres catégorisations sont admises à l’intérieur de cette division. ESSONO (2000 : 478) les appelle sous-temps. Ainsi, le passé, d’après cette classification, est subdivisé en trois époques : passé indéterminé (Pass3), le passé moyen (Pass2) et le passé proche (Pass1) ; De la même façon le futur est subdivisé en futur immédiat (Fut1), futur proche 19 Celui-ci s’articule à son tour en un présent et en un futur 38 (Fut2) et en futur indéterminé (Fut3). I.3.a. Le Passé Nous allons présenter quelques illustrations de la conjugaison de ce temps. Pour notre exercice, nous n’utiliserons que l’aspect ponctuel, selon les ordres affirmatif et négatif du mode indicatif uniquement20. I.3.a.1. Le Passé 3:/ŋgá/ La forme morphologique du passé lointain est /ŋgá/ :et est utilisée pour exprimer des actions très lointaines dans les souvenirs. Mais force est de constater qu’aujourd’hui l’usage de ce passé n’est plus exclusivement réservé à l’expression des souvenirs lointains. On peut noter que même des actions accomplies il y a peu de temps s’expriment grâce à ce morphème21. Exemple :1 dí « manger » Affirmatif mə̀ ŋgá dí 1sg P3 manger «J’eus mangé » Négatif mə̀ ŋgá ndzí kìg 1sg P3 dí Nég Nég manger « Je n’eus pas mangé » Exemple :2 fùdì « mettre » Affirmatif mə̀ ŋgá fùdì 1sg P3 mettre 20 21 C’est pour cette raison que même l’infinitif n’est pas représenté. A ce niveau l’on spécule sur les raisons d’un tel usage. ESSONO (2000 :508) pense que cela est mû par des raisons stylistiques. Pour notre part, cet usage décadent repose davantage sur des causes sociolinguistiques que sur la simple nécessité d’effet stylistique. 39 « J’eus mis » Négatif mə̀ ŋgá ndzí kìg fùdì 1sg P3 Nég Nég mettre « je n’eus pas mis » Exemple :3 sógòlò « bousculer » Affirmatif mə̀ ŋgá sógòlò 1sg P3 bousculer « j’eus bousculé » Négatif mə̀ ŋgá ndzí kìg sógòlò 1sg P3 Nég Nég bousculer « je n’eus pas bousculé » I.3.a.2. Le Passé 2 : /á/ C’est certainement la forme du passé la plus difficile à déceler, car elle est de moins en moins usitée par les locuteurs. Ils lui préfèrent l’usage d’un passé lointain qu’on rendrait de moins lointain. Néanmoins, il y a encore une grande majorité de locuteurs qui l’utilisent correctement22. Elle a une forme morphologique en /á/ avec un ton haut qui se propage sur la/les syllabe(s) suivante(s). Exemple :4 nyáŋ « téter » Affirmatif Mǎ 22 nyáŋ ábɛ́ Comme nous le mentionnons plus haut il s’agit à notre avis de populations instruites et plutôt jeunes qui préfèrent cet usage décadent du P3 en lieu et place du P2. 40 1sg+P2 téter cl5-sein « Je tétai le sein » Négatif Mǎ ndzí kìg nyáŋ áŋ ábɛ́ 1sg+P2 Nég Nég téter cl5-sein « je ne tétai pas le sein » Exemple :5 swàlì « cacher » Affirmatif Mǎ swǎl ndàmbə̀ 1sg+P2 cacher ballon « je cachai le ballon » Négatif Mǎ ndzí kìg swǎl ndàmbə̀ 1sg+P2 Nég Nég cacher ballon « je ne cachai pas le ballon » Exemple :6 sùgùzù « secouer » Affirmatif Mǎ súgúzú ̀fə́g 1sg+P2 secouer cl3-sac « je secouai le sac » Négatif Mə a ndzí kìg sùgùzù ̀fə́g 1sg+P2 Nég Nég secouer cl3-sac « je ne secouai pas le sac » 41 I.3.a.3 Passé 1 / /́ Le passé récent ou d’aujourd’hui est marqué par un ton haut ponctuel propagateur. Exemple :7 yén « voir » Affirmatif Mə̌ yén nánə́ 1sg+P1 voir maman « j’ai vu maman » Négatif Mə̌ ndzí kìg yén nánə́ 1sg+P1 Nég Nég voir maman « je n’ai pas vu maman » Exemple :8 wùlù « marcher » Affirmatif Mə̌ wúlú kwám 1sg+P1 marcher longtemps « j’ai marché longtemps » Négatif Mə̌ ndzí kìg wùlù kwám 1sg+P1 Nég Nég marcher longtemps « Je n’ai pas marcher longtemps » Exemple :9 tíbìlH ̰̀ « martyriser » Affirmatif Mə̌ tíbílí Únànə̀ 1sg+P1martyriser ONANA 42 « J’ai martyrisé ONANA » Négatif Mə̀ ndzí kìg tíbìlì 1sg+P1 Nég Nég Únànə̀ martyriser Onana « Je n’ai pas martyrisé ONANA » I.3.b. Présent à Le présent qui est le temps réel de l’instant de parole se réalise en Ewondo par le morphème [à] à ton ponctuel bas. Exemple :10 dìŋ « aimer » Affirmatif Mə à dìŋ ŋgwàn və̀lə́ 1sg+Prés aimer cl1-fille mvele « J’aime la fille bassa’a » Négatif Mə̌ a dìŋ kìg ŋgwàn və̀lə́ 1sg+Prs aimer Nég cl1-fille mvele « je n’aime pas la fille bassa’a » Exemple :11 və̀lə̀ « réveiller » Affirmatif Mə à və̀lə̀ tàdə́ 1sg+Prs réveiller papa « je réveille papa » 43 Négatif Mə à və̀lə̀ kìg tàdə́ 1sg+Prs réveiller Nég papa « je ne réveille pas papa » Exemple :11 sígìbì « s’adosser » Affirmatif Mə à sígìbì á ̀fìfìm 1sg+Prs adosser Prép cl3-Red-mur « Je m’adosse au mur » Négatif Mə à sígìbì kìg á ̀fìfìm 1sg+Prs adosser Nég cl3-Red-mur « je ne m’adosse pas au mur » Dans le passé, le négateur est un morphème discontinu -ndzí kìg-, antéposé au verbe. Ici au présent, l’ordre négatif influence le changement tonal sur le morphème #mə- qui va prendre un ton haut #mə-, certainement dû à la disparition du premier morphème du négateur [ndzi ́ kìg]. Cette particule restante est quant à elle post-posée au verbe. I.3.c. Le futur Le futur, comme défini plus haut fait partie du non-passé mais en la partie la non réalisée. Il a lui aussi trois subdivisions comme nous le voyons dans la suite. I.3.c.1. Futur 1 #àyì# Le futur 1 correspond à ce que nous avons appelé le futur d’aujourd’hui. C’est un futur qui est sur le point de se réaliser le jour même de l’énonciation (ou peu avant le lendemain). Il s’utilise pour une réalité de l’action immédiate ou probable. Il est morphologiquement marqué par #àyì#. Exemple :12 dàŋ « traverser » 44 Affirmatif Mə ayì dàŋ úswé 1sg+Fut1 traverser cl11-rivière « Je traverserai la rivière » Négatif Mə àyì kìg dàŋ úswé 1sg+Fut1 Nég traverser cl11-rivière « Je ne traverserai pas la rivière » Exemple :13 kwábə̀ « parler » Affirmatif Mə àyì kwábə̀ ábwì 1sg+Fut1 parler beaucoup « Je parlerai pas abondamment » Négatif Mə ayì kìg kwábə̀ ábwì 1sg+Fut1 Nég parlerai beaucoup « Je ne parlerai pas abondamment » Exemple :14 yə́gə̀lə̀ « enseigner » Affirmatif Mə ayì yə́gə̀lə̀ bwáŋgə́ 1sg+Fut1 enseigner cl2-enfant « J’enseignerai aux enfants » 45 Négatif Mə ayì kìg yə́gə̀lə̀ bwáŋgə́ 1sg+Fut1 Nég enseigner cl2-enfant « Je n’enseignerai pas aux enfants » A ce niveau, le négateur se manifeste aussi différemment. Il est antéposé au verbe comme dans le cas du passé, mais ne comporte qu’une seule particule identique à celle du présent #kìg#. Toutefois, il ne porte pas de ton - ́- haut résiduel contrairement au présent, comme postulé plus précédemment I.3.c.2. Futur 2 #ŃLe futur 2, ou futur de demain, est utilisé lorsque l’action n’est pas envisagée dans un avenir immédiat. Il subsiste néanmoins un certain degré de certitude quant à sa réalisation dans les jours ou mois avenirs. Il se réalise morphologiquement par la particule #Ń-, une homorganique nasale 23 que l’on préfixe au verbe et assimile le point d’articulation de la première consonne de la base verbale. Exemple 15 : sə́g « émincer » Affirmatif Mə̌ ǹsə́g mə̀yàŋ 1sg+Fut2+émincer cl6-oignons « j’émincerai les oignons » Négatif Mə̌ ǹsə́g kìg 1sg+Fut2+émincer Nég mə̀yàŋ cl6-oignons « je n’émincerai pas les oignons » Exemple 16 : bándə̀ « inviter » 23 Phonologiquement, sa forme de base est la nasale alvéolaire /ń/, la plus distribuée. 46 Affirmatif Mə̌ m̀ bándə̀ 1sg+Fut2+inviter wə́ ámwǒ zìŋ cl11-toi cl5-jour certain « Je t’inviterai certainement un jour » Négatif Mə̌ m̀ bándə̀ kìg wə̀ ámwǒ 1sg+Fut2+inviter Nég cl11-toi zìŋ cl5-jour certain « je ne t’inviterai jamais » Exemple 17: bàmə̀lə̀ « frapper violemment » Affirmatif Mə̌ m̀ bámə́lə́ wə̀ ámwǒ 1sg+Fut2+frapper cl11-toi zìŋ cl5-jour certain « Je te frapperai violemment un jour » Négatif Mə̌ m̀ bámə́lə́ kìg wə̀ 1sg+Fut2+frapper Nég cl11-toi ámwǒ zìŋ cl5-jour certain « Je ne te frapper jamais violemment » I.3.c.3. Futur 3 #ŋgâ# Le futur 3 traduit le caractère d’une action qui est incertaine du point de vue de sa réalisation. C’est le futur hypothétique ou incertain. Il est morphologiquement marqué par le morphème #ŋgâ#. Exemple 18: wóg « entendre » 47 Affirmatif Mə̀ ŋgâ wóg íŋgə̀lís 1sg Fut3 entendre anglais « Je comprendrai peut-être la langue anglaise un jour » Négatif Mə̀ ŋgâ wóg kìg íŋgəlís 1sg Fut3 entendre Nég anglais « Je ne comprendrai jamais la langue anglaise » Exemple 19 :vùndì « vidanger » Affirmatif Mə̀ ŋgâ vùndì ítàm dzámà 1sg Fut3 vidanger cl7-puits acc.cl7-Poss « Je vidangerai éventuellement mon puits un de ces quatre » Négatif Mə̀ ŋgâ vùndì kìg ìtàm dzámà 1sg Fut3 vidanger Nég cl7-puits acc.cl7-Poss « Je ne vidangerai jamais mon puits » Exemple 20: sámə̀lə̀ « humilier » Affirmatif Mə̀ ŋgá sámə̀lə̀ wá 1sg Fut3 humilier cl11-toi « je t’humilierai un de ces jours » 48 Négatif Mə̀ ŋgâ sámələ́ kìg wà 1sg Fut3 humilier Nég cl11-toi « je ne t’humilierai jamais » Une modulation de position du négateur se remarque pour ce qui est du Fut2 et du Fut3. Le morphème reste #kìg# comme pour le Fut1, mais ici il est postposé au verbe. Ces changements de positions justifient clairement la structuration du groupe verbal que nous avons dressé plus haut. Le négateur peut à la fois se placer en Post-initial et en final. 49 CHAPITRE 2: TRADUCTION FRANÇAIS›BENE DU CORPUS En général, des phénomènes nouveaux engendrent la terminologie qui porte les marques de sa conception. En traduisant ce corpus relatif à l’ulcère de Buruli, certains procédés de conceptualisation ont été mis à contribution. Il s’agit de la métaphore, la création d’équivalence formelle, l’emprunt et la normalisation terminologique. Dans les lexiques et glossaires présentés au chapitre quatre, les mêmes procédés ont par ailleurs été privilégiés. Pour chaque concept à traduire, une analyse approfondie de son sémantisme et le cas échéant, de ses origines, a été menée afin de cerner les contours de ces concepts. Cette démarche a permis de mieux appréhender ces concepts dans la langue cible et de l’arrimer à la propre culture de celle-ci, ainsi qu’à notre cible principale. Le corpus ci-après est extrait d’une revue de l’OMS, intitulée Ulcère de Buruli, Infection à Mycobacterium Ulcerans. Cette revue a été publiée en 2000 dans le cadre de la lutte contre cette maladie en Afrique de l’Ouest. Les termes en gras et suivi d’un numero compte parmi les vedettes traitées dans la partie consacrée à la terminologie. CORPUS A TRADUIRE Chapitre 7 : Pathologie Dr Wayne Meyers et Dr John Hayman Pathogénie Compte tenu des résultats de l’histopathologie (1), de l’évolution naturelle d’une lésion ulcéreuse limitée “ classique ” ou “ typique ” et de la preuve expérimentale établissant la production d’une toxine nécrosante immunosuppressive par M. ulcerans. La pathogénie de l’ulcère de Buruli peut suivre l’évolution suivante. Après avoir été introduites dans le derme ou le tissu sous cutané, les mycobactéries passent par une phase de latence de durée variable avant de proliférer et de produire une toxine ayant une affinité pour les adipocytes et des effets cytotoxiques (2) sur ces cellules. La nécrose qui en résulte installe un milieu favorisant la prolifération de l’agent étiologique (3) qui, de ce fait, s’en trouve accélérée. Au cours de cette phase, la réponse cellulaire de l’hôte est très faible ou inexistante (en général l’intradermoréaction à la buruline est négative). A un certain moment, sans qu’on sache pourquoi ni comment, soit la toxine est neutralisée, soit les bactéries cessent de proliférer ou de produire la toxine. La guérison semble commencer lorsque l’hôte développe une immunité 50 à médiation cellulaire (4) contre des constituants de M. ulcerans (la réaction à la buruline devient positive). Les granulomes (5) détruisent alors l’agent étiologique et la maladie disparaît en laissant des cicatrices. Les lésions osseuses métastasiques viennent probablement de la présence de M. ulcerans dans le sang. Histopathologie Les biopsies (6) doivent être prélevées sur les bords de l’ulcère, mais elles doivent comprendre la base nécrosée et du tissu profond. Pour ce faire, on recommande l’excision qui, si possible, devra s’étendre un peu audelà de la zone creusée. Les échantillons prélevés à l’emporte-pièce peuvent ne pas se révéler satisfaisants car souvent, ils ne permettent pas d’observer certaines caractéristiques essentielles pour le diagnostic. Les échantillons venant de plaques ou de lésions œdémateuses doivent provenir de l’endroit qu’on estime être au centre de la lésion et comporter toutes les couches du derme et du tissu sous-cutané. Pour les études systématiques, la fixation dans du formol neutre ou tamponné suffit. Modifications histopathologiques Lésions non ulcérées Au microscope, les lésions cutanées préulcératives se présentent sous la forme de zones circonscrites symétriques de nécrose par coagulation contiguë dans le pannicule , le derme et parfois l’aponévrose . La coloration Ziehl-Neelsen révèle de nombreux bacilles acido-alcoolorésistants (7) extracellulaires (Planche 1), en général au centre de la zone nécrosée. La nécrose s’étend bien au-delà du foyer bacillaire. On observe un œdème dans la zone adjacente à la nécrose, mais remarquablement peu de cellules inflammatoires. Les adipocytes s’agrandissent, meurent, perdent leur noyau mais gardent leurs membranes cellulaires (cellules fantômes) (Planche 2). On constate dans de nombreux échantillons une minéralisation du tissu nécrosé. Les cloisons interlobulaires dans le pannicule sont épaissies et nécrosées et l’on observe en général une vascularite marquée avec occlusion fréquente des vaisseaux petits et moyens (Planche 3). 51 La nécrose continue du derme et de l’épiderme adjacent entraîne habituellement une ulcération, mais il arrive cependant que la nécrose et la prolifération des bacilles s’étendent latéralement dans le pannicule et l’aponévrose en épargnant relativement le derme et en n’aboutissant pas à une ulcération. On a alors une plaque et une forme œdémateuse de la maladie. Lésions ulcérées Dans la lésion ulcérée, les bords sont creusés par la destruction du pannicule (Planches 4 et 5). La base de l’ulcère est constituée de débris nécrosés et de fibrine . Sur le morceau de peau qui recouvre la lésion, on observe une nouvelle épithélisation sur les bords et une hyperplasie de l’épiderme, tandis que le derme reste partiellement épargné. Les bacilles acidoalcoolorésistants se limitent en grande partie à la base nécrosée de l’ulcère avec expansion latérale vers le pannicule, notamment les cloisons interlobulaires épaissies et l’aponévrose. Le muscle sous-jacent est rarement envahi. Lésions en voie de guérison Au début de la phase de guérison, on observe qu’une réaction granulomateuse d’hypersensibilité encore mal organisée se développe dans le derme et le pannicule. Ces infiltrations sont les plus marquées, juste au-delà de la limite de la zone creusée. Cette réaction finit par s’organiser en granulomes tuberculoïdes. La guérison et la cicatrisation suivent la phase granulomateuse. Lymphadénite Bien que les adénopathies cliniques ne soient pas une caractéristique marquante, les ganglions (8) lymphatiques à proximité des lésions sont envahis par les bacilles acidoalcoolorésistants, apparemment par le biais du drainage lymphatique afférent, et se nécrosent. Les ganglions lymphatiques régionaux peuvent également renfermer quelques bacilles (Planche 6) et manifester des modifications avec histiocytose et éventuellement une faible nécrose. Il ne semble pas que les réactions granulomateuses soient courantes dans les ganglions. Ostéomyélite Bien que l’on ne comprenne pas tout à fait la pathogénie de l’ostéomyélite, il est probable que l’os soit touché par propagation contiguë de l’affection ou par la présence de M. 52 ulcerans dans le sang. Au microscope, la moelle est nécrosée et les travées osseuses érodées. On observe en nombres variés des bacilles acido-alcoolorésistants et fréquemment des infections secondaires. Il arrive que l’os finisse par être complètement détruit (Planche 7). Chapitre 8 : Manifestations cliniques et traitement Dr Kingsley Asiedu, Dr Wayne Meyers et Dr Pius Agbenorku Variations géographiques En Australie, les patients consultent rapidement et la facilité d’accès aux soins médicaux permet de les traiter relativement aisément. Les complications et les séquelles de la maladie sont rares. On a émis l’hypothèse que les souches australiennes de M. ulcerans étaient moins virulentes que celles d’Afrique de l’Ouest. En revanche, en Afrique, les services médicaux ne voient la majorité des cas qu’à un stade avancé (ulcères importants souvent surinfectés) principalement à cause de la difficulté pour les patients d’y accéder. Les hospitalisations sont donc prolongées et les complications (par exemple les déformations par rétraction, les amputations) sont fréquentes et ont des effets dévastateurs. On a fréquemment recours à la médecine traditionnelle en Afrique. Si celle-ci se révèle souvent efficace pour certaines lésions bien choisies, elle ne peut pas éviter de graves rétractions si la lésion touche des articulations. De plus, elle ne pratique pas de greffes cutanées, ce qui a souvent pour conséquence de laisser apparaître des cicatrices dépigmentées. Celles-ci sont alors sensibles aux rayons actiniques qui peuvent produire à la longue des cancers cutanés. Définition de cas Cette définition s’appuie sur les recommandations émises par le Groupe spécial de l’OMS sur l’ulcère de Buruli lors de sa première réunion en février 1998 (voir Annexe 1) et par la Conférence internationale sur la lutte et la recherche relatives à l’ulcère de Buruli à Yamoussoukro (Côte d’Ivoire), du 6 au 8 juillet 1998. L’ulcère de Buruli est une maladie infectieuse impliquant la peau et provoquée par Mycobacterium ulcerans ; il se caractérise par un nodule, une papule, une plaque ou un œdème indolore qui évolue vers un ulcère indolore à bords creusés aboutissant souvent à des séquelles invalidantes. Il arrive parfois que les os soient détruits. 53 Classification des patients On les classe en deux groupes : les nouveaux cas et les rechutes. Nouveau cas : patient sans antécédents d’ulcère de Buruli et qui n’a jamais eu de traitement contre cette affection. Rechute : patient qui a déjà subi une intervention chirurgicale contre l’ulcère de Buruli et qui présente une ou plusieurs autre(s) lésion(s) localisée(s) au même endroit ou ailleurs dans l’année qui suit la fin du dernier traitement. Formes cliniques On reconnaît deux formes cliniques : évolutive et inactive Forme évolutive : l’infection est en cours et l’on peut distinguer deux formes : la forme non ulcérative et la forme ulcérative (9). Forme non ulcérative (Planches 8 à 12) Papule : lésion cutanée indolore surélevée de moins d’un centimètre de diamètre. Nodule : lésion ferme, indolore, palpable, souvent accompagnée d’un prurit, d’un à 2 cm de diamètre, localisée dans le tissu sous-cutané et en général adhérente à la peau. Celle-ci est souvent dépigmentée au-dessus de la lésion. Plaque : lésion indolore, bien démarquée, surélevée, ferme et indurée de plus de 2 cm de diamètre et à bords irréguliers. La peau est souvent dépigmentée autour de la lésion chez les personnes à peau sombre. Œdème : tuméfaction diffuse, étendue, ferme, ne prenant pas le godet, à bords mal définis, parfois douloureuse, avec ou sans modification de la pigmentation de la peau affectée. Elle peut s’étendre à une partie d’un membre ou à un membre dans son entièreté et elle s’associe à des troubles généraux (fièvre). Forme ulcérative (Planches 13 à 25) Lésion cutanée indolore, se caractérisant par un centre nécrosé, des bords creusés et une peau œdémateuse. En l’absence de surinfection, les ulcères restent indolores ou très peu douloureux et ils ne sont pas particulièrement malodorants. 54 Forme inactive : elle se caractérise par un antécédent d’infection avec une cicatrice affaissée en étoile, avec ou sans séquelles. Une séquelle de l’ulcère de Buruli (Planches 26 à 33), se définit dans la cadre du présent document, par une complication résultant directement de la maladie (déformations par contracture, perte de la vue par ex.) ou du traitement (amputation d’un membre par exemple). Il arrive rarement qu’un carcinome se développe à la suite d’un ulcère de longue durée. Diagnostic Clinique Comme l’infection à M. ulcerans entraîne des manifestations cliniques non spécifiques et qu’elle évolue lentement, elle doit être soupçonnée pour chaque nodule ou ulcère dans une zone d’endémie jusqu’à preuve du contraire. Environ 70% des cas se produisent chez des enfants de moins de 15 ans, sans distinction de sexe. La plupart des lésions se situent sur les membres, plus fréquemment sur les membres inférieurs que supérieurs. Les nodules sont des tuméfactions indolores localisées dans la peau et les ulcères présentent des bords creusés caractéristiques avec un dépôt nécrosé cotonneux ”à la base (Planche 5). Le fait qu’une personne ait résidé en zone d’endémie doit faire penser à la possibilité qu’elle ait contracté cette affection. L’anamnèse et l’examen physique suffisent souvent à poser un diagnostic raisonnablement précis. L’intradermoréaction à la buruline n’est pas utile pour le diagnostic parce qu’en général, le résultat est négatif au début de l’évolution de la maladie. La réaction se positive toutefois pendant le processus de guérison et après. En l’absence d’autres infections, les ulcères sont en général indolores, les symptômes généraux sont rares et l’on n’observe pas d’adénopathie clinique. De laboratoire Les frottis de la base nécrosée de l’ulcère révèlent en général à la coloration ZiehlNeelsen des amas de bacilles acido-alcoolorésistants (Planche 1). Les biopsies prélevées 55 correctement, c’est-à-dire en associant la base nécrosée, le bord creusé et le tissu sous-cutané donnent pratiquement toujours le diagnostic (Planche 4). On peut obtenir des cultures de M. ulcerans à partir de nombreuses lésions, qu’il s’agisse d’exsudats ou d’échantillons de biopsie, mais la croissance demande fréquemment de 6 à 8 semaines d’incubation à 32 °C pour être visible. Les techniques de biologie moléculaire, comme l’amplification génique (PCR) sont souvent utiles pour poser le diagnostic, en particulier lorsque la culture et les analyses histopathologiques ont donné un résultat négatif. Radiologique Elle montre fréquemment une calcification de la graisse sous-cutanée, qui peut survenir avec une lésion primaire de longue durée. L’ostéomyélite est une complication de plus en plus courante, notamment en Afrique de l’Ouest. Les examens radiologiques appropriés aideront à confirmer le diagnostic (Planche 7). Diagnostic différentiel (Planches 37 à 50) Pour des personnes expérimentées dans les zones d’endémies, le diagnostic clinique de l’ulcère de Buruli est simple en général. Il faut néanmoins envisager d’autres pathologies et le diagnostic différentiel comprend les affections suivantes : l’ulcère phagédénique tropical, diphtérie cutanée, actinomycose, noma, abcès mycobactérien, Pian Leishmaniose cutanée, phycomycose sous-cutanée, nodule onchocerquien, Scrofuloderme, nodule lymphatique, Abcès à staphylocoques, streptococcie cutanée, kyste mycosique sous-cutané, morsures d’insectes ou d’araignées, ulcères vasculaires, diabétiques ou variqueux, tumeurs malignes, brûlures, lèpre. Prise en charge clinique • Classification de la maladie Ce sont Muelder et Nourou qui ont proposé la première classification de la maladie avec comme premier stade le nodule, deuxième stade la cellulite, troisième stade l’ulcère et quatrième stade la cicatrice. On a trouvé que cette classification, même si elle représentait un bon début, était incomplète parce qu’elle ne tenait pas compte des autres formes de la maladie. En Australie par exemple, ce sont plutôt les papules que les nodules qui sont la norme. De plus, elle n’intégrait pas l’ostéomyélite et les formes disséminées. 56 Compte tenu de ces problèmes, la Conférence de Yamoussoukro a proposé une autre classification (Tableau 4). Bien qu’il faille encore obtenir l’accord final pour celle-ci, elle donne un cadre plus large à la classification de la maladie. Chapitre 9 : Prévention, Surveillance et Lutte Dr George Amofah, Dr Mark Evans, Dr Jordan Tappero Dr Kingsley Asiedu Il est reconnu que la prise en charge de l’ulcère de Buruli, une fois entreprise, se révèle frustrante et souvent ingrate. La nature chronique et souvent récidivante de cette affection la rend coûteuse à prendre en charge, à la fois pour le patient et pour les prestataires de service. En l’absence de médicament efficace, le besoin d’élaborer des stratégies de prévention et de lutte prime encore plus. Malheureusement, nos connaissances restent insuffisantes sur divers aspects de la maladie, à savoir le mode de transmission de l’agent causal. Dans ce chapitre, nous nous efforcés de compiler toutes les informations dont nous disposons, afin de préconiser des mesures possibles de prévention et de lutte. Modèle de prévention et de lutte Dans cette situation, il est utile de revenir au schéma classique de la maladie transmissible, à savoir l’agent, la (les) voie(s) de transmission, les facteurs associés à l’hôte et ceux liés à l’environnement, et de l’appliquer à l’ulcère de Buruli. On peut cibler les efforts de prévention et de lutte sur chacun de ces points et souvent sur plusieurs d’entre eux simultanément. L’agent L’agent causal est le micro-organisme ou le facteur responsable de la maladie et, dans le cas de l’ulcère de Buruli, il s’agit de Mycobacterium ulcerans. Pour provoquer la maladie, l’agent doit trouver un moyen de transmission de l’environnement à l’hôte sensible. Il doit être également capable de survivre dans l’environnement, chez l’hôte, ou les deux et de se reproduire. 57 M. ulcerans se reproduit par voie asexuée. Le réservoir de l’infection est soit le patient, soit l’environnement, notamment les sols marécageux et la végétation le long de rivières et de cours d’eau s’écoulant lentement. On ne connaît pas précisément sa persistance dans l’environnement. Transmission Pour l’instant, nous avons surtout des hypothèses dans ce domaine, mais il y a tout de même une certitude : M. ulcerans peut se transmettre par effraction dans la peau. On ignore s’il peut y avoir transmission directe à travers la peau intacte ou si, par exemple, piqûre d’insecte au moins est nécessaire. On ne sait pas non plus très clairement si la transmission directe d’une personne à l’autre est possible. Ce que l’on sait en revanche, c’est qu’une fois que la bactérie a pénétré dans le tissu sous-cutané de l’hôte, elle produit une toxine responsable des effets pathologiques. On sait que l’excision des lésions préulcératives avant qu’elles ne se transforment en ulcères permet de guérir la plupart des cas et, même en cas de récidive, d’éviter habituellement les déformations invalidantes. L’environnement Ce sont souvent les facteurs liés à l’environnement et à l’hôte, qui déterminent l’apparition et la gravité d’une infection. On trouve l’ulcère de Buruli dans des milieux chauds et humides, notamment lorsque la végétation est abondante, le sol marécageux et que des masses d’eau stagnent ou s’écoulent lentement. On sait que la construction de barrages sur les rivières et les cours d’eau crée un environnement favorable à la multiplication de l’organisme et donc des cas d’ulcère de Buruli. Cette maladie présente un certain caractère saisonnier, l’incidence augmentant pendant la saison des pluies qui coïncide avec l’époque où les agriculteurs travaillent dans leurs champs. 58 La pauvreté constitue également un autre facteur environnemental important car elle détermine l’accès financier et géographique aux services, et influe ainsi sur la morbidité imputable à la maladie. Le niveau d’éducation est un autre facteur important : il détermine le niveau d’hygiène personnelle, l’hygiène du milieu et la mesure dans laquelle les services et les messages d’éducation sanitaire sont reçus. Facteurs liés à l’hôte Bien que l’ulcère de Buruli puisse frapper à tout âge, ce sont surtout les enfants de moins de 15 ans qui sont touchés. La répartition en fonction du sexe est à peu près équivalente bien que, chez les jeunes, la maladie atteigne plus de garçons que de filles, alors que c’est l’inverse chez les adultes. On pense toutefois que cette observation est sans doute imputable à une exposition au microorganisme dans l’environnement qui varie selon le sexe de l’individu, plutôt qu’à une différence de sensibilité à l’infection. Les parties du corps exposées et susceptibles d’être lésées, comme les membres supérieurs ou inférieurs, sont plus sensibles à l’infection que d’autres moins exposées, comme le tronc ou les aisselles. Les récidives localisées au même endroit ou ailleurs sont courantes, ce qui indique que l’immunité à l’infection est minime si elle existe. Options en matière de prévention et de lutte Tout élément de la chaîne épidémiologique, c’est-à-dire l’agent, l’hôte, la voie de transmission ou l’environnement, est intéressant pour s’attaquer au problème de l’ulcère de Buruli et il est préférable de s’occuper simultanément de plusieurs d’entre eux. Il est possible de stimuler l’immunité à l’infection si l’on dispose d’un vaccin. Malheureusement, il n’en existe pas jusqu’à présent pour M. ulcerans. Il se pourrait que le BCG confère une certaine protection (61), mais elle est de courte durée et elle demande des rappels fréquents, ciblés sur la population à risque. On sait qu’une nutrition suffisante améliore la résistance à de nombreuses infections, mais l’on n’a pas encore étudié ce point dans le cas de l’ulcère de Buruli. 59 Une autre mesure de prévention primaire consiste à éviter les contacts avec l’environnement ce qui, à l’évidence, n’est pas facile à mettre en pratique, notamment pour les agriculteurs des communautés où cette maladie est endémique, car il est inévitable pour eux de côtoyer le micro-organisme dans l’environnement lorsqu’ils effectuent leurs tâches quotidiennes. Le port de vêtements de protection pour couvrir les parties exposées du corps pourrait s’avérer bénéfique. Il convient également d’encourager l’éducation sanitaire sur l’hygiène personnelle et celle de l’environnement, ainsi que sur les soins à donner à toute écorchure ou coupure. Le traitement rapide des lésions avec une crème antiseptique pourrait également conférer une certaine protection, bien que cette stratégie n’ait pas encore fait l’objet d’une évaluation. L’administration d’une anatoxine, si elle existait, permettrait d’agir sur l’infection une fois qu’elle a commencé. Actuellement, l’éducation sanitaire doit faire porter ses efforts sur l’identification et la notification précoces, de façon à pouvoir exciser les lésions avant qu’elles ne s’ulcèrent. Une collaboration étroite entre le système scolaire et les programmes de lutte contre la lèpre, le ver de Guinée, la schistosomiase, l’onchocercose et le pian pourrait favoriser le dépistage (10) précoce des cas. Il n’est pas facile d’agir sur les facteurs environnementaux. On s’efforcera de ne pas créer des zones marécageuses artificielles en construisant des barrages sur les cours d’eau, notamment dans les communautés où l’ulcère de Buruli est endémique ou à proximité. L’aménagement de puits à proximité des zones d’habitation réduit la fréquence des contacts avec l’organisme dans l’environnement. Le problème que pose cette maladie n’est pas seulement de nature médicale, il dépend également du développement. Par conséquent, le développement socio-économique général de la zone devra faire l’objet de gros efforts : construction de routes, installation de services d’éducation et de santé. Comme la plupart des personnes vivant dans des communautés où l’ulcère de Buruli est endémique sont pauvres, on ne soulignera jamais assez l’importance de fournir gratuitement ou à un prix très subventionné les services pour la prise en charge de cette affection. En effet, il ne sert à rien d’informer les gens et de les inciter à aller consulter le plus rapidement possible afin de pratiquer une excision si, faute de moyens, ils se trouvent dans l’impossibilité de bénéficier des services disponibles. 60 Au Ghana, l’expérience a montré que le principal moyen d’éviter les horribles déformations associées à l’ulcère de Buruli, consiste à mettre en place un système permettant d’identifier et d’exciser les lésions préulcératives, de préférence dans les services de santé des districts d’endémie. Résumé des mesures de prévention et de lutte dans toutes les communautés d’endémie 1. Messages d’information, d’éducation et de communication sur : la maladie ; le traitement des lésions ; l’hygiène personnelle et l’hygiène de l’environnement ; le port de vêtements protecteurs, là où c’est possible ; les zones marécageuses, à éviter si possible ; la détection précoce de toutes les lésions dermiques et l’intérêt de se présenter rapidement au service le plus proche pour un dépistage. 2. Création d’un système de surveillance à base communautaire. 3. Mise en place d’un système accessible pour l’excision de toutes les lésions dermiques suspectes avant l’ulcération. 4. Vaccination des nourrissons par le BCG, intégré dans le cadre du PEV. 5. Installation de puits dans les communautés. 6. Développement socio-économique général de la zone. 7. Services gratuits ou à prix subventionné pour les patients atteints de l’ulcère de Buruli. 8. Réadaptation de ceux qui souffrent déjà de déformations. 61 TRADUCTION DU CORPUS Ngap zambgálá : m̀ fasɛn ákɔ̌n Part septième analyse maladies Dɔ́bəda Waynz Meyer bân Docteur Waynz Meyer Ndɔ́ŋ okɔ̌n dɔ́bəda Jean Hayman émbə bə́ ngáatili lui avec docteur Jean Hayman rel cl2 3pl P3 +écrire nyúl(1) á Histoire maladie dans corps Éyɔŋ bǐ anɔ biyalɛ́n yə á mimfas bíləmbə mí alə́də bía é kán Quand 1pl prendre résultats de dans analyses microscope cl 4 montrer 1pl comment okɔ̌n ó man ya ándáman nyúl ai ǹnáŋɛ́n maladie cl 3 finir Concl. détruire avə́ŋ á nə́ et dem cl7 marque rel cl 7 montrer que poison microbe Pron Renf cl3 endolorir corps histoire UB eyɔŋ óngə́ngə́mə a nyínə ya á mé hə́, á bí nə UB nâ: evolution et croissance Poss cl 4 3pl être +Prés que ngab bɛ̌ yá ékob ngə́ kig á cl11 entrer Accom dans derme Á ngaatólɛn « zəzə » ngə́ kig ndəm dzə álədə nâ ǹsul óngə́ngə́mə́ atɔ̌m éngwoá ó a tugulu nyúl. Ndɔ́ŋ atɔ̌m, ǹnáŋɛ́n ai məyé lorsque microbe é nə corps et accroissement ulcère cl7 être+Prés simple ou bien « ŋgumkan » ai é plaie cl5 être+Prés particulier fól miamlɛn ǹsul ó afəm ndaləgá oubien dans enveloppe avɔ́ŋ ó tɔ̌ fə dzam 3sg Inch+se déverser Intens 3sg répandre poison cl3 raffoler graisse cl3 Etat Réit Prob áwé angəngáb nyúl(2), nyúl é tuer cellule kalan(3), átɔ̌m á ǎ agent étiolique fwé Éyɔŋ tě, angəngáb nyúl mod Ngə́kig á tě dzə́ abɔ nǎ ai nǎ okɔ́n ó bul UB cl1 se multiplier+Prés et que maladie cl11 Exag Aggraver+Prés. Temps là cellule ou bien Éwemənga corps cl7 Inch+desquamer.Ɗesquamation là rel cl10 faire que óngə́ngə́mə yág. ngaweme. sə́ kig fə cl1 Neg dzǎm bi á nə́ dzǎm alúmɛn otə̌təg, homme cl16 pouvoir+Prés Prob combattre doucement ngul yə álúmɛn ai angə́gə́mə atɔ̌m. Réit Prob avoir+prés force suppl cl7 combattre avec microbe UB 62 bə adzódzó nǎ, ngə́ bə́ alúm 3sg Prés +dire +Red que si bələ́ mod óndəndɔ ǎ 3sg Prés +piquer homme piqûre nâ dzə ayídɛn ai Parfois, təgɛ fə ó nə alors piqûre tádi nâ ó akə́ fwá á zəzə. là cl11 partir Intens pour rien. man, ngə́ kig ángə́ngə́mə,bə́ poison cl3 pouvoir+Prés Inch que cl3 finir ou bien afwe ngə́ kig ábyé Neg Reit se multiplier ou hə́ qui +Prés tester quantité force corps cl3 atɔ̌m éyɔŋ tě, ondəndɔ tě á posseder+Prés pour rel cl3 lutter +Accom avec UB Abǒg éziŋ kig, ǹsul fə́b ábím ngul nyúl é nkɔkɔ̌n ó né microbes cl16 ǹsul, bə́ təgɛ yəm ású dzé. Éyɔŋ tə̌ ndə produire+Accom poison 3sg Neg savoir pourquoi temps là donc dzǎm tádi nâ ó abɔ mvâ, amú ngul azombǒ nyul(4) Intens malade cl3 pouvoir+Prés Prob Inch que cl3 Fact guérison, grâce à force resistence corps (eyɔŋ tě ndə fwá ondəndɔ bǐ dzó a nə́ dzǎm wóge ngə́ bə́ (temps là donc Insist piqûre 1pl dire+Prés cl11 Pouvoir+Prés Prob se ressentir si alúm nyə́ 3sg nkɔkɔ̌n). injecter rel cl11 malade) Minló mí fól(5) mí awé hə́ Têtes cl3 ulcère cl3 tuer ngalɛd é ángə́ngə́mə dá Intens microbes lígi akalɛn atɔ̌m, fól cl11 transmettre+Prés UB, é ulcère cl10 bifəl. Inch+cicatriser cl 10 laisser+Prés cicatrices. Ǹdíbɛn bivɛs ó nə fwá dzǎm kɛ̂ amú uluséránəsə a nə Rongement os cl3 Pouvoir Insist Prob commencer car M. ulcerans cl16 être+Prés á məki été. dans sang dedans Mimfas mí okɔ̌n á bilə́mbə Analyses cl6 maladie dans microscope Osélé yə á nyúl dzə́ akə á mimfas bílə́mbe(6) , ó ayaan Action de peler de dans corps rel cl3 partir+Prés chez analyses microscope cl11 devoir 63 bɔbɛn á mboməná fól ai á ndaləgá yə a édɔ́g fól. Asú tě, se faire sur pourtour ulcère et sur membrane de dans profondeur ulcère. Pour ce faire, bə́ abénde nǎ : ǹwámɛ́n, ngə́ o nə 3sg Prés +recommander que: action de racler, si é vóm fól ě man ye dzǎm bɔ, ó ayaan adaŋ cl3 Pouvoir+Prés Incert faire, cl3 devoir+Prés dépasser á fág. É bǎn bisə́dəga bə́ avaa dem endroit ulcère cl7 Concl Term creuser+Accom. dem petit éraflures 3sg enlever+Accom ai fím bí a sə́ kig ai avec puissance cl8 Neg tə́ nɔŋ ngə́ á ǹfíá asú mimfas mí é vóm kig bə́ ǎ avec utilité pour analyses rel cl4 hôpital dem cl8 Intens 3sg Ms məbád, ngə́ á mintugəlɛ́n, mí Accom prendre soit dans cl4+plaque soit dans lésions sɔ́ dɔ́bə́dɔ. É bí bə́ atsog nâ é ngɔ ó mvím bí ayiɛnə rel cl4 œdème cl 8 devoir+Prés nə á zǎŋ ǹtugəlɛ́n. Provenir dem endroit 3Sg Prés+penser que Pron Renf cl11 être+Prés dans centre lésion. Bisə́dəga bí tě bí ayaan fə abi mye ésə́ yə á ngab bɛ̌ yə á ekob Echantillon cl8 Intens cl8 devoir+Prés Réit contenir niveau tout de dans derme ai é mí yə á ndaləgá yə á ekob sí. Asú yə nâ avec dem cl 8 de dans membrane de dans peau en-dessous. Afin que mimfas mi bɔ á sánsán, bə́ â yaan analyses rel cl3 faire+P1 limpide du ngə́ átáb bisə́dəga á 3sg Prés+devoir immerger ou imbiber échantillons dans zəze formol. simple formol Mintséndɛ́n mimfas mból okɔ̌n ó a man andáman nyúl Modifications analyses du fait de maladie cl11 Prés Concl + endommager corps Ńtugəlɛ́n ó ngə́nə təg kúlɛn Lésion Á cl 3 Itératif bilə́mbə, fól Neg devenir+Accom ulcère ńtugəlɛ́n Dans microscope lésion yə á ekob ó mbə́mə kúlɛn fól ó de dans peau cl3 bientôt devenir+Accom ulcère cl3 64 a yə́nə anə́ abád á bələ́ biwoməga ai mboməná ású ǹwónɛ́n Prés+se voir comme plaque cl5 avoir+Prés nécroses avec délimitation due à coagulation avɔŋ dzə yə á ngab bɛ̌ yə á ékob ai graisse de dans épiderme Éyɔŋ bə́ afə́b é ndaləgá áwamɛn minson. avec cl3 membrane rel cl3 Prés+envelopper+Accom muscles. á məyaŋ mə Ziehl-Neelsen bə́ ayén á angəngáb nyúl, Quand 3sg Prés+tester dans coloration cl6 Ziehl-Neelsén 3sg voir+Prés dans cellules abwí ángə́ngə́mə á beaucoup microbes zǎŋ ngul tɔ Nécrose avís ángə́ngə́mə á microbes á aləkól étéde(7), á cl16 être+Prés force même dans alcool dedans ewoməga. Ewoməga tě dzə́ milieu nécrose tas nə́ ayamɛn é dans lodo é vom là rel cl 7 se répandre+Accom cl7 dépasser+Prés dem endroit nə́. cl16 etre+Prés Mvím dzə́ bulu yéne é vóm ó ladá ai ewoməga, Œdème cl9 Intens se voir+Prés dem endroit cl11 coller+Prés avec nécrose, və ńtugəlɛ́n angəngáb nyúl kig mais lésion cellule ngawú, bí abɔ́d. Bimvúm bí avɔ́ŋ bí Intens peu. ngadzɛ̂ mimbǎŋ və angəngáb nyúl, ábám leurs (fantôme cellule Á bí Particule cl8 graisse rel cl8 Duratif+grossir rel cl8 duratif+mourir rel cl8 duratif+Perdre noyau bábá (kón ngavús, bí baala bə ndaləgá mais relcl8 Prés+conserver pl. membrane bɛ̂). planche deuxième) mimfas, abwí bisə́dega da alə́də́ nâ nyúl é mǎn yə Dans analyses beaucoup échantillons rel cl8 montrer que corps rel cl7 finir + Term áwu é vom biwoməga bí mourir dem endroit nécrose məvɔ́ŋ sí, nə. Bəńtsígi yə á cl 8 être+Prés. Cloisons de dans cercle bə́ ngafib ai wome. Eyɔŋ tě bə́ ngabɔ graisse en-dessous, 3sg duratif+épaissir et nécroser Alors tiŋdɛn, ngiləná mintalɛn yə á é bá bə́ nə́ tissus de dans mbán yə á 3pl Duratif+faire constance à abɔ́d ai é bá bə́ nə́ yiɛ́n (abám lála) s’en entrelacer+Accom, ceux qui être+Prés petit et ceux qui être moyen (planche troisième). 65 Éyɔŋ ngab bɛ̂ yə á ekob ai é nyí osú Quand derme awéme yə a é ladá ai dzə bí á tadi nâ bí et celui premier rel cl3 contigü avec lui 3pl Inch təgɛ eté, nála ó a súgəlɛn fól que 3pl kɔ́m ésə. Prés +desquamer sans cesse, cela rel cl7 se terminer+Accom ulcère tout le temps Və é nə dzǎm kwí nâ ewoməga ai ǹtógə́lɛ́n Mais cl 7 Pouvoir+Prés Prob arriver que nécrose bí yamɛ́n á cl8 se répandre sí mbɔ́ ǹnóm ai á vers côté droit ai á et prolifération microbes mbɔ́ ngál mə́vɔ́ŋ yə á wamɛm minson, é en-dessous et dans membrane rel cl5 séparer+Prés muscle derme é ekob et vers côté gauche graisses de dans peau ndaləgá dzə ngab bɛ̂ yə á ekob nə́ ángə́ngə́mə fól é bɔ sáála tə́ é relcl7 esquiver+Prés Attén dem təgɛ bɔbɛn. Bə mbələ́ hə́ pour que ulcère rel cl7 Caus Neg se faire+Accom.3sg obtenir+Prés Intens kan atɔ̌m á nə́ abád ngə́ e ndí á nə́ mvím. dem genre UB rel cl5 être+Prés plaque ou dem cl5 cl 5 être+Prés œdème Ńtugəlɛ́n ó nə́ Lésion fól cl3 être+Prés ulcère É vóm fól atɔ̌m ě ńtɔ ya, ḿboməná ó afâbɛn Là où ulcère UB rel cl7 demeurer+Prés Accom, pourtour rel cl3 creuser+Accom amú ndámɛ́n avɔ́ŋ (abám nyina ai é dí tána). à cause de destruction+Accom graisse (planche quatrième et celle cinquième) Tín fól é bələ́ menyuŋ mə́ tɔ̌ ǹwemɛ́n mə́ bələ́ fə fibína Base ulcère cl7 Prés+avoir miettes cl6 Etat nécroser+Accom cl6 contenir+Prés Réit fibrine Á mǎn ekob ǎ búdi fól, mkpámág ndaləgá ó ngənə angəngáb nyúl, ó Dans petit peau qui couvrir+Prés ulcère, nouveau membrane cl3 encore cellule akwí á məkug mə́ fól. sortir+Prés dans côtés ekob ósú, dá Ǎ fə nâ angəngáb nyúl á cl6 ulcère. De plus atádi nâ dá atólɛn cellule nə́ cl3 á cl5 être +Prés dans tólɛn é kan dzə áyaán kig, é épiderme rel cl 16 Inch que rel cl16 proliférer Red du genre rel cl9 falloir Neg, dem 66 ngab bɛ̂ kig derme dzə é bɔɔ mvɔ̌ abím eziŋ. Intens rel cl3 Prés+devenir guérisson partie quelconque Ángə́ngə́mə dá ngan microbes á aləkól dá nga daŋ fɔ́ɔ ́ súg və á cl5 Prés+resister dans alcool cl5 Duratif surtout Intens se limiter Attén dans tín fól, á ayamɛn á mbɔ́ ǹnóm ai á mbɔ́ ngál ńfág avɔ́ŋ á né, base ulcère, cl se répandre+Contin vers côté droit á dǎŋ daŋ ńfág bə ntsígi yə á ngilənə mintalɛn yə á notamment là où pl cloison de dans cercle ngaman yə áfib ai é et vers côté gauche là où graisse cl 5 être+Prés tissus ai dzɔ́ ó nə́ ayé bə́ de dans graisses en-dessous 3pl ndaləgá dzə á wamɛn Duratif+finir Term. épaissir et dem membrane rel ladá məvɔ́ŋ sí minson. Ńson ó cl9 séparer+Accom muscles muscle cl3 yə á bili. être coller+Accom. à rel cl3 être+Prés difficile de être affecter Ńtugəlɛ́n ó ngalɛd Lésion ya cl3 Duratif+guérir Term Á mətádí mé ǹlɛdɛ́n, bə́ abílí nâ fól dzə akúli Au commencement cl6 guérison, 3sg Prés+remarquer que ulcère rel cl10 Prés +sortir miǹló mí têtes tɔ̌ kási mí tɔ̌ fə á zamzamzam, á ngab ekob bɛ̂ ai á rel cl3 Etat hypersensible rel cl3 Etat Réit désorganiser+red, dans derme avɔ́ŋ yə á ekob sí, amú mə́ lúməná. Miǹló mí tě é mi et dans mí adaŋ graisse de dans peau en-dessous, à cause de cl6 réaction immunitaire.Tête cl4 là rel cl4 cl4 Intens yéne, mí lodo é vóm ndyɛ́n ó nə́. Məlúməná mə́ tě mə́ se voir+Prés cl4 dépasser +Prés dem endroit ronger+Accom cl3 être +Prés. Immunité cl6 là cl6 ngasúgəlán á kóɛn ai ábɔ miǹló mí tɔ̌ anə́ məkwé. Mvɔ̌ Duratif+finir par s’entasser +Prés et Prés+faire têtes cl3 Etat comme tubercules. Guérison Ai ǹlɛdɛ́n bí ngatoŋ. et cicatrisation Pl Duratif+suivre+Prés 67 Mimbǎŋ ganglions Afíá a bɔ naa ǹkúlɛ́n Malgré que dá nə́ ngul mimbǎŋ ó tǐ kig və apparition ganglions cl3 être lier+Prés Neg Attén à UB, microbes təgɛ á bísi dzə aləkól dá ayamɛn cl16 être fort+Prés Neg se soucier même alcool bebe á mimbǎŋ mí nə cl 16 envahir+Prés+Accom dans ganglions cl4 être+Prés ai ǹtugəlɛ́n, mimbǎŋ mí ngaweme. proche de lésion, é ai atɔ̌m, ángə́ngə́mə Bə́ avə̌vəg nâ ganglions cl4 Duratif+nécroser+Prés.3sg supposer+Red même que bidzúdzúg bí alod vóm tě é mbiə bí a dudu dem. écoulements lymphatique cl8 Prés+passer endroit là rel cl 8 cl 8 Prés+attirer ángə́ngə́mə ńfáá mimbǎŋ mí nə́. microbes Mimbǎŋ yə á məfóla mə́ tě mí nə vers ganglions cl8 être+Prés. Ganglions de dans endroits cl6 là cl4 être+Prés Réit dzǎm abi angəgəmə abím eziŋ (abám saman). Mí nə fə dzǎmá tsénde Prob avoir microbe quantité quelconque (planche sixième ). Cl4 être +Prés Réit Prob amú fə bəzimbi yə á nyúl bə́ alúmɛn ai akɔ̌n Prés+changer bə́ adzug, parceque soldats de dans corps cl2 se battre+Prés avec maladies 3pl être léser +Accom, mimbǎŋ mí ntɔ̌ tə́ dzǎm aweme. Bə́ avə́g ganglions cl4 Etat Attén Prob dzug Fréq. abɔ se nécroser 3sg supposer +Prés Intens que tête s cl 4 Perm. ákwí á mimbǎŋ. Prés+ apparaître dans ganglions. Okɔ̌n bivɛs Maladie os A fíá abɔ nâ bə́ ngə́nə təgɛ twánə áyəm ndɔ́ŋ okɔ̌n bivɛs, á nə dzǎm Malgré que 3sg Itérat Neg vraiment savoir histoire maladie os, 3sg être +Prés Prob nâ evɛs é bilí amú ǹkalɛ́n yə á fól e ladá ai evɛs tě factitif que os ngə́ kig amú ou kig nâ miǹlɔ́ mí akad cl7 être atteint car contagion de dans ulcère cl7 être contigü à os là óngə́ngə́mə atɔ̌m á bien parce que microbe UB nə́ á məkǐ été. cl1 Prés +être dans sang dedans. 68 Á bilə́mbə, fɔ́ŋ ai moga bí aman yə á dúŋ. Bə́ abíli Dans microscope, moelle et articulations cl8 Concl Term effriter. 3sg observer+Prés ángə́ngə́mə məkán məkán yə á bə́ abísi microbes áfə́ á sortes Red ngabíáli de 3pl vóm kig aləkól, ai abwí biyɔŋ craindre Neg alcool et très tě. A nə kwí akɔ̌n souvent maladies nâ evɛs é man fɔ́ɔ ́ autre cl16 Duratif+naître endroit là. 3sg pouvoir arriver+Accom que os cl7 Concl Insist andáman (abám zamgbála). détruire (planche septième) Ngab mwomo : məndəm mə́ okɔ̌n Chapitre huitième : marques ai məbálá yə á été cl6 maladie et remèdes de dans dedans Bədɔ́bəda Kingsley Asiedu, Wayne Meyers ai Pius Agbenorku embé bé Docteurs Kingsley Asiedu, Wayne Meyers et Pius Agbenorku eux cl2 ngatili. P3+écrire Minsəlɛ́n mimbɔɛ́n á différences pratiques məsí məsí chez terres terres Á ǹnam Ausətəralía, miǹkɔ́kɔ̌n mí akə á ndá byaŋ avól avól, nála ó En pays Australie, malades cl4 partir+Prés dans hospital rapidement Red, cela cl11 ngabɔ nâ bə́ syébɛ́n təgɛ ayé. Á wé ǹyáɛ́n ai biyə́m bí atǒm bí Duratif+faire que 3pl se soigner Neg difficulté. Là bas aggravation et séquelle pl UB 3pl nə ayé. Bə́ ngavəvəg nâ ángə́gə́mə yə á Ausətəralía dá être +Prés rare. 3sg Dur+supposer+Red que microbes de chez Austrilie mətóm anə́ edi yə á Afiríka, minkɔkɔ̌n mí adaŋ kə Afrique malades yə á yág (abǒg eziŋ, éyɔŋ fól couché ciel á ndá byaŋ və cl 4 Intens partir+Prés à hôpital Term s’aggraver (parfois rel cl16 Neg etun Afiríka yə á ǹyímbi dzób. Və pernicieux comme dem cl16 de dans partie Afrique de e ngabulu dzam dá á Restr mais éyɔŋ atɔ̌m á Rest quand UB yə sə́kig á tóg) en, ngabulu cl16 Dur+Intens á daŋ daŋ quand ulcère cl7 Duratif+Intens Term s’aggraver) surtout Red 69 amú minkɔkɔ̌n mí akád à cause de malades asyé. Etɔ̌ kwí é vóm bə́ nə́ bə́ dzǎm cl4 inaptitude arriver+Prés dem endroit 3sg pouvoir+Prés cl2 Prob yə á dɔ́bəra é ntɔ̌m bə̂ kɔ́m ai biyə́m (mintsígán soigner. Séjour de à hôpital cl7 être+Fréq Intens longtemps et handicapes (ablation bidzo bí nyúl, mí nə mbán á membres cl8 corps cl4 être+Prés Fréq ayə́nə; ńtugələná yə été prép se voir; lésion ó ntɔ̌ de dedans cl3 être+Prés eyə́gán yə a abwí. Exag de beaucoup. Á Afiríka minkɔkɔ̌n mí adaŋ daŋ asyébán á məbálá bətí. En Afrique malades cl 4 Infin Intens se faire soigner chez médécine traditionnelle Mâ mə́ akada fwá asyé akiá məfól eziŋ. Və éyɔŋ okɔ̌n ó 3pl cl4 Perm Insist traiter+Accom type ulcères quelconque. Mais lorsque maladie cl11 namba yə a mooga, məbálá bətí mé ntɔ̌ təgɛ fə awóg. toucher Term articulations médécine traditionnelle cl4 se revéler+ Prés Neg Réit efficacité Á nə fə nâ á məbálá bətí bə́ sə́ kig dzǎm akə́ 3sg être+Prés Réit que chez médécine béti 3sg Neg Neg Prob vóm ǹfə́ nə́ bə́ abaa dzə́ á byə́m anɔŋ ekob partir prendre peau bí zóde bifəl. endroit autre pour que 3sg coller+Prés rel cl7 sur atypique cl8 dépigmentation cicatrices. Bifəl bí tě bí asyébɛn ai minkokwe miziŋ Cicatrice cl8 là cl8 soigner+Accom avec rayons akitiník bə́ a adzó nâ bí nə bə́ a nâ quelconque 3sg Prés appeler que dzǎm asɔ́ ai kaŋsɛ́r yə á actiniques 3sg Prés dire que 3pl pouvoir+Prés Prob causer avec cancer ayǎb éyɔŋ. long temps alóé ekob amvús de dans peau après 70 Mətimi mə́ okɔ̌n explications cl4 maladie Ǹtiməná okɔ̌n tě ó yə́mə ngúl á miyómə́lɛ́n mí OMS a ngávə́ précision maladie là cl11Prés+appuyer force dans recommandations cl4 OMS cl1 P3+donner á ekóán nén ósú ású atɔ̌m. É pendant réunion grand premier pour UB. mbú 1998 (ákiá é kálada á année 1998 (comme dem livre ekóán yə á é Dem P3+faire atǐ ai é nyí a ngɔn bɛ̌ yə á pendant mois deuxième de ds á lə́də) osúsua é moda cl16 lier avec dem cl16 M.S montrer+Prés) avant de grand məsí mə́sə́ ású ndǔm ai réunion de dans terre tout ngábɔbɛn á bífas bí tǐ ai atɔ̌m, á pour combat avec recherche cl8 être lier+Prés à UB, ngákə tóbɛn á kotədivwar á dem P3+aller rencontrer+Accom en Côte d’Ivoire rel cl8 tíswan bə́ alóé dans ville nâ 3sg Prés+appeler que Yamusukuru, ngɔn zamgbála é tɔ̌ məlú mə́ samɛn a kələ kwí məlú Yamousoukourou, mois septième dem être+Prés jour cl8 six jusqu'à jours mwom. huit Atɔ̌m á nə okɔ̌n ó a abwali ékob. UB cl16 être+Prés maladie cl16 Inf pourrir+Duratif peau Óngə́ngə́mə ǎ microbe yə á akalan wɔ́ a a nə dzwé nǎ ulusə́ranəsə ; məndəm cl11 transmettre rel cl16 3sg être+Prés nom que Ulserans; okɔ̌n tě mə́ nə nǎ : étúd, atólóg, abád, marques ngə́ kig mvím e tɔ̌ de dans maladie là cl4 être+Prés que : nodule, papule, plaque, ou bien œdème cl5 Etat təgɛ atɛ́, é ngakə dzə ayɛbɛn é vəŋənə fól é Neg être douloureux, cl 5 Durat+aller rel cl6 s’ouvrir+Accom cl5 devenir+Accom ulcère cl9 tɔ̌ təgɛ atɛ́, minkom myé Etat+Prés Neg être douloureux+Prés, bords nə fə dzǎm asúgulɛn mí tɔ̌ ǹvundɛ́n; mí poss cl6 cl6 Etat+Prés creuser+Accom; cl 6 biyə́m. Á nə kwí nâ okɔ̌n tě ó être+Prés Réit Prob aboutir +Accom sequelle 3sg pouvoir+Prés arriver que maladie là cl11 71 ndáman bivɛ̌s. abimer +Accom os Məkán minkókɔ̌n genres malades Bə́ atə́lə bə́ bityé bíbɛ : mimkpámág minkókǒn ai é bá yə á okɔ̌n 3sg placer cl4 positions deux : nouveau malades avec dem.cl2 dont maladie ó a akúlɛn. cl10 Prés rechuter+Accom Mkpámág nkókǒn ó nə é wí ó ngə́nə yə á təgɛ tám ákɔ̌n atɔ̌m Nouveau malade cl10 être+Prés dem. cl10 Itératif Term Neg Fréq être malade UB ngə́ á nɔŋ məbálá yə á eté. ou prendre traitements de dans dedans Bə́ adzó nâ atɔ̌m dá akulɛ́n éyɔŋ nkókɔ̌n éziŋ áó tə́ 3sg dire+Prés que UB cl16 rechuter+Accom quand malade quelconque qui cl10 Fréq yə asaləbɛ́n atɔ̌m, ǎ fə Term se faire opérer UB, anɔŋ nâ ḿbú ó tsáá ai é wí ó ngákɛ́nə et Réit que année cl3 suivre+Prés avec rel cl10 cl10 P3+Fréq məbálá, nkókɔ̌n tě ó á adúgɛn bi avə́ŋ dɛ́, prendre+Prés remèdes, malade là rel cl10 Prés recommencer avoir+p2 plaie un, ngə́kig abwí ou mə́və́ŋ áfola bə́ plusieurs plaies É mod ngatǎm nyə́ asal atɔ̌m ngə́ kig afóla afə́. là où 3sg P3+Fréq rel cl 10 opérer UB á ngatǎm yə á asaləbɛn Dem homme cl1 P3+Fréq Term Inf se faire opérer ǹtugəlɛ́n é vóm bə́ ngatǎm nya lésion là où asal ḿbú nâ bə́ aman yə á nyə atɔ̌m ai á UB ngə́ kig vóm 3sg P3+Fréq rel cl1 opérer+Prés ou ou bien endroit autre. dúgɛn abi et qui Itératif avoir ǹfə́ á mvús ngúmba endroit autre après entier asyé. année que 3sg Concl Term Inf rel cl1 traiter+Accom Ǹtaɛn yə á ndá biaŋ Classification de dans hôpital Atɔ̌m dá nə kán é bɛ̌ : é wí ó a náŋ ai é wí ó tə́lə́. UB cl16 être +Prés type cl9 deux : dem cl10 Inf grandir+Prés et dem cl10 être statique 72 Éwí Dem simple plaie zəzə avə́ŋ ó a náŋ : akia mbwalɛ́n tě a nə atâbɛn kán ébɛ̌; cl 10 qui évoluer+Prés: sorte pourriture là 3sg pouvoir+Prés se classer type deux: et ulcère ai fól. Zəzə avə́ŋ (a tádi á abam 8 a kələ kwí é dí 12) simple plaie (A commencer par planche 8 jusqu’à dem cl5 12) Atólóg : ntugəlɛ́n yə á Papule: mvúsɛ́n lésion ékob ó tɔ̌ tagə tɛ́. Ó nə fə de dans peau cl3 Etat Neg être douleux+Prés.cl3 être+Prés Réit təgɛ kwí tsəndé dziá á ndam. enfler+Accom Neg atteindre+Prés centimètre un de large Etúd : alɛd ǹtugəlɛ́n yə á Nodule: dur lésion de dans peau dessous cl3 coller avec rel cl7,cl3 Etat Neg atɛ́, bə́ tɔ̌ dzə́ ekob sí tsəndé ai dzǎm abóbe, ó tɔ̌ être douloureux, 3sg pouvoir+Prés rel cl7 Prob Étúd é nə ó bǎ tater, dzə́, fə təgɛ dzǎm ayaan. cl3 pouvoir Réit Prob démanger. dziá ngə́ é bɛ̌ á ndam. Ékob yə á Nodule cl7 être+Prés centimètre un ó tɔ̌ asú étúd ou deux de largeur. Peau de dans extrémité nodule dzə́ a kadə bɔ̌ zóde. rel cl7 Perm Etat dépigmentation Abád : ǹtugəlɛ́n ó nə́ Plaque: lésion ó nə́ fə təgɛ tɛ́, ó tɔ̌ alɛd ai afib, cl3 être+Prés Neg être douloureux, cl3 Etat dur avec épaissseur, m̀ vúsɛ́n ó alodo tsəndé é bɛ̌ á ndam. Ḿboməná wě a cl3 être+Prés Réit enflement cl3 dépasser centimètre deux de largeur.diamètre poss cl3 nə bilamvomba, a selɛn ai ékob evɔ́g amú a nə être+Prés être+Prés maldéfini, cl3 être différent+Prés de peau autre parce que 3sg être+Prés afib ai alɛd. Á bə é bod bə́ avín, ékob dzám abomɛn ǹtugəlɛ́n dzə́ épaisseur et rudesse Chez cl 2 dem personnes cl2 noirceur, peau rel cl 7 entourer+Prés lésion a kadə bɔ́ zóde . Prés Fréq faire+Prés dépigmentation rel cl 7 73 Mvím: alɛd ḿvúsɛ́n ó ayamɛn, ó tɔ̌ təgɛ líg edúág; Œdème rudesse enflement cl3 répandre+Récip, cl3 Etat Neg laisser+Prés creux ; ḿboməná təgɛ toanə diamètre á yéne, ó tɔ̌ dzǎm atɛ́ ngə́ kig təgɛ Neg véritablement Prés+être visible, cl3 Etat Prob être douloureux ou bien Neg atɛ́; a tɔ̌ fə nâ ékob yə á ḿboməná mvím é nə dzǎm abɔ̌ être douloureux; 3sg Etat Réit que peau de dans pourtour œdème cl7 être+Prés Prob être esúsóde ngə́ kig təgɛ tsə́nde nyúl. É nə dzǎm ayamɛn á etun dépigmentation ou bien Neg changer corps. 3sg Pouvoir Prob se répandre vers partie edzo ngə́ kig á edzo ésə. Á nə́ fə dzǎm asɔ́ ai abim membre ou bien vers membre entier 3sg Pouvoir Réit Prob arriver avec quantité entier endə́gə́lə́ á nyúl ésə (ánə́ mbédán ayóŋ). tourment dans corps entier ( Comme augmentation chaleur) Fól : (a tádəgi á abám 13 a kwí é di 25): É fádɛn atɔ̌m é nə́ fól Ulcère: (A commencer par planche 13 jusqu’ à celle 25): dem cl9 type UB cl7 être ulcère é nə ńtugəlɛ́n ékob təgɛ tɛ́ cl7 être+Prés lésion Ḿboməná ó tɔ̌ ó bələ́ biwéməga á peau Neg être douloureux cl10 avoir+Prés nécroses m̀ fáɛ́n ai ekob é tɔ̌ mvím. zǎŋ. dans milieu. Ngə́ ǹtógɛ́n mɔ́mɔ́, Contour cl10 Etat creuser+Accom avec peau cl7 Etat enflement.Si agggravation nul fól təgɛ atɛ́ ngə́ kig éyɔŋ mintɛ́ mí nə́ mí nə abɔ́d. ulcère Neg être douloureux ou bien lorsque douleur cl4 être+Prés cl4 être+Prés infime. Məfól mə́tě mə́ nə fə təgɛ akúndi mbé enyum. Ulcères cl4+là cl4 être+Prés Réit Neg dégager mauvais odeur. É kán dzə ayáág kig : dzə a kwí é vóm ó ngátam Dem type rel3 Prés+aggraver Neg: rel cl3 Prés+apparaître dem endroit cl3 P3+Fréq yə a akɔ̌n, á ó ngalíg efə́l é tɔ̌ edɔ́g é fulɛn ai Term être malade, dont cl3P3+laisser cicatrice cl7 Etat profondeur cl7 ressembler+Prés à ótétě; á nə fə dzǎm alíg étoile 3sg Pouvoir+Prés Réit Prob Ású é ci, ngə́ kig mɔ́mɔ́. laisser séquelle ou bien kálada nyí, eyə́m Pour dem cl7 livre eyə́m atɔ̌m (á atádi rien 26 a kələ kwí é dí séquelle UB (A partir de planche 26 jusqu’à 33 dém cl 33 74 mə́ alə́də), cl4 é nə : Nyáɛ́n okɔ̌n ó tǐ fwá və ai montrer+Prés) 3sg être+Prés aggravation maladie cl11 être lier+Prés Insist Rest avec atɔ̌m ábɛ̌n (a nə́ ǹkwárə́bɛ́n minson amú mí awúdɛn kɔ́m, ngə́ kig UB lui-même (comme déformation muscles à cause de cl4 contracter longtemps, ou bien nkuɛ́n ndím…..), ngə́ kig á məbálá mé (ǹtsígɛn edzo). A Action de tomber aveugle...) ou bien chez traitements poss cl4 (coupure membre). 3sg nə́ tə́ dzǎm akwí (və nála ó nə ayé) náá pouvoir+Prés Restr Prob arriver+Accom (Restr cela cl11 être+Prés être difficile) que minson mí abíli kaŋsɛ́r abǒg fól e tɔbɔ ya kóm. muscles Cl4 être atteind de+P2 cancer losrque ulcère cl3 rester Term longtemps Mvigí dɔ́bəda Diagnostic médecin Ndəm mə a ábuala okɔn Cl6 preuves cl4 Prés témoigner de maladie É mvigí e tii ai ndɔ́ŋ okɔ̌n ai mə́ndəm mə́ ayéne Dét diagnostic cl3 être lier+Prés avec histoire maladie avec preuves nyúl. Ńté bə́ ngə́nə təgɛ tonə ayəm akiá á cl4 être visible dans atɔ̌m də́ atádi corps. Tant que que 3sg Itérat. Neg véritablement savoir comment UB cl16 Prés commencer á nyúl mod, bə́ yaan kála abǒg asə bə́ ayén mod a bələ́ etúd dans corps homme, 3sg devoir se méfier chaque fois 3sg Prés +voir homme cl1 Prés +avoir nodule ngə́ kig fól ou bien á ǹnam miŋkókɔ̌n mí atɔ̌m. ulcère dans pays malades cl4 UB Á ǹtɛd miŋkókɔ̌n, məwóm zamgbál bə́ nə Sur cent malade, akwí dizaine sept bidzoo bí nyúl a daŋ daŋ á et cinq biníngá. Mintugəlɛ́n mí adaŋ á hommes comme femmes lésion məkǒl a lodo á membre du corps surtout Red dans pieds bɔ́ngɔ́ bə́ ngə́nə təgɛ 3pl etre+Prés det enfants cl2 Itérat. Neg mimbú awóm ai mítán, bəfám anə́ atteindre+Accom années dix é mɔ́. plus que dans mains cl4 Intens dans 75 Bitúd bí nə é mvím yə á ekob é tɔ̌ təgɛ atɛ́. nodules cl8 être+Prés dém cl3 tumeur de dans peau dém cl 3 Etat Neg être douloureux Məfól kig mə́ bələ́ miŋkom mí tɔ̌ Ulcères Intens cl4 avoir+Prés bords biweməga anə́ nécroses ǹfáɛ́n. Tín bitúd e nə cl4 Etat creuser+Accom base nodules cl7 être+Prés sud (abám 5) comme coton (planche 5) Éyɔŋ ésə mod a ngányiŋ a ǹnam atɔ̌m, bé ayaan Chaque fois homme cl1 P3+entrer dans pays tě anə dzǎm abili UB akála nâ mod 3sg Prés+devoir se méfier que homme atɔ̌m. là cl1 pouvoir+Prés Prob attraper UB Ndɔ́ŋ okɔ̌n ai mimfasɛ́n mí nyúl mí ayaan asú yə naa dɔ́bəda á Histoire maladie et analyses tsig ai ndi ésə nâ mod cl4 corps cl4 suffire à a akɔ̌n que médécin cl3 fwá atɔ̌m. trancher avec confiance tout que homme cl1 être malade foc UB E sə́ kig ai ǹfí nâ bə́ alum mod óndondɔ a afə́b atɔ̌m ású yə nâ Il n’est pas nécessaire que 3sg piquer homme injection cl11 tester UB bə́ tsig nâ mod tě a bələ́ atɔ̌m, amú nála ó a dzugu sɔ 3sg trancher que homme là cl1 avoir+Prés UB avə́ biyalɛ́n donner+Prés résultats bi tɔ̌ car təgɛ ai ndɔ́ŋ éyɔŋ cl8 Etat nul cela cl7 okɔ̌n Hab pour que ó amener+Prés cl7 ó a atádi. lorsque maladie cl11 Prés commencer Və dzǎm dá nâ biyalɛ́n bí alə́də nâ okɔ̌n ó nə á nyúl mais seulement que résultats cl8 montrer+Prés que maladie cl11 être+Prés dans corps eyɔŋ atɔ̌m a quand UB ngalɛd cl16 Duratif+guérir Term Ngə́ okɔ̌n Si ya. ofə́ o sə́ kig, məfól təgɛ atɛ́, məlída mə́ maladie autre cl16 être+Neg Neg, ulcères Neg être douloureux, symptôme cl4 76 okɔ̌n kig mə́ tɔ̌ fwá ayé yə á ayéne ńdə fə mimbaŋ mí maladie Réit cl4 Etat+Prés Insist difficile à se voir et aussi ganglions cl4 asím kig. Prés+être hypersensible Neg Mvigí yə á nsina Diagnostic de dans appareil Ábog bə́ abəde bisə́rəga yə á biweməga yə á Lorsque 3sg Prés+apposer émincés de dans nécroses kogolo məyaŋ mə́ nə́ nyúl yə á tín fól á abám, ai de dans base ulcère sur planche, et bə́ ngáyole ewólo ajouter+Accom colorations cl4 être+Prés corps de dont 3sg P3+surnommer éminence ǹyəmə mam bə́ alóe nâ savant Ziehl-Neelsen, bə́ ayénə məvís ángə́gə́mə a 3sg Prés+appeler que Ziehl-Neelsen, 3sg Prés+voir amas microbes nə təgɛ wú dzə á aləkól (abám 1). être+Prés Neg mourir+Accom même dans alcool É bisə́rəga bə́ a atsíg cl16 ákiá (planche 1). dá asíli ású yə nâ bə́ akə fas á Dém émincés 3sg S.M couper comme il faut pour que 3sg Prés+aller analyser dans bilə́mbə, nála tə̌ nâ ébí microscope, c-à-d fól ai bí bələ́ biweməga yə á rel cl8 cl8 avoir+Prés nécroses é nyúl e nə ékob sí, tín fól, minkom mí de dans base ulcère, bords biyalɛ́n bí nə cl4 tútwé ulcère avec dem corps dem être+ Prés peau en-dessous, résultats cl8 être+ Prés vérité absolue kom esə (abam nina) à jamais (planche 4) Bə́ a nə dzǎm anê ayǒm 3sg Prés+être Prob éléver modiques laboratwár ngə́ bə́ a aséle abwí á pl ulserans ou məfól, ngə bisédəga yə á bə́ ayi kə́ cl8 suinter dans ulcères, ou bifwag yə á bə dans fermes de dans pl mintugəlɛ́n ngə́ kig bə́ anɔŋ laboratoire si 3sg Prés péler beaucoup lésions bí alɛn bə olusəranəsə á é bídzúdzúg 3sg Prés+prendre dem exsudat afas á bilə́mbə. émincés dont 3sg F1 aller analyser dans microscope. 77 Və dá asíli nâ bə́ búdi byə́m bítě dzǎm abɔ anə́ swánda ésaman Mais il falloir+Prés que 3sg recouvrir+Prés choses cl8 +là environ semaine six ngə́ kig swánda mwom á ai bəbɛ́ fwá və ou bien semaine huit ákiá kúb dzə á ayóŋ á tɔ̌ bə degəré məwóm lɛ́ dans chaleur cl16 Etat pl dégré dizaines trois et deux Insist Restr bógəbo, ású yə nâ bə úlusəransə comme poule rel Prés couver, pour que bə́ yanga yə́nə á bilə́mbə. pl M. ulserans Akə̌ŋ yə á byologí molekulɛ́r anə́ cl2 pouvoir être visible dans microscope. Techniques de dans biologie moléculaire comme ǹfwɛ́n bə gɛn, á nə dzǎm avwála ású yə nâ bə́ abig reproduction pl gène, cl5 pouvoir +Prés Prob aider á daŋ daŋ éyɔŋ bifuág yə á pour que bə laboratwár ai bifas okɔ̌n, 3sg dépister maladie, yə á bilə́ m bə yə á notamment lors fermes de dans pl laboratoire et analyses de dans microscope dont bí ndzí kig á ayén ngə́ akúlɛn dzóm eziŋ. cl7 Neg Neg Prés voir Mimfas yə á ou détecter chose quelconque radio examen de dans radio Mí akadə dzug á 3pl Fréq yə á lə́də nâ kaləsəyom ǎ man ya Habit Prés montre que calcium ékobsí é nyə ǎ amanə dá de dans peau en-dessous rel cl5 qui Term Nála ó a abɔbɛn ai sú rel cl5 brûler+Accom . ye á ńtugəlɛ́n ó a tɔbɔ nâ bivɛs ai 3sg P3+Hab Term venir+Prés 3sg voir+Prés que os atɔ̌m dá yág, UB á daŋ daŋ á avuáŋ dígi. mye ósú bə́ ayén á cl5 Concl Term arriver dans graisse Cela cl5 Prés arriver+Accom avec étape première de dans lésion Bə́ ngadzug ya akwí fɔ́ŋ kɔ́m. cl3 Prés+ durer longtemps bí akɔ̌n éyɔŋ avec moelle pl être malade lorsque etun Afiríka yə á nyímbi dzób. Mimfas yə á cl aggraver+Prés, surtout Red dans partie Afrique de dans couché du soleil. Analyses de dans radio yə á mí tǐ ai ǹyáɛ́n tě mí ayi hə́ avúála nâ bə́ abuala mvigí tě radio de à cl4 être lier à aggravation là cl4 F1 Insist aider que 3sg appuyer diagnostic là 78 (Abám 7). ( planche 7) Akɔn dá fulɛn ai atɔm (a tádəgi abám 37 a kwí é dí 50) maladie cl16 être+Prés semblable à UB (à partir de planche 37 jusqu’à celle 50) Asú é minnam mí atɔ̌m, é mvigí bod bə́ ayəm mam yə á Pour dem hommes cl2 savoir choses de dans pays é tǐ ai ndɔ́ŋ okɔ̌n ai mə́ndəm mə́ ayéne á cl10 être lier à histoire maladie avec preuves nyúl ású atɔ̌m, e nə manda, emag mwád, l’ulcère phagédénique tropical, diphtérie cutanée, actinomycose, myé zɔg, bikəl, noma, det diagnostic hôpital cl6 se voir dans corps pour UB, 3sg être+Prés tsígə́bí abwí biyɔŋ : biya, facile en général: cl4 UB, dɔ́bəda məbada, mə́vəŋ, mintsaŋ, etut abcès mycobactérien, Pian , ɔnkósɛrəkosəya blessures, galles nnyǎɛn ekue mimbaŋ phycomycosesous-cutanée emag mwád, nodule onchocerquien, Scrofuloderme, nodule lymphatique, Abcès à staphylocoques, etud bitud mintsaŋ, alɛna streptococcie cutanée, kyste mycosique sous-cutané, morsures d’insectes ou d’araignées, mefol ya minsis ngə ema ulcères vasculaires, ou mənkógo ngə ema rel cl6 de diabète ou biə́mə́ mintugəlɛ́n, bididiga rel cl6 malignes tumeurs, brûlures, zam lèpre. Ǹsyɛ́n yə á dɔ́bəda Traitement de dans hôpital Bitíé bí kán atɔ̌m Classification cl8 type UB Muelder bánə Nourou é mbə bə́ ngátádi atág atɔ̌m akíá Muelder lui avec Nourou dem cl2 cl2 P3+Inch classer UB etúd; édzí bɛ̌: bəkpələ́mvě; édzí lála: nodule; celui deuxième : cellulite fól; diná : étíé ósú: comme ceci: classe premier: édzí nyina: efəl. dem troisième ulcère dem quatrième cicatrice 79 Afíá abɔ nâ ǹtáɛ́n tě ó ngabə́ mbəmbə atádi, ó malgré que classification là cl3 P3+être bon ó ndzí kig anɔŋ mə́ kán mə́ akɔ̌n ngabə́ fwá etun amú début, cl3 P3+être Insist court car məvúág. cl3 Neg Neg prendre cl6 types cl6 maladies autres. Á ǹnam Osətəralía évəvəg, bǐ ayi yén nâ, ábǒg yə á atɔ̌m dá ayaan atádi En Australie exemple, 2pl F1 voir que, au lieu que UB bitúd, dá viánə atádi cl16 devoir Prés+commencer par mətólóg. nodule,Cl16 plutôt commencer par papule. Ńda fə ntáɛ́n tě o ndzí kig aláŋ okɔ̌n bivɛs ai fɔ́ŋ, Et Itérat. classification là cl3 Neg Neg considerer maladie os kán mévúág yə été.Asú tě types autres de cela. et moelle, ou bien pl ekwán yə á Yamusúkudu e ngátéle Même si pour que tě,və ngul dza ó a atág atɔ̌m abwí dzǎm avwála ású yə nâ bə́ abig cl4 pouvoir +Prés Prob aider bifuág yə á ntáɛ́n 3sg utiliser avec classification là, Restr cl3 classer UB mə́kán. Mə́ nə types. é 3sg Contin 3sg attendre que 3sg donner +Prés dem force rel cl3 asúgəlɛ́n ású yə nâ bə́ bəlɛn ai ultime ntáɛ́n Pour ce faire réunion de à Yamoussoukou cl7 P3+statuer classification ofə́ (abam nina). Dzaa anə́ bə́ ngə́nə bə́ yanga nâ bə́ və́ autre (tableau 4). ngə́ kig mə pour que bə laboratwár ai mimfas yə á okɔ̌n, plusieurs á daŋ daŋ éyɔŋ 3sg dépister maladie, notamment lors bilə́mbə á bí ndzí kig á yén fermes de dans pl laboratoire et analyses de dans microscope rel cl4 Neg Neg voir ngə́ akúlɛn dzóm eziŋ. ou détecter chose quelconque Ngab ebulú : Ǹsáálɛ́n, mbílɛ́n ai nyírɛ́n ai Chapitre neuvième : prévention, surveillance et lutte atɔ̌m contre UB Bədɔ́bədɔ George Amofah, Mark Evans, Jordan Tappero, ai Kingsley Asiedu é mbə Docteurs George Amofah, Mark Evans, Jordan Tappero et Kingsley Asiedu rel cl2 bə́ ngáatili. 80 3pl P3 écrire. Bə́ a ayəm nâ ǹsyɛ́n atɔ̌m ó nə 3sg Prés savoir que fait de soigner UB məbálá təgɛ a wóge. Mból ayé. A abwí biyɔŋ, cl3 être+Prés difficile. Souvent, atɔ̌m á nə́ ǹgúmə kán, təgɛ vól traitements Neg avoir effet. Puisque que UB cl16 être+Prés particulier, á wóge məbálá. Nála ó ngabɔ̌ nâ ǹsyɛ́n ó nɔŋ Neg vite mɔní ai məbálá ressentir traitements. Dem cl7 P3+faire que action de traiter cl3 prendre argent et traitements abwí ású minkókɔ̌n ai é beaucoup pour malades mə́ awóge bə́ adzo nâ bə́ asyé. Mból mə́ sə́ kig, dá akom ǎ fwá asíli nâ bə́ adzəŋ məfəg yə á ai é məbálá et dem hommes cl2 dire+Prés que cl2 soigner. Puisque det soins cl4 se ressentir cl4 Neg, ai álúmɛn bod cl16 Intens asáála foc falloir que 3sg chercher sagesses de dans prévenir atɔ̌m. et combattre avec UB Ánə engógól nâ ǹyəmɛ́n mam wáán ó nə abwád ású yə nâ C’est malheureux que fait de connaitre choses notre cl3 être+Prés insuffisant pour que bí kúlɛ́n abwí mam yə á okɔ̌n tě, anə́ akíá ó a ǹkalɛn ai 2sg découvrir beaucoup chose de dans maladie là comme comment rel cl 11 se transmttre et é dzóm dzá abɔ́ nâ okɔ̌n ó à byáli. dem chose rel cl5 faire que maladie cl11 Prés+naître É Ngab nyí bí ayi dzə́ŋ ai ngul ésə nâ bǐ akúɛ́n məfəg mə́se yə á bǐ Det part ci 2sg F1 chercher avec force tout que 2sg rassembler sagesses tous dont 2sg bələ́ mból yə nâ bí ayóməló akíá avoir+Prés pour que ai alúmɛn ai ásə bod bə́ nə́ dzǎm asâla 2sg préconiser comment totalement hommes cl2 pouvoir Prob éviter atɔ̌m. et combattre avec UB Kán ǹsâlɛ́n ai nyídɛ́n ai Typologie deprévention et lutte Á etyé tě, e nə ai ǹfí atɔ̌m avec UB nâ bǐ adúgɛn ayén akíá afé okɔ̌n ó 81 Dans situation là, C’est avec utilité que 2pl recommencer voir comment maladie cl11 a kalɛn, ó a dzug sɔ́ ó a wulu, anə́ é dzóm dzə́ a tyé transmission+Cont, cl11 Hab arriver cl11 Prés+marcher, comme det chose rel cl5 Prés +déclencher okɔ̌n, zěn ngə́ məzə̌n mə́ akalɛ́n, é mam mə́ tǐ ai nyúl ai é maladie, mode ou modes cl6 transmission+Cont, det choses cl6 être lié avec corps et det vóm óngə́ngə́mə a avə́ a anyiŋ, ai bəlɛ́n ai mam mə́ tě ású endroit microbe cl11 donner+Prés cl11 vivre+Cont, et se servir de choses cl6 là pour ndǔm yə a okɔ̌n atɔ̌m. lutte de dans maladie UB Bí nə dzǎm asóŋ ngul dzǎn á nsáálɛ́n ai nsyɛ́n ású ǹfasɛ́n ósə yə 2pl pouvoir Prob Prés+cibler force notre dans prévention et lutte pour analyse totalité de été mbúmbwág ai abǒg eziŋ ású abwí dedans l’un après l’autre et parfois yə été eyɔŋ. pour beaucoup d’entre eux simultanément É dzóm dzə́ a tíé okɔ̌n Dem chose rel cl 5 Prés déclencher maladie É dzóm dzə́ a tíé ngə́ kig é dzóm dzə abonde okɔ̌n é Dem chose rel cl5 Prés+déclencher ou bien dem chose cl5 fonder maladie cl7 nə dzǎm abɔ utsítsíd. Ású atɔ̌m, dzóm tě é être+Prés Prob être miniscule animal. Pour UB, alóé nə óngə́ngə́mə bə́ a chose là dem être+Prés microbe 3sg SM nâ olusəranəsə. Prés+appeler que M. Ulserans Ású yə nâ okɔ̌n ó lǎ, óngə́ngə́mə tě a Pour que maladie cl11 déclencher+Prés, microbe a nə́ dzǎm a abəgə okɔ̌n vóm ó a yaan ayén akíá afé là cl16 devoir examiner comment bomán nyə́; á akalɛ́n 3sg pouvoir Prob Prés porter maladie endroit cl3 Prés entourer rel cl16; et transmettre+Cont é mod a nə́ nyúl atə̌g. A yaan fə abí ngul yə á nyiŋ dem homme cl1 être+Prés corps faible. Il devoir Réit avoir force de ḿboməná, ngə́ á nyúl ǎ nyinə yə a ngə́ kig á á Prés vivre +Cont dans məzěn mə́ tě mə́sə 82 environnement, ou dans corps 3sg+Prés+entrer Term ou bien dans voies mə́bɛ̌ a tɔ̌ cl4 là tout fə dzǎm afwe. pl+deux 3sg Etat Réit Prob se reproduire Olusəranəsə a M.ulcerans á nə m̀ fwe etáṃa. Óngə́ngə́mə atɔ̌m a nyiŋ cl11 être reproducteur seul+Subst. Microbe nyúl ǹkókɔ̌n, ngə́ á ḿboməná, á daŋ ngə́ UB cl16 vivre+Cont soit daŋ, á bingas ai dans corps malade, soit dans environnement, notamment Red, dans sol marécageux et bilɔbí. végétation le long des rivière Bə́ a dǎŋ kig ayəm abím eyɔŋ afé 3sg Intens Neg savoir combien e nə́ dzǎm atɔbɔ á cl16 pouvoir+Prés Prob demeurer dans byə́m bí a bomɛn bia. choses cl8 entourer 2pl. Ǹkalɛ́n okɔ̌n Transmission maladie A akwí dén, é mam bə́ a ayə́m á ǹkalɛ́n atɔ̌m mə́ a daŋ və Jusqu’à aujourd’hui, dem choses 3sg Prés savoir de transmission UB cl6 surtout Rest bivəga, və bə́bə́lá eziŋ a nə tə̌ fə été : úlusəranəsə a suppositions, Rest vérité quelconque cl1 être+Prés Rest Réit dedans: M. ulcerans cl11 nə dzǎm a kalɛn être+Prés Prob kig ngə́ émén Neg si nâ ai zěn yə á ntúbə́lɛ́n Prés+se transmettre par voie de a nə angə́ngɛ̌ a dígi transperser+Accom homme peau. 3sg savoir dzǎm daŋ lui-même cl11 pouvoir +Prés Prob mod ekob.Bə́ a yəm ekob ngə́ kig ngə́ dá asíli traverser peau ou bien si ású yə nâ á nyíín. Bə́ tɔ̌ il falloir+Prés fə təgɛ daŋ ayəm ngə́ que insectes cl16 mordre+Prés pour que cl16 entrer 3sg Etat Réit Neg Intens connaitre si homme cl2 nə bod wɔ dzǎm akalɛn bɔ́bɔ́. bə́ pouvoir+Prés rel cl11 Prob transmettre mutuellement 83 Və é dzǎm bə́ ayəm á nə nâ, éyɔŋ óngə́gə́mə tě a nyíínə Mais dem chose 3sg savoir cl5 etre+Prés que, lorsque microbe á ekob sí, dans peau fə a abyé ńsul là cl11 entrer+Prés Term ó a zu bonde okɔ̌n. Bə́ ayəm en-dessous, cl11 produire+Prés poison cl3 Prés venir créer maladie.3sg Prés +savoir nâ ǹsalɛ́n mintugəlɛ́n ósúsúa yə nâ mí vəŋɛn fól, Réit que action d’operer lésions abwí ya avant ó a asyé de que cl4 devenir ulcère, cl3 Prés soigner minkókɔ̌n. beaucoup malades. Dza éyɔŋ atɔ̌m dá akúlɛn, ǹsalɛ́n Même lorsque UB ó a vúála nâ tə ǹkókɔ̌n ó a bɔ cl16 recidiver, action d’opérer cl3 Prés aider que Neg malade cl3 Prés faire eyə́m. infirmité. É mam mə́ abomɛn bía Det choses cl6 entourer+Cont 2pl Á abwí biyɔŋ, é Souvent, a mam mə́ tǐ ai ḿboməná ngə́ ai é mod dem chose cl6 être lié+Prés avec environnement ou avec dem homme mbəgə yə a óngə́ngə́mə, é cl1 porter Term microbe, mə mə á tsíg mətadəgi ai ǹyaɛ́n dem cl4 cl4 Prés+déterminer commencement et complication okɔ̌n. maladie Bə́ ayén atɔ̌m məsí mə́ nə ayɔ́ŋ ai esusud, á daŋ daŋ 3sg voir+Prés UB terre cl6 être+Prés chauleur et humide, surtout Red é vóm ó nə́ abwí bilɔ́g, biféfɛ̌ ai məfan, dem endroit cl17 être+Prés beaucoup herbes, végétation anarchique et forêts, bingas, ai bilɔbí é vóm oswé ó a lɛn otə̌təg. marais et marécage, et herbes endroit cours d’eau cl11 couler+Cont lentement. Bə́ a ayəm nâ é vóm bə́ a yəg myəgə́ ǹtaŋán á aswé 3sg Prés savoir que dem endroit 3sg Prés construire barrage homme blanc dans cours d’eau 84 ai á aswé nén ó a vəŋɛn sí təgɛ bikɔnɔ ású ǹfwɛ́n et dans cours d’éau grand cl7 Prés devenir propice nála ó ngabuli pour reproduction microbe UB minkókɔ̌n mí atɔ̌m. cela cl7 P3+multiplier malade Ókɔ̌n wi cl4 UB ó nə ǹgúmə kán amú ó a akwí á biyɔŋ yə á mbú, maladie dem cl11 cl11 être+Prés spécifique á daŋ óngə́ngə́mə atɔ̌m daŋ á abǒg susu car cl11 á dá atóbɛ́n sortir lors saisons de année, abǒg bə́ abe məfúb. ai notamment Red pendant saison de pluie qui cl16 coincider avec saison 3sg planter champs. Azúé á nə fə dzǎm dá abɔ́ nâ bod bə́ búlu akɔ̌n atɔ̌m, Pauvreté cl5 être Réit facteur cl7 faire que hommes cl2 Intens être malade+Prés UB, amú éyɔŋ mɔní a sə́ kig, mindzɔ́ŋ mí dzə́mɛn, car losque argent cl7 être+Neg Neg, routes mí sə́ kig dzǎm ákə́ syébɛn cl4 Neg Neg Prob cl4 manquer+Prés, malades ngə́ ákwí bɛ̌n aller se faire soigner ou minkókɔ̌n mí atɔ̌m é cl4 UB vóm məndá məbiaŋ arriver même dem endroit maison soins mə́ nə́. cl6 être+Prés. Abím ǹyəmɛ́n mam á nə fə ai ǹfí: é ndɔ ó da Quantité connaissance choses cl5 être+Prés Réit avec utilité:dem rel alə́də ǹkóŋ mətě mə́ mod ai é mə́ yə á é vóm cl5 cl5 ǎ tɔ̌. Prés+montrer niveau higiène cl6 homme et dem cl6 de dans dem endroit 3sg habiter. É ngǔ fə ó a tsíg akiá afé mod a yaan asyébɛn Dem rel cl5 Réit cl5 Prés+trancher comment homme cl1 devoir+Prés se soigner (ngə́ á bətí, ngə́ á ǹtáŋɛ́n) ngə́ á nɔŋ minyə́gə́lɛ́n yə á enyiŋ mətě. (soit chez beti, soit chez homme blanc) ou Prés prendre enseignement de dans vie higiène. É mam mə́ tǐ ai é Dem choses cl6 être lié avec dem A fíá abɔ nâ atɔ̌m dá abi Concess mod ǎ mbəgə yə ǎ óngə́ngə́mə homme cl1 porter Accom microbe mye bod mísə, é bɔ́ngɔ́ bə́ ngə́nə que UB cl16 attraper+Prés niveau homme tous, dem enfants cl2 Itérat. 85 təgɛ akwí mimbú awóm ai Neg atteindre années dix Éyɔŋ bǐ a mítán é mbə bə́ adaŋ wɔ́ avec cl5+cinq rel cl2 cl2 Intens rel cl11 contracter+Accom abəbə ákiá atɔ̌m dá abi Lorsque 2pl Prés observer comment UB bə́ nə tə́ abili. abili akiá də́dɛ́, bod, fám ai binəgá cl16 attraper Hommes, hommes et femmes afiá abɔ nâ ó a daŋ abi bǎn bə́fám cl2 être+Prés Rest atteind manière un+Red Concess que cl11 Intens attraper petit hommes a lodo bǎn binəgá. Nála ó á selɛn ńfáá yə á bə nyǎbodo : binəgá bə́ plus que petit femme. Cela cl7 Prés+differer chez de dans pl adultes: abili abwi alodo bəfám. Və bə́ atsog femmes cl2 nâ nála o sə́ kig contracter+Prés beaucoup plus que hommes. Mais 3sg penser+Prés que cela cl7 Neg Neg amú nyúl e nə́ vól abili éyɔŋ é nə é nyí fám ngə́ é nyí parce que corps cl être+Prés vite affecter lorsque cl être+Prés rel cl3 homme ou rel cl3 minəngá; və femme; amú binəgá é mbə bə́ adaŋ atɔbɔ é vóm bə́ nə́ mais parce que femmes rel cl2 cl2 plus rester+Prés dem endroit 3sg Prés+pouvoir dzǎm akábərɛn ángə́ngə́mə bə́ atɔ̌m tsígə́bí. Prob attraper É microbes bitun yə á pl UB facilement nyúl bí búdi kig ánə́ binam ai məkǒl, é byə Dem parties de dans corps cl8 couvrir+Prés Neg comme membres et pieds, bí nə dzǎm vól abili atɔ̌m, a lodo cl8 pouvoir+Prés Prob vite attraper UB, é bí yə á bi búdú rel cl8 anə́ plus que rel cl8 de dans cl8 couvrir+Prés comme ǹkug ngə́ mvǎn. torse ou aissaile Bə́ a adzug kadə́ ayén minkúlɛ́n mí atɔ̌m é 3sg Prés Hab ákɔ̌n vóm ó ngátam yə Fréq voir recidives cl4 UB dem endroit cl7 P3+Accom Term ngə́ kig vóm ǹfə́, nálá a ngalə́də nâ é nə ayé nə́ nyúl être malade ou bien endroit autre cela cl7 Duratif+montrer que 3sg être difficile que corps etám ébɛ̌n é bi ngúl yə áyídɛn ai okɔ̌n tě. 86 seul lui-même cl5 avoir force de combattre avec maladie là. Zɛn yə á ǹsáálɛ́n ai ǹyídɛ́n ai atɔ̌m Routes de dans action d’éviter et action de lutter avec UB Á nə ǹfí nâ bə́ fas é dzóm ésə é tǐ ai 3sg être+Prés utilité que 3sg Prés+réfléchir+Accom dem chose tout cl7 être lié+Prés à ǹyamɛ́n atɔ̌m á propagation UB é mod etun ǹnam eziŋ, dans partie pays ǎ mbəgə anə́ óngə́ngə́mə a quelconque, comme microbe yə a óngə́ngə́mə tě, é dem homme cl1+Prés être porteur+Term microbe ngə́ ḿboməná, ású yə nâ bə́ ayídɛ́n zɛ̌n yə á avə́, cl16 donner+Prés akalɛn, là, dem voie de dans transmettre+Accom ai okɔ̌n tě. Á nə fə ǹfí nâ bə́ ou environement pourque 3sg lutter+Prés avec maladie là. 3sg être+Prés Réit utilité que 3sg a fas abwí mam mə́ tě eyɔŋ. SM refléchir à beaucoup chose cl6 là simultanément. Ngə́ bə́ mbə́ bə́ bələ́ mvǎŋ, bə́ mbə́ dzǎm á Si yídɛn 3sg P3 ai cl2 avoir vaccin, 3sg P3 yóŋlo ngul nyúl é nə́ dzǎm Prob Prés réactiver force corps cl5 pouvoir Prob atɔ̌m. se battre avec UB Və á nə engɔ́gɔ́l nâ, akwí abǒg dí, dzóm eziŋ é ngénə Mais 3sg être+Prés malheureux que, jusqu’à temps-ci, chose quelconque cl7 Itérat. təgɛ abɔbɛn nála ású úlusəranəsə. Neg se faire comme cela pourM.ulserans. Bə́ a avəg nâ é mvǎŋ bə́ alóé nâ běsědzé é nə dzǎm 3sg Prés espérer que dem vaccin 3sg appeler+Prés que BCG cl7 être+Prés Prob á nyii abím éziŋ. Və ngul dzié e nə etun ai dá asíli nâ bə́ a kada sauver quantité quelconque. Mais force rel cl7 cl7 être court et 3sg falloir que 3sg Prés Hab akpele é bod bə́ nə́ dzǎm akɔ̌n atɔ̌m mvǎŋ tě m̀ bán vacciner dem hommes cl2 être+Prés Prob être malade UB Bə́ ayəm nâ mbəmbə ndíɛ́n a və́ m̀ bán. vaccin là régulièrement Red. ngul éyɔŋ mod ǎ akɔ̌n, 87 3sg Prés+savoir que bon və bə́ a manger cl7 donner+Prés force lorsque homme cl1 être malade+Prés, ngə́nə təgɛ ayili mais 3sg Prés Fréq Bə́ nə́ Neg accorder cela pour UB. fəg dzǎm asáála atɔ̌m ngə́ bə́ abɔ 3sg pouvoir Réit Prob a nálá ású atɔ̌m. esquiver UB si dzǎm atɔbɔ. Nálá ó a nə ayíé cl2 pouvoir+Prés Prob rester. Cela cl7 yə á baala, á daŋ daŋ ású bə bee mə́fúb yə á à Inf garder, surtout Red pour cl2 planteurs yamɛn. Amú bə́ sə́ vóm yə á bə́ 3sg factitif Neg partir dem endroit dont 3sg kom yəm nâ bə ángə́ngə́mə bə́ nə Prés Intens savoir que pl microbes təgɛ akə é miǹnam yə á okɔ̌n de dans pays kig dzǎm abɔ être+Prés difficile tě ó dont maladie là cl11 Prés təgɛ akə á mboməná, vóm bɛ̌n se répandre. Car 3sg Neg+être Neg Prob factitif Neg partir dans environnement, là bə ángə́gə́mə bə́ nə, pl microbes abɔ bisyé Port de nə biyé bí a jours tous abúdi bitun bínyúl bi yóó, dem vêtement cl8 Prés couvrir partie corps fəg dzǎm á Intens bíábá yə á amǒs ósə. cl16 être+Prés, lorsque 3pl Prés faire travaux leurs de Mbwádɛ ́n é ó éyɔŋ bə́ a a cl8 être découvert+Prés vwála (7).Dá asíli fə nâ bə́ cl9 pouvoir+Prés Réit Prob Inf aider (7). 3sg imp falloir+Prés Réit que 3sg atíndi ngul yə á ayə́gələ məté, m̀ fúbɛ́n yə á nyúl, é wí yə á m̀ boməná Prés+pousser force de Inf enseigner higiène, propreté de dans corps, rel cl9 de dans environnement ai ǹsíɛ́n bəzóde ai məvə́ŋ. et action de soigner égratignures et plaies. Ǹsíɛ́n mintugəlɛ́n avól avól ai mínkwan mí Fait de soigner lésion ne fə dzǎm á vwála. Afíá abɔ nâ ngul akə̌ŋ Ngə́ é byaŋ être analyser. Si məvə́ŋ ó vite Red avec pommade rel cl10 soigner+Prés plaies pouvoir+Prés Réit Prob Inf aider fasəbɛn. asyé tě e ngə́nə təgɛ á Malgré que force technique là cl9 Itératif Neg Inf dzə a awé ǹsul é tɔ̌, é mbə́ fə det médicament rel cl9 tuer poison cl9 être+Prés, rel cl9 P3 á vwála ngə́ bə́ asyé cl9 ńtugəlɛ́n ai dzə éyɔŋ ó a tádi. dzǎm Réit Prob 88 aider si É 3sg soigner+Prés lésion avec rel cl9 lorsque cl9 Inf commencer. məlú mə́, sukúlu məté Dem jours ci, école akúlɛn ai ákad a yaan á tíndi higiène cl9 devoir+Prés Inf pousser force pour que avól avól é mod atɔ̌m ǎ bii dépister+Prés et dire+Prés vite Red dem homme UB bə́ man awám miǹtugəlɛn ósúsúa yə nâ bə́ azu 3sg Term racler lésions a ézəzǎŋ bikúɛ́n asíli cl11 faloir+Prés entre ngúl ású yə nâ bə́ vól avant ya, ákíá yə nǎ cl1 attraper+Prés Term, de sorte que avəŋɛn məfól. Sə́sá ǹgula de que 3pl Prosp. se transformer ulcère. Synergie d’action bə́ sukúlu ai bilunga associations pl école bí ver de à Guinée, bilharziose, onchoserchose ayídɛ́n ai zǎm, et organisation cl8 combattre avec lèpre, ǹsɔ́ŋ yə á Guine, ńnyííná, ɔnchósɛrəkósya ai məbada, ású akɔ̌n 3sg vite et pian, yə nâ bə́ vol akúlɛn pour que 3sg vite dépister+Prés tě. maladies là. Á sə́ kig tsígəbí nâ bə́ fúbu 3sg être+Neg Neg facile Və bə́ ayaanə akili é que 3sg purifier dem choses tout nə́ bə́ ábonde bingas éyɔŋ Mais 3sg Prés+devoir interdir que 3sg fonder bə́ myəgə́ bə́ ǹtáŋɛ́n; mam mə́sə mə́ tǐ á daŋ daŋ á bebe ai myə́. M̀fáɛ́n bə́ bɔ təgɛ badə́ awulu á bə́ ayə́g miǹnam atɔ̌m dá miaməlɛn ngə́ kig UB cl16 se répandre ou bien bitam bebe ai məndá ó a abɔ nâ rel cl3 cl3 être+Prés proche avec eux. Action de creuser puits bod cl6 être lié à environnement marais lorsque 3sg barrer pl barrages cl2 hommes blancs; surtout Red dans pays é mí mí nə ai ḿboməná. ḿboməná proche avec maisons cl3 faire que a bələ́ óngə́ngə́mə atɔ̌m. hommes cl2 factitif Neg Itératif marcher dans environnement cl9 avoir+Prés microbe Okɔ̌n ó asə́ kig və dzam dɔ́bədɔ. Ó nə fə ású məbugəbɛn mə́ ǹnam. Maladie cl11 être Neg Rest affaire hôpital. 3sg être+Prés Réit pour propérité Asú tě bə́ ayaan ayə́m ngul M̀fáá yə á məyɛ̂ ǹyəmɛ́n mam, mbondɛ́n akúm: ǹfáɛ́n cl4 pays. mə́ ǹnam ai Pour ce faire, 3sg Prés+devoir serrer force vers de dans croissance cl4 pays á UB mindzɔ́ŋ, ǹlóŋɛ́n zɛn yə avec voie de bəsukúlu 89 dans action de connaître chose, création ai bədɔ́bədɔ. Və et hôpital. mból abwí richesse: action de creuser routes, bod bə́ anyiŋ á miǹnam mí atɔ̌m bə́ nə́ Mais comme beaucoup hommes cl2 Prés+vivre dans pays mbə̂ azwé, bə́ a ayi kig akád m̀béndɛ́n m̀fí construction écoles cl4 UB 3sg être+Prés yə á asyé atɔ̌m á zəzə, ngə́ kig très pauvre, 3sg F1 Neg se lasser action d’alerter utilité de dans soigner+Accom UB dans rien, ou bien yə á akuɛn məbála yə á été mbəmbə táŋ. Ou de vendre médicaments de dans dedans bon prix. Amú nála ó nə zəzə nâ bə́ ayə́gələ bod car cela cl7 être nul é dzóm é nə́ atɔ̌m ai avə́ bə́ evɛ́ que 3sg apprendre hommes det chose cl7 être UB et dooner rel cl2 désir yə á avól akə á ndá biaŋ ású yə nâ bə́ akə de Inf vite partir à hôpital wám ngə́ asal pour que 3sg partir+Prés racler+Accom ou ngə́ bə́ sə́ kig dzǎm asyébɛn amú təgɛ ai atɔ̌m, inciser UB mɔní. si 3sg Neg Neg Prob se soigner à cause de Neg avec argent Á ǹnam Ghana, minbɔɛ́n mí alə́də nâ éyɔŋ bə́ a Dans pays bonde etógɛ́n, á daŋ Ghana, faits cl4 montrer+Prés que lorsque 3sg Prés fonder assemblée, surtout daŋ áməndá məbiaŋ, mə́ a mbomɛn mí ǹnam atɔ̌m dá yamɛn, Red dans hôpital, cl6Prés joncher ó a bulu vwála nâ cl4 pays UB cl16 se répandre+Prés, cela rel cl7 bə́ vól akúlɛ́n ai ayəm bəńtugələná yə á cl7 Prés Intens aider pour que 3sg vite dépister et connaître lésions ngə́nə təgɛ akúlɛ́n fól, ású yə nâ bə́ asáálá byə́mə bíyə́m Itératif Neg dépister ulcère, pourque 3sg esquiver+Prés Péj ai atɔ̌m. avec UB. nála é ngɔ atɔ̌m yə á bə́ de dans UB dont 3sg bí tǐ handicapes cl8 être lier+Accom 90 Obáləbas yə á mam mə́ a avwála ású ǹsáálɛ́n Résumé de dans choses cl6 Prés aider atɔ̌m á məngós mə́ bod yə á 1. M̀kalɛ́n ai mbéndɛ́n bod é bə́ akɔ̌n avec atɔ̌m. Hommes cl2 être malades+Duratif UB. minmbándá mí ǹyəmɛ́n, Transmission messages ǹyídɛ́n ai pour action d’esquiver avec lutte miǹnam bod UB dans congrégation cl6 hommes de dans pays ai ǹtɔ́ŋlɛ́n mə́fwé, ǹyə́gə́lɛ́n cl4 connaissance, diffusion information, enseignement mam mətǐ ai : okɔ̌n, ǹsyɛ́n et interpellation hommes Det choses être liés avec maladie action de soigner miǹtugəlɛná, məté lésion mə bod á mboməná, mbwádɛ́n biyé hygiène cl6 hommes dans environnement nyúl é vóm ó a nə́ dzǎm á búdibɛn, ǹsáálɛ́n port de bí abúdi vêtements cl2 couvrir bingas éyɔŋ bə́ nə́, corps dem endroit cl 9 pouvoir Prob Inf être couvert action d’éviter marais lorsque 3sg pouvoir+Prés, avól nkúlɛ́n miǹtugəlɛná mísə vite dépister lésions nə́ yə á ekob, ai ǹfí yə á avól akə á ndá biaŋ é tout+cl4 de dans peau, avec utilité de dans vite partir chez hôpital cl5 bebe, ású yə nâ bə́ kə être+Prés proche, pour que kúlɛ́n akɔ̌n; 3sg aller dépister maladies 2. Nbondɛ́n etógɛ́n dzə á akála atɔ̌m á angós bod Action de fonder assemblée rel cl7 Inf transmettre UB dans groupe homme nə́ 3. Ǹtéɛ́n élunga dzə a áwám miǹtugəlɛná mísəyə á ekob á mí création groupe rel cl7 Prés +racler lésions tout+cl4 dans peau qui cl4 dzǎm ábɔ atɔ̌m, ósúsúa yə nâ mí tóg fól; élunga tě dzə́ a yaan pouvoir Prob Factitif UB avant de que cl4 s’infecter ulcère; groupe là rel cl7 Prés devoir abɔ bebe ai bod. être proche avec homme 4. M̀kpwəlɛ́n bǎn bwán é mvǎŋ é nə́ Běsědze m̀ ban, Action de vacciner petits enfants dem vaccin cl5 être+Prés BCG á taŋ mam ngɔ́məna ǎ bɔ dans le cadre de chose Etat ású yə nâ bod régulièrement, bə́sə bə́ kpələbɛ́n cl1 faire pour de que hommes tout cl2 se faire vacciner; 91 məmvǎŋ; vaccins 5. M̀fáɛ́n bitam á məngós mə́ bod. Action de creuser puits dans communautés cl6 hommes 6. Məyɛ́ mə́ ǹnam, ású developpement cl6 pays, 7. Ǹsyɛ́n atɔ̌m á enyiŋ fǔfulu ai mbodɛ́n akúm. pour vie ensemble zəzə ngə́ kig á et création richesse. táŋ abwad. Action de traiter UB pour rien ou bien pour prix petit. 8. Ǹyə́gə́lɛ́n ŋ̀kpámɛ́n enyiŋ ású é Action d’enseigner nouveau bod bə́ bələ́ biyə́m bi UB. vie pour dem homme cl2 avoir+Prés sequelle cl8 atɔ̌m 92 CHAPITRE 3: ASPECTS PRATIQUES DE LA TRADUCTION MEDICALE FRANÇAIS-BETI-FAŊ Dans le cadre de ce mémoire, nous avons réalisé une traduction portant sur le document Ulcère de Buruli, Infection à Mycobacterium Ulcerans, publié en 2000 par l’OMS avec la contribution de l’Association Française Raoul FOLLEREAU de la Fondation Nippone. Nous nous sommes appuyée sur certaines stratégies et techniques de traduction afin de corriger des écarts typologiques entre la variante bənə du bəti-faŋ et le français, langue source de notre corpus. En raison des éléments sociaux, linguistiques, culturels, méthodologiques et notionnels qui interviennent dans la traduction médicale, notamment ceux relatifs à l’épidémiologie et plus encore de l’ulcère de Buruli, comme certainement ceux d’autres domaines de traduction, cette traduction présente des particularités. Dans le cadre de ce mémoire, nous avons été confrontée non seulement aux difficultés d’ordre classique, mais aussi aux difficultés liées à la terminologie médicale spécifique à chaque langue, ainsi qu’aux différents registres de langue propres au jargon médical. Il est question dans ce chapitre d’analyser les difficultés de traduction, et d’expliquer le processus qui a guidé notre réflexion. Nous avons à cet effet divisé ce chapitre en deux sous parties: les concepts linguistiques(I) et extralinguistiques (II) d’analyse de la traduction. I. Concepts linguistiques d’analyse de la traduction Les postulats sous-jacents aux théories linguistiques de la traduction sont notamment que tout est présent dans le texte original, que le sens est dans les mots, qu’en cas de polysémie, le contexte à lui seul permet de lever l’ambiguïté et que pour effectuer une traduction, il convient de mobiliser des connaissances linguistiques. Ainsi, la thèse de l’autonomie du sens (Hjelmslev:1971)et la thèse de la dépendance contextuelle (Rastier 1987, 1991 et 1994) mènent naturellement à l’adoption du principe instructionnel (Durieux : 2009). La croyance en la validité de ce principe conduit à adopter une démarche ascendante de construction du sens. Cette démarche analytique procède par repérage de marqueurs et de connecteurs de nature à permettre un calcul du sens (Guimier :1997), considérant que les connexions logico-sémantiques sont censées assurer la lisibilité linéaire d’une séquence. Ainsi, le sens d’un énoncé, selon la conception linguistique, résulte du traitement des seules instructions linguistiques présentes dans le contexte. I.1. Les procédés de traduction L’expression « procédés de traduction » est empruntée à la Stylistique comparée de 93 l’anglais et du français de J.P Vinay et J. Darbelnet (1958/1987). Les auteurs de cet ouvrage établissent une classification des « procédés techniques » auxquels se ramène la démarche du traducteur. Ils y examinent également l’application de ces procédés à trois domaines de la linguistique. Il s’agit notamment de la lexicologie : lexique étude des notions ; de la syntaxe : agencement « constitution des énoncés » et de la sémantique à travers l’ « ensemble des significations de l’énoncé reposant essentiellement sur une réalité extralinguistique, la situation, en tenant compte des réactions psychologiques du sujet parlant et de celles de son interlocuteur »24. Nous nous sommes, en effet, inspirée des sept procédés énoncés par VINAY et DARBELNET. (1958/1977).Si la notion de procédés de traduction s’est avérée d’une grande utilité en termes de résolution des problèmes de traduction, il importe toutefois d’en circonscrirela portée. En effet, un grand nombre de procédés renvoient à une problématique grammaticale ou lexicale beaucoup plus générale. Ce sont : l'emprunt, le calque, la traduction littérale, la transposition, la modulation, l'équivalence et l'adaptation. Ces procédés peuvent être soit strictement formels (transposition, chassé-croisé), soit sémantiques (modulation), soit culturels/pragmatiques (équivalence, adaptation). Par ailleurs, la classification même des procédés de traduction présente une certaine hétérogénéité : l’emprunt et le calque constituent rarement des procédés à proprement parler, mais sont généralement intégrés au lexique. L’équivalence est une modulation lexicalisée, bien illustrée notamment dans la correspondance entre les proverbes d’une langue à autre. L’adaptation est, quant à elle, difficile à isoler en tant que procédé de traduction dans la mesure où elle implique des facteurs socioculturels et subjectifs autant que linguistiques. En effet, nous nous sommes également appuyée sur le courant développé par CHUQUET et PAILLARD (1987). Cette théorie se démarque de celle de VINAY et DARBELNET à plusieurs égards. Pour ces auteurs, en effet, le terme « procédé de traduction» renvoie uniquement aux deux procédés décrits par VINAY et DARBELNET qui occupent une position centrale dans toute démarche de traduction : la transposition (changement de catégorie syntaxique) et la modulation (changement de point de vue). Les problèmes posés par ces deux procédés sont d’ordre différent. Car, si la transposition est relativement facile à analyser (à l’exception de certains cas de transpositions dites localisées), il n’est en revanche pas toujours mis en œuvre spontanément. Quant aux modulations, si certaines d’entre elles sont relativement familières 24 J.P. Vinay et J. Darbelnet (1958), Stylistique comparée du français et de l’anglais, Paris, Didier, PP 46, 93 et 159 94 (modulations métaphoriques dans les proverbes), d’autres le sont beaucoup moins (inversion du point de vue, déplacement métonymiques), car leur analyse fait appel à divers concepts de sémantique grammaticale et lexicale. En vue d’une meilleure lisibilité des aspects linguistiques, nous avons opté de présenter les différents procédés suivant la classification de VINAY et DARBELNET. I.1.1. La traduction directe La traduction directe comprend trois procédés, à savoir l’emprunt, le calque et la traduction littérale. VINAY & DARBELNET (1987) prône l’utilisation de la traduction indirecte en dernier recours. Par exemple quand la traduction donne un sens différent, n’a pas de sens, est impossible du fait de raisons structurales ou ne correspond pas à la culture de la langue cible. II.1.1 a. L’emprunt Il s’agit du « degré zéro de la traduction », car on emploie un mot d’une autre langue « tel quel ». Ce mot est souvent la seule solution, il est relativement bien intégré à la langue d’accueil, et reste acceptable. Exemples: n°1 Tableau: N°11 Quelques exemples d’emprunt Français bəti-faŋ 1 (Rayon)actinique Akitiník 2 Australie Ausətəralía 3 Côte d’Ivoire kotədivwar 4 M. ulcerans: mikóbakəteriúm ulusə́ranəsə ou uluséránəsə 5 OMS * OMS 6 Yamoussoukrou Yamusukuru Nous avons eu recours à ce procédé pour traduire certains termes. Cependant, nous avons procédé à un gallicisme pour rendre l’expression * OMS qui, contrairement aux autres termes, semble abusif dans la mesure où il n’épouse pas la structure phonologique du bətifaŋ. II.1.1 b. Le calque En linguistique, et plus précisément en lexicologie, étymologie et linguistique comparée, on appelle calque un type d'emprunt lexical particulier en ce sens que le terme 95 emprunté a été traduit littéralement d'une langue à une autre en s'inspirant davantage de sa lettre que de son esprit25. Exemples : n°2 nouveau cas : Mkpámág nkókǒn : Diagnostic de laboratoire:Mvigí yə á laboratwár Diagnostic différentiel:ǸZɛləná mvigí II.1.1c. Traduction littérale C’est un procédé qui consiste à traduire la langue source mot à mot, sans effectuer de changement dans l’ordre des mots ou au niveau des structures grammaticales et tout en restant correct et idiomatique. Exemple n°3 : hommes comme femmes: bəfám anə́ biníngá S’il nous est arrivé de traduire littéralement certains extraits du corpus, la plupart du temps, un minimum de reformulation s’est avéré nécessaire d’où le recours à la traduction indirecte. II.1.2 La traduction indirecte Selon VINAY et DARBELNET (1987), la traduction indirecte comprend quatre procédés: la transposition, la modulation, l’équivalence et l’adaptation. II.1.1.a. la transposition Ce procédé consiste en un changement de catégorie grammaticale d’un mot en passant d’une langue à l’autre. En utilisant la transposition, on substitue une partie d’une phrase à une autre partie sans modifier le sens de cette partie. Il peut arriver qu’on transforme le verbes en substantifs et l’adverbe en verbe. Exemples: n°4 voir tableau ci-après 25 Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Calque_%28linguistique%29 96 Tableau: N°12: quelques exemples de transposition bəti-faŋ Français Verbe afin de préconiser des mesures akíá ásə bod possibles de prévention et de lutte. dzǎm asâla ai alúmɛn ai atɔ̌m Nom É mam mə́ abomɛn proposition É mam mə́ tǐ Environnement Nom Facteurs liés à l’hôte bə́ nə́ bía ai é mod ǎ mbəgə yǎ óngə́ngə́mə proposition Adjectif Traitement efficace məbálá mə́ awóge Syntagme Verbal Adjectif Malodorant akúndi mbé enyum Locution prépositionnelle Article partitif Options en matière de prévention et de lutte A zɛn yə á ǹsáálɛ́n ai ǹyídɛ́n contre l’UB ai atɔ̌m Syntagme adverbial Locution prépositionnelle Eyɔŋ é məbálá mə́ awóge mə́ En l’absence de médicament efficace, sə́ kig Nom Adverbe Malheureusement Ánə engógól nâ Nom Adjectif Lésions non ulcérées Ńtugəlɛ́n ó ngə́nə təg kúlɛn fól Selon Chuquet et Paillard (1987), la transposition peut s’effectuer à l’intérieur d’une langue, par exemple, lorsqu’on veut rapporter un discours monolingue. Dans ce cas, cette possibilité de transposer peut être liée à des différences de registre et de niveau de langue. Exemples: n°5 (a) A nə dzam kə́ tɔbɔ kuam á nnam mi ntaŋɛ́n Il pouvoir+Prés Prob partir rester longtemps en pays cl4 blancs Il peut aller rester longtemps en Europe (b) Evueziŋ a ayi tɔbɔ kuam á nnam mi ntaŋɛ́n Peut-être 3sg Fut1 rester longtemps en pays cl4 blancs Peut-être qu’il restera longtemps en Europe 97 L’auxiliaire modal dzame (a) a été transposé en (b) par l’adverbe modal Evueziŋ. Cette transposition entraine un changement du registre de langue car (a) est assez familier et (b) courant. En plus de transposer les unités de sens, il nous est, par ailleurs, arrivé de renforcer le sens de certains termes afin de nous rapprocher au maximum du sens du texte départ. Ce procédé est appelé l’étoffement. II.1.1.b. L’étoffement/désimplicitation/explication Lors de la traduction de certains sous-titres, nous avons étoffé le texte afin de produire un sous-titre sémantiquement correcte, comme l’atteste l’exemple ci-après: Exemples: n°6 Dɔ́bəda Waynz Meyer bân dɔ́bəda Jean Hayman é mbə bə́ ngáatili Docteur Waynz Meyer lui avec docteur Jean Hayman rel cl2 3pl P3 écrire Version: Dr Wayne Meyers et Dr John Hayman En effet, la traduction littérale de la version française ci-dessus aurait été: Dɔ́bəda Waynz Meyer bân dɔ́bəda Jean Hayman Toutefois, cette formulation n’est pas sémantiquement correcte en bəti-faŋ. D’où l’ajout du segment “é mbə bə́ ngáatili”qui signifie littéralement “sont ceux qui ont écrit” donnant ainsi la version: Dr Wayne Meyers et Dr John Hayman sont ceux qui l’ont écrit. En outre, pour traduire le terme “rayons actiniques” dans le segment ci-après, nous avons dû étoffer l’énoncé dans le but d’introduire un néologisme dans la langue d’arrivée (c) Version: Celles-ci sont alors sensibles aux rayons actiniques Traduction:Bifəl bí tě bí asyébɛn ai minkokwe miziŋ bə́ a Cicatrice cl8 là cl8 soigner+Accom+Prés avec rayons quelconque 3sg Prés alóé nâ akitiník appeler que actiniques Traduction littérale: Les cicatrices là se soignent avec certains rayons appelés actiniques Par ailleurs, l’étoffement est un procédé très proche de la désimplicitation et de l’explicitation. Nous nous en sommes servi pour expliciter des notions abstraites, notamment les termes purement scientifiques. Exemples: n°7 (d)Lymphadénite: mimbǎŋ (ganglions) (e) Ostéomyélite: okɔ̌n bivɛs (Maladie des os) 98 Dans les deux cas, nous nous sommes appuyée sur la définition de chaque terme. La désimplicitation appelle des facteurs extralinguistiques dans l’objectif de fournir une compréhension sans équivoque. Parmi ces facteurs, citons le contexte et l’utilisation de l’énonciation. Ainsi, La lymphadénite (d) selon le dictionnaire encyclopédique Wikipédia, désigne l'inflammation, aiguë ou chronique, des ganglions lymphatiques. En plus de cette définition, nous avons contextualisé le terme. En bəti-faŋ, on parle de ma/mimbǎŋ en cas d’inflamation. En effet, les ganglions lymphatiques ne sont palpables qu’en cas d’inflammation. Aussi avons-nous trouvé redondant d’ajouter le mot "mvusɛn" qui signifie enflammé. En outre, le forum médical Canoe santé définit l'ostéomyélite (e) comme l’inflammation de la moelle osseuse et du tissu osseux adjacent, causée par une infection. Compte tenu de l’origine bactérienne de l’infection, nous avons associé le mot okɔ̌n (maladie), au terme "bivɛs" (os). Nous avons par ailleurs procédé à l’explication de certains termes lors de notre processus de traduction (voir 1.2 de la section Difficulté terminologique de ce chapitre). II.1.1.c. La modulation Elle consiste à changer de point de vue afin d’éviter l’emploi d’un mot qui passe mal dans la langue d’arrivée. Elle permet également de tenir compte des différences d’expression entre les deux langues: passage de l’abstrait au contret, de la partie au tout et de l’affirmation à la négation. Exemples: n°8 (a) Cette réaction finit par s’organiser en granulomes tuberculoïdes. Məlúməná mə́ tě mə́ ngasúgəlán á kóɛn ai ábɔ miǹló mí Cl6 bataille cl6 là cl6 Duratif+finir par s’entasser +Prés et Prés faire têtes cl4 Etat tɔ̌ anə́ məkwé. comme tubercules. Le terme məlúməná traduit en réalité “réaction granulomateuse”. Or la version française a modulé en désignant cette phase par “réaction”. Dans notre traduction, nous avons remis le tout pour la partie. (b) La guérison et la cicatrisation Mvɔ̌ ai ǹlɛdɛ́n bí suivent la phase granulomateuse. ngatoŋ. Guérison et cicatrisation+Pl Duratif+suivre+Prés Traduction: a guérison et la cicatrisation s’en suivent 99 Pour cette modulation, nous avons considéré le principe du lecteur modèle prôné par la théorie sémiotique établie par ECO (1985) dans sa principale œuvre linguistique Lector In Fabula. Pour ce principe, le texte représente un « tissu de non-dit » : « non-dit », explique-t-il, « signifie non manifesté en surface, au niveau de l’expression ». Nous avons ainsi supposé que puisque la phrase précédant celle de notre exemple parle de la phase, le lecteur comprendra que ce terme est sous-entendu. II.1.1.d. L’équivalence C’est un procédé qui consiste à traduire un texte dans sa globalité. Il s’agit notamment de l’emploi des expressions figées ou idiomatiques. Le traducteur doit comprendre la situation exprimée dans la langue de départ et trouver l’expression équivalente dans la langue d’arrivée. Exemples : n°9 On a fréquemment recours à la médecine traditionnelle en Afrique. Á sí Afiríka minkɔkɔ̌n mí a daŋ asyébán á məbálá bətí. En terre Afrique malades᷆ cl 4 Infin Intens se faire soigner chez médécine beti Nous avons rendu l’expression « médecine traditionnelle » par məbálá bətí. Car la médécine traditionnelle du peuple Bəti-faŋ n’est effectivement que la leur. Cette expression est d’ailleurs idiomatique dans cette langue. (a) notamment en Afrique de l’Ouest á daŋ daŋ á etun Afiríka yə á nyímbi dzób surtout Red dans partie Afrique de dans couché du soleil L’expression nyímbi dzóbsignifie littéralement couché du soleil. Nous l’avons estimé approprié au sens du texte source dans la mesure où les Bətis s’orientent par rapport aux mouvements du soleil pour ce qui est des points cardinaux Est et l’Ouest. II.1.1.e. L’adaptation Selon Georges L. Bastin (1993), l'adaptation est « le processus, créateur et nécessaire, d'expression d'un sens général visant à rétablir, dans un acte de parole interlinguistique donné, l'équilibre communicationnel qui aurait été rompu s'il y avait simplement eu traduction. Dit de manière plus simple, l'adaptation est le processus d'expression d'un sens visant à rétablir un 100 équilibre communicationnel rompu par la traduction ».26 Il est vrai que l'adaptation est avant tout une façon de traduire l'intraduisible. Elle est traditonnellement opposée à la notion de "traduction" lorsque l’on commente l’origine d’un texte: "Est-ce que c’est une traduction?" "Non, c’est une adaptation". En parlure commune, cette réponse signifie ordinairement que le texte n’a pas subi (uniquement) qu’une traduction interlinguale, il a aussi été manipulé volontairement et explicitement, pour des raisons diverses : soit pour raccourcir le texte source, soit pour ramener le message du texte source à une cible différente du public initial ; soit pour des besoins d’ordre culturel. Exemples : n°10 Œdème : tuméfaction diffuse, étendue, ferme, ne prenant pas le godet (a) , à bords mal définis (b), parfois douloureuse, avec ou sans modification de la pigmentation de la peau affectée (c). Elle peut s’étendre à une partie d’un membre ou à un membre dans son entièreté et elle s’associe à des troubles généraux(d) (fièvre) (e) . Mvím: alɛd ḿvúsɛ́n ó ayamɛn, ó tɔ̌ təgɛ líg edúág(a); ḿboməná təgɛ tonə á yéne(b), ó tɔ̌ dzǎm atɛ́ ngə́ atɛ́; a tɔ̌ fəg nâ ékob yə á ḿboməná mvím é nə dzǎm abɔ̌ esúsóde ngə́ kig təgɛ tsə́nde nyúl (c). É nə dzǎm ayamɛn á etun edzo ngə́ kig á edzo ésə. Nala á nə́ fə dzǎm asɔ́ ai abim endə́gə́lə́ á nyúl ésə (d) (ánə́ mbédán ayóŋ) (e). En (a), nous avons reformulé l’occurrence des mots par souci de respect du génie de la langue d’arrivée. Ainsi, l’adjectif “ferme” est continu au nom, car pour avoir une unité naturelle et par souci d’économie phonétique, nous avons admis qu’il faut commencer par l’état au toucher. Car le toucher rend compte de ce qui est visible et de ce qui est palpable. Qui plus est, nous avons condensé les deux adjectifs « diffuse » et« étendue » en un seul sens : ayamɛn. En (b), nous avons considéré les « bords » de l’ulcère comme son pourtour d’où la traduction ḿboməná . Par ailleurs, nous avons pensé que l’expression « mal définis » voulait dire « difficile à circonscrire à l’œil nu ». Raison pour laquelle nous l’avons traduite par təgɛ tonə á yéne. Afin de rendre le sens de (c), nous avons réécrit cette unité de sens littéralement ainsi: « et aussi que, la peau du pourtour de l’œdème peut être dépigmentée ou peut ne pas changer de corps ».En (d), l’adaptation vient de l’interprétation formulée par cette traduction littérale. Cela peut également entraîner certains supplices. Par ailleurs, en (e) nous avons adapté le mot 26 Bastin, G. L., « La notion d'adaptation en traduction », in Meta, XXXVIII, 3, 1993, pp. 473478. 101 « fièvre » ou fibə par augmentation de la température qui se dit mbédán ayóŋ, littéralement: augmentation de la chaleur. II.1.1.f. La terminologisation Elle consiste à transformer un mot ou une expression de la langue générale en un terme spécialisé. Le terme gagne en valeur sémantique en ce sens qu’il change de signification tout en conservant sa graphie initiale. Exemple: n°11 II.1.1.g. La déterminologisation C’est un procédé par lequel les termes de la langue spécialisée rentrent dans le langage commun. Exemple: n°12 Ostéomyélite: okɔ̌n bivɛs (Maladie des os) En français, le terme relève du jargon médical alors que son équivalent bəti-faŋ se rapporte au parler général. I.2. Difficultés terminologiques 1.2.1. Registre de langue Le problème de régistre de langue se situe à deux niveaux en traduction médicale. Il s’agit du choix habituel entre langage courant et langage soutenu et du choix entre langue de spécialité et langue générale voire même de passer de l’une à l’autre suivant le destinataire du texte. Or, nous avons constaté en réalisant notre traduction que le français possède plusieurs termes pour désigner la même notion médicale. Exemple :n°13 a)agent causal b) agent étiolique c) germe responsable d) agent pathogène; Le traducteur se retrouve donc face au problème du choix des mots. En bəti-faŋ, nous avons eu le choix entre edzom dza vəlittéralement chose qui donne et óngəngəmə ǎ kalan, microbe qui transmet. La première difficulté a été de trouver les différents contextes d’utilisation de chacun des termes a, b, c, et d. Avec l’appui d’un spécialiste, en l’occurrence le Dr Pacale Abena, médécin infectiologue, nous avons dégagé la quasi synonymie du sens de ces termes. Le contexte nous a également amené à regrouper le sens du terme M.ulcérans avec ceux des termes précédents, dans la mesure où M. ulcérans dénomme simplement l’agent resposable de l’ulcère de Buruli. C’est la raison pour laquelle nous l’avons souvent utilisé dans notre traduction pour rendre l’un ou l’autre des termes précédemment mentionnés. 102 Soulignons par ailleurs que notre choix des mots en plus de répondre à la spécificité terminologique de la traduction médicale, a également été mû par le principal public cible de cette traduction à savoir les populations riveraines du fleuve Nyong, notamment celles du Nyong et So’o et du Nyong et Mfoumou. 1.2.2. Public cible Connaître notre principal public cible a été capital dans le choix des termes à retenir pour notre traduction. En effet, le texte d’arrivée est de nature différente à notre intention de traduction. Car le texte source est un document édité par l’OMS dans le cadre de l’objectif de lutte contre l’ulcère de Buruli. Il est écrit par plusieurs médécins pour un public relativement savant, compte tenu des notions à caractère purement scientifique abordées dans ce volet. Notre intention de mettre ces informations à la disposition des populations prioritairement rurales dont le niveau de culture est relativement moins élevé que celui de la cible du texte français, nous a conduit à expliquer la plupart des termes spécialisés, notamment ceux dont les équivalences ne sont pas clairement établies en bəti-faŋ. A titre d’exemple, voici quelque termes relatifs à l’épidémiologie, tirés de notre corpus. Exemples: n°14 a. Histopathologie:Identification microscopique des dégats cellulaires observés dans une pathologie donnée : mimfas mí aled é kán okɔ̌n ó man ya ándáman nyúl analyse cl4 montrer dem comment maladie cl 11 Conclusif Term endommager corps b. Pathogénie: Processus d’installation et d’évolution d’une maladie; Ndɔ́ŋ okɔ̌n á nyúl Historique maladie dans corps c. Phase de latence: Période entre le moment ou on contracte une maladie et le moment ou les premiers symptomes apparaissent; ǹtɔbɛn ya ékyɛ́ fait de demeurer dans enveloppe de couvée d. Toxine: substance secrétée par une bactérie et induisant des dégâts tissulaires à distance du point d'innoculation de la bactérie; ǹsul (poison) e. Effets cytotoxique : effet produit par tout médicament ou moyen de défense immunitaire (anticorps) capable de tuer les cellules vivantes. É dzom é nə́dzam wé angəgab nyúl dem chose rel cl7 pouvoir Prob tuer cellule f. Nécrose: Mort cellulaire ou tissulaire par manque d'apports de substrats tels que le sang, l'oxygène etc Éwemənga 103 Desquamation g. Agent etiologique: Agent responsable: óngə́ngə́mə́ microbe ǎ qui il kalan donner+Prés h. Granulomes: couronne formée par un amas de cellules granulomateuses type cellules de Langerhans pour encercler et isoler la bactérie afin de la neutraliser, sans la tuer; mais ce phénomène empêche la bactérie de se multiplier dans l'organisme: nló (fol): tête (ulcère) Par ailleurs, il nous est souvent arrivé d’inférer le sens des termes de spécialité médicale afin de mieux comprendre leur contexte d’utilisation.Nous avons, à cet effet, consulté des dictionnaires médicaux unilingues, notamment Nobel et Veillon (1969) et Quevauvilliers (2009), pour mieux cerner le sens dans son contexte. 1.2.3 Terminologie médicale du français Pour le francophone devant traduire vers le bəti-faŋ, une grande difficulté se situe au niveau du texte source lui-même. Sa difficulté à appréhender le texte français le désanvantage pour la traduction. En effet, le texte médical, du fait de sa technicité, est presque comparable à un texte rédigé en langue étrangère. Voir les exemples n°13 et 14. 1.2.4 Respect de l’idiotisme Tout comme en traduction générale, le traducteur du texte médical se trouve très souvent confronté aux idiotismes qui posent le problème de reformulation. En effet, le traducteur peut comprendre le texte français et maitriser la terminologie bəti-faŋ, mais peut avoir de la peine à reformuler le texte de sorte à le rendre « véritablement»bəti-faŋ. Soit cet extrait de notre corpus: « Les granulomes détruisent alors l’agent étiologique et la maladie disparaît en laissant des cicatrices ». Rappelons l’importance pour le traducteur de comprendre le sens et le contexte du terme “granulome”. Ce dernier se définit: Formation tumorale d’origine inflammatoire aux causes variées (tuberculose, syphilis, etc.)27. De l’avis du Dr Pascale ABENA (Op. Cit), ce terme renvoie à une « couronne formée par un amas de cellules granulomateuses type cellules de Langerhans pour encercler et isoler la bactérie afin de la neutraliser, sans la tuer; mais ce phénomène empêche la bactérie de se multiplier dans l'organisme ». Dans la culture bəti-faŋ, ces définitions décrivent le terme ǹlo fól,littéralement en français, “la tête” pour le singulier et Minló mí fól pour le pluriel. En outre, les termes ci-dessous pourraient se traduire dans la terminologie générale 27 Hachette (2001) 104 bəti-faŋ par dzuad ouekəl selon la taille de la lésion. Pourtant, pour faire typiquement bətifaŋ, le puriste émettrarespectivement les traductions ci-après enobservant les planches en annexe de ce document dont les numéros et les termes suivants:Streptococcie cutanée (Planche 42). « Abcès froid » :ekəl;Phycomycose sous-cutanée sur la poitrine :mbə́bá (Planche 45); Morsures d’insectes ou d’araignées :alɛ́na ; (Planche 40). Actinomycose : nsɔŋmətolog ; Stomatite gangréneuse ou noma : myé zɔg yə á məsɔ̌ŋ(Planche 41). 1.3 Difficultés syntaxiques Les problèmes syntaxiques se posent régulièrement au cours du processus de traduction. Cependant, la spécificité du langage médical se repercutera jusque dans le style syntaxique. Il incombera donc au traducteur de se familiariser avec ce style particulier propre au jargon médical. Toutefois, le traducteur, lors de son activité, doit veiller à l’accessibilité du message dû au changement de cible comme cela a été le cas pendant la traduction de notre corpus. Rappelons que le texte source visait un public médical tandis que le texte cible est principalement destiné à un public général dont le cœur de cible se situe dans les communautés rurales. Les problèmes de syntaxe auxquels nous avons été confrontée dans notre activité traduisante sont, pour la plupart, liés à l’écart linguistique des deux langues en question. En effet, le français est une langue indo-européenne de la famille des langues romanes. Le bətifaŋ, en revanche, est une langue bantou équatoriale nord B du groupe basaa- bəti. 28 Ces problèmes sont relatifs à l’accord de classe nominale,auchoix du déterminant, à la traduction des titres et au choix des structures idiomatiques. 1.3.1. Accord de classe nominale La classification nominale est typique des langues bantu. Leprincipe de base n'est pas très éloigné de celui du genre et du nombre en français. Soit les exemples suivants : n°15 Traduction : a) Le large et profond ulcère est purulent É fol é nə ndam ai édɔ́g e nə Dem ulcère rel cl5être+Prés largeur et profondeur cl7 être+Prés pus Litt: Un (quelconque) ulcère qui est large et profond est purulent 28 Classification Atlas linguistique du Cameroun (2012) avin 105 b) La large et profonde lésion est purulente E ńtugəlɛ́nónə ndam Dem lésion ai édɔ́g rel cl3 être+Prés ó nə large avin et profond cl3 être+Prés pus Litt: Une (quelconque) lésion qui est large et profonde est purulente c) Les larges et profonds ulcères sont purulents E mə fol mə nə ndam ai édɔ́g mə nə Dem cl4 ulcère rel cl4 être+Prés large avin et profond cl4 être+Prés pus Litt: Ces (quelconques) ulcères qui sont larges et profonds sont purulents d) Les larges et profondes lésions sont purulente E mitugəlɛ́nmi Dem lésion nə rel cl4 être+Prés ndam ai édɔ́g large mi nə avin et profond cl4 être+Prés pus Litt:Ces (quelconques) lésions qui sont larges et profondes sont purulents On constate que suivant le genre (ulcère, lésion) et le nombre (ulcères, lésions) du nom qui constitue le pivot de la phrase, différents éléments (article : le, la, les; adjectif : large(s) / profond(s), pronfonde(s), changent de forme pour s'accorder avec le nom. Il est en français tout à fait impossible de ne pas faire l'accord et de dire : *la profond lésion ou *le profonde lésion, par exemple. C'est d'ailleurs une des difficultés de l’apprentissage de notre langue par un étranger. Car, il n’est pas aisé d’identifier le type d'accord que doit prendre un nom donné. [C'est relativement facile pour "ulcère" et "lésion", une fois qu'on a appris la différence entre masculin et féminin] Le système de classes nominales du bəti-faŋ fonctionne suivant le même principe, mais au lieu d'une simple opposition masculin / féminin, avec une opposition secondaire entre singulier et pluriel on a affaire à une quinzaine de classes. En effet, contrairement au français où la marque du pluriel vient s'ajouter indifféremment à tous les singuliers et consiste en fait en un "s" qui s'écrit mais ne se prononce pas (on notera quand même : bail / baux où l'opposition singulier / pluriel est repérable à l'oral - on ne dit pas *chevals ! - mais ces cas sont rares), en bəti-faŋ, chaque classe singulier a comme contrepartie une classe de pluriel – on parle dans ce cas de "paires de classes", ou encore de "genres". (Voir Chapitre 1) 1.3.2 Choix du déterminant Par ailleurs, les exemples ci-dessus nous permettent d’aborder une autre difficulté de 106 traduction au plan syntaxique: le choix du déterminant. En effet, les exemples a,b,c et d montrent que la traduction des déterminants (article défini, indéfini, adjectif démonstratif, indéfini,etc.) n’obéit à aucune autre règle qu’à celle du respect du génie de la langue. Car dans nos exemples, le texte français emploie l’article défini alors que le bəti-faŋ utilise soit - l’article démonstratif +le relateur de classe nominal pour mettre en focus sur le topic de la phrase. Exemple: n°16 • E ntugəlɛ́n ó Dem lésion • E rel cl3 mitugəlɛ́n mi Dem lésion - rel cl4 Soit une forme qui élide le déterminant sans toute fois rendre la phrase agrammaticale Exemple : n°17 • ńtugəlɛ́n ó lésion • relcl3 mitugəlɛ́n mi lésion rel cl4 1.3.3.Traduction des titres La plupart des titres de textes et paragraphes de notre corpus sont des titres informatifs compte tenu du fait que notre traduction s’adresse à un public non spécialisé. Exemples : n°18 (a) Chapitre 7 : Pathologie; Traduction: Ngap zambgálá : m̀ fasɛn ákɔ̌n Part (b) Pathogénie; Traduction: Ndɔ́ŋ okɔ̌n septième á analyse maladies nyúl Histoire maladie dans corps (c) Histopathologie; Traduction:Mimfas mí okɔ̌n á bilə́mbə Analyses cl6 maladie dans microscope 107 Ces traductions ont pour but de donner l'essentiel de l'information en un minimum de mots. En revanche, nous avons dû étoffer certains surtitres afin d’être précis et parvenir à une formulation plus authentique dans la langue d’arrivée. A titre illustratif, pour traduire le surtitre “Dr Wayne Meyers et Dr John Hayman” nous avons dû ajouter littéralement “ c’est eux qui ont écrit” pour dire “ en sont les auteurs” ou “écrit par”. Cela nous a donné la traduction suivante: (d) Dɔ́bəda Waynz Meyer bân dɔ́bəda Jean Hayman é mbə bə́ ngáatili Docteur Waynz Meyer lui avec docteur Jean Hayman rel cl2 3pl P3 écrire 1.4.Choix des structures idiomatiques La traduction en bəti-faŋ appelle souvent l’utilisation de structures idiomatiques, notamment dans les cas de mise en relief. Exemples: n°19 (a). En l’absence de surinfection, les ulcères restent indolores ou très peu douloureux et ils ne sont pas particulièrement malodorants. Traduction: Ngə́ ǹtógɛ́n mɔ́mɔ́,məfól təgɛ atɛ́ ngə́ kig éyɔŋmintɛ́mí nə́, Si aggravation nul ulcèresNeg être douloureux ou bien lorsque douleur cl4 être+Prés mí nə abɔ́d. Məfól mə́tě mə́ nə fə təgɛ akúndi mbéenyum cl4 être+Prés peu. Ulcères cl4+là cl4 être+Prés Réit Neg dégager+Pej mauvais odeur. (b). On sait que la construction de barrages sur les rivières et les cours d’eau crée un environnement favorable à la multiplication de l’organisme et donc des cas d’ulcère de Buruli. Traduction: Bə́ a ayəm nâ é vóm bə́ a yəg myəgə́ ǹtaŋán á aswé 3sg Prés savoir que dem endroit 3sg Prés construire barrage homme blanc dans cours d’eau ai á aswé nén ó a vəŋɛn sí təgɛ bikɔnɔ ásúǹfwɛ́n óngə́ngə́mə atɔ̌m et dans cours d’éau grand cl7 Prés devenir terreau fertilpour reproduction microbe UB Les expressions soulignées en (a) et (b) sont respectivement traduites par celles marquées à la suite. Ainsi, “malodorants” est rendue par “akúndimbé enyum”,litéralement “dégager une mauvaise odeur”.Pourtant, le raisonnement premier de la traduction de l’adjectif “malodorant” s’exprimerait par “qui sent mauvais” ou anyum abé. Le mot “akúndi” 108 (dégager), constitue avec enyum (odeur ), une expression idiomatique propre au bəti-faŋ. Il en est de même pour “a yəg myəgə́” (construire un barrage): “construire” dans ce contexte pourrait être littéralement être rendu par “aloŋ”. Or, cela poserait un problème de collocation en ce sens que l’expression “a loŋ myəgə́” n’est pas naturelle en bəti-faŋ.Le même raisonnement tient pour l’idiotisme“sí təgɛ bikɔnɔ” (terreau fertile) traduisant “environnement favorable”. Outre les concepts linguistiques, étudier le processus de traduction consiste à également à effleurer l’interdisciplinarité. Laquelle caractérise actuellement les sciences du langage. Ainsi, nous avons aussi orienté notre analyse vers les domaines de la pragmatique de la communication, des sciences cognitives, de la sémiologie et de la traductologie. II. Concepts extra-linguistiques d’analyse de la traduction Le processus de traduction n’est pas simplement la confrontation de deux langues face à une réalité qui serait identique, mais aussi la confrontation de deux réalités : il s’agit effectivement à travers la traduction, de passer d’une langue à l’autre et également d’un univers extra-linguistique à l’autre, d’une expérience cognitive à une autre. Reconsidérons la notion d’ « équivalence » abordée en II.1.1.d.Vinay et Darbelnet affirment qu’elle est « La possibilité que des textes rendent comptent d’une situation en mettant en œuvre des moyens stylistiques et structuraux entièrement différents » (op.cit : 52). La traduction serait alors une transposition de la situation initiale de la langue de départ (langue source) en situation cible son équivalent en langue d’arrivée (langue cible). Il convient d’émettre certaines réserves quant à cette définition, car l’on ne traduit pas des réalités (si « réalités » signifie « situations ») : la traduction n'est pas une transposition des situations d'un lieu à un autre. Elle n'est pas non plus le passage du lieu d'où l'on reçoit le message vers le lieu d'où il nous vient. Elle est un acte de communication qui se déroule de la même manière que toute communication en une seule langue. Vinay et Darbelnet étudient la traduction comme produit. Ce que ces auteurs appellent « procédés techniques » de la traduction ne peut correspondre qu'à un certain nombre d'étiquettes posées a posteriori aux résultats de la traduction. Or, notre mémoire s’interesse aussi à la traduction comme processus. Dans un chapitre intitulé « Qu'est-ce que la traduction? », Taber et Nida (1971 :11) définissent la traduction non en termes de passage d'un texte en LD (Langue de départ) vers 109 un texte en LA (Langue d’arrivée), mais en termes de reproduction du message de LD (dite aussi LS ou langue source) en LA (dite aussi LC ou langue cible): « La traduction consiste à reproduire dans la langue réceptrice le message de la langue source au moyen de l’équivalent le plus proche et le plus naturel, d’abord en ce qui concerne le sens et ensuite en ce qui concerne le style ». Cette définition insère, sans le dire, la traduction dans le vaste domaine de la cognition. En parlant de «la reproduction», elle admet que le traducteur comprend d'abord le message avant de le «réexprimer» en langue cible. En outre, cette définition pose implicitement l'existence d'un « langage universel » constitué des concepts, auxquels le traducteur a recourt pour trouver les équivalents en langue cible. A défaut d'un pareil raisonnement, la traduction serait difficilement réalisable. Lorsque l'on reconnaît qu'il existe une possibilité d'équivalence entre deux messages appartenant à deux situations socio-culturelles et spatio-temporelles différentes, c'est que l'universalité de la traduction est une évidence. Par conséquent, l'on ne traduit pas la forme mais le sens, car le sens est ce qu'il y a d'universel. Dans le cadre de la traduction d’un texte scientifique émis en français vers une culture où les réalités décrites dans le texte source sont dites étangères, nous avons effectivement admis que le sens relève de la pensée humaine. En effet, l’ulcère de Buruli renvoie pour les riverains du Nyong, à un sortilège. Fort de cela, nous avons localisé le discours de l’OMS afin de contribuer à l’acceptation de cette maladie dans la culture bəti-faŋ. C’est dans cette optique que nous nous sommes inspirée de l’approche interprétative décrite en I.7 B de notre introduction générale. Toutefois, nous pensons que la définition de l’ « équivalence » proposée par Taber et Nida,pose des problèmes lorsque ses auteurs ajoutent que l'équivalence concerne le sens et le style. D’abord, elle devient redondante en parlant de l’équivalence du sens car l’on ne traduit que le sens en vue de véhiculer le message. Ensuite, en parlant de l’équivalence du style, cette définition trahit son attachement indéfectible à la conception linguistique de la traduction, celle qui repose sur la comparaison des textes (le texte de départ et celui d’arrivée). De notre point de vue, l’opération renvoie à une quête qui, non seulement sonde des choix lexicosémantiques ou stylistiques, mais surtout opère des choix des contextes pertinents. C’est la raison pour laquelle dans notre traduction, nous avons tenu compte du style pragmatique, c'est-à-dire celui lié à l’énonciation et non à la littérarité. 110 D’ailleurs, Dubois et al (1973 :490) donnent à l’opération de traduire le sens suivant : « Traduire c’est énoncer dans une autre langue (ou langue cible) ce qui a été énoncé dans une langue source, conservant les équivalents sémantiques et stylistiques ». Pour sa part, Ladmiral (1979:223) définit la traduction comme « une opération de métacommunication assurant l’identité de la parole à travers la différence des langues ». Dans la précédente comme dans cette dernière définition, la traduction est considérée comme une reénonciation d’un message tel qu’on l’a compris en langue source. Et de manière explicite, toutes s’accordent pour situer la traduction au niveau de la parole (le message) et non au niveau de la langue. La traduction, désormais, doit être considérée comme portant sur le contenu d’un acte de parole. Soit l’exemple : n° 20 il pleut des cordes la traduction en bəti-faŋ sera: mbə̌mveŋ ánɔŋ mauvais pluie cl3+Prés pleuvoir La traduction littérale du français vers le bəti-faŋ ou vice versa rendrait incompréhensible le message. La traduction littérale de la version française en béti-faŋ sera : dzə anɔŋ miŋkɔl. Au lieu de « des cordes » (littéralement miŋkɔl), nous avons un adjectif de dégré « mauvais ». La traduction littérale de la version béti-faŋ sera « une mauvaise pluie pleut ». Pourtant, notre traduction confirme l’assertion « deux cultures, deux langues, un seul message » Soit cet exemple n°21 extrait de notre corpus : « Au début de la phase de guérison, on observe qu’une réaction granulomateuse (a) d’hypersensibilité (b) encore mal organisée (c) se développe dans le derme(d)et le pannicule(e). ». Nous avons proposé la traduction suivante : Á mətádí mé ǹlɛdán, bə́ abílí nâ fól dzə akúli Au commencement cl6 guérison, 3sg Prés+remarquer que ulcère rel cl10 Prés +sortir rel+cl miǹló(a) mí tɔ̌ kási(b) mí tɔ̌ fəg á zamzamzam, (c) á ngab ekob bɛ̂(d)ai têtes rel cl3 Etat hypersensible rel cl3 EtatRéit désorganiser+red,dans derme et á avɔ́ŋ yə á ekob sí(e), amú mə́ lúməná(f). dans graisse de peau en-dessous,à cause cl6 réaction immunitaire. 111 Sur la base de ces exemples, nous constatons que même si l'énoncé est la mise en fonctionnement des significations linguistiques, l'opération de la traduction constitue un acte énonciatif. Ainsi,(f) découle de l’interprétation du terme réaction granulomateuse. Selon les informations collectées dans divers documents relatifs à ce terme, l’inflammation à granulome fait suite à la réaction immunitaire de l’organisme suite à une aggrétion. Mə́ lúməná : littéralement signifie combat mutuel. Dans notre processus de traduction, nous avons contextualisé cette expression dans le domaine de la physiologie et supposé que le combat entre le système immunitaire de l’organisme infecté et la mycobactérie est à l’origine de la réaction granulommateuse. Dès lors, il convient de circonscrire notre conception de la communication. Nous corroborons la définition de Sperber et Wilson (1986 : 11) selon laquelle : « La communication est un processus qui met en jeu deux dispositifs de traitement de l’information. L’un modifie l’environnement physique de l’autre. Ceci a pour effet d’amener le second dispositif à construire des représentations semblables à certaines de représentations contenues dans le premier». Cette citation nous éclaire sur l’acte de communication: La traduction est un acte de communication qui consiste en une mise en jeux d’un dispositif de traitement d’informations ayant pour objectif de susciter une réaction (c’est-à-dire amener le récepteur à concevoir des représentations pareilles à celles des locuteurs de ce message en langue source). Ce postulat met en jeu deux dispositifs dans un schéma double : schéma simultané dans le cas d’une interprétation simultanée ; schéma différé, dans le cas d’une traduction d’ oeuvre écrite. Dans le premier comme dans le second schéma, le traducteur traite des informations et les transmet au moyen du langage verbal, plaçant et replaçant chacun de ses énoncés dans un contexte. Toutefois, nous ne soutenons nullement que la traduction se déroule sous le modèle du code. Pour nous, la traduction est un processus inférentiel. En effet, le traducteur a pour point de départ des prémices à partir desquels il tire des conclusions. Il interprète des énoncés et des phrases. D’où la pertinence de la notion de contexte de traduction. Lequel est construit au fur et à mesure par le traducteur. Ainsi donc, nous avons eu recours à l’inférence logique de certains concepts. Il s’agit notamment d’obtenir le sens à partir des éléments du corpus. Nous avons, par exemple, observé les images des planches en annexe au document à partir duquel nous avons extrait le corpus à traduire, afin de mieux comprendre la partie du corpus intitulé diagnostique différentiel. Il nous est également arrivé de nous appuyer sur l’inférence pragmatique, c’est- 112 à-dire sur notre expérience du monde et nos connaissances, pour traduire ce passage comme certains autres. Dans cette perspective, nous nous sommes efforcée de rester fidèle à l’intention communicative du locuteur (ou auteur) du message premier, au cours de notre traduction. Cela nous a permis de rendre possible la traduction d’un discours scientifique vers une cible relativement moins savante. Ainsi, nous nous sommes appliquée à tenir compte du champ relationnel. A cet effet,nous avons circonscrit notre cible principale à un public monolingue. Et opté pour des concordants qui permettent au maximum d’exprimer de manière équivalente et efficace la même intention que celle du texte source. 113 CHAPITRE 4: TERMINOLOGIE Il est question dans ce chapitre de procéder à l’extraction terminologique de certains termes. L’extraction terminologique suppose deux activités essentielles : l’acquisition terminologique qui implique la découverte de nouveaux termes, et l’élaboration de l’arborescence. Le but de l’acquisition terminologique est la constitution de ressources terminologiques telles que les vocabulaires contrôlés, les index structurés et les ontologies. Nous avons utilisé les outils d’extraction terminologique bilingues, fondés sur une analyse des certaines parties du corpus et des technologies d’alignement visant à extraire des termes candidats et leurs traductions. L’objectif visé est d’assister le processus de recherche d’information lors de la phase d’expansion de la requête au cours de la recherche d’information interlinguale ou lors d’interrogation de bases de données. Ces composants monolingues ont permis l’élaboration des arborescences et l’extraction terminologique. Les composants bilingues en revanche sont utilisés pour la traduction ainsi que pour la recherche d’information dans des bases documentaires multilingues . I. Arborescences Il s’agit de la représentation graphique du domaine abordé. Deux arborescences précisent le domaine médical abordé dans ce mémoire: une arborescence générale et une spécifique. I.a Arborescence générale Elle permet de ressortir les trois sous-domaines relatifs à l’étude et à la lutte contre l’ulcère de Buruli. Epidémiologie Facteurs d’apparition Répartition géographique Ulcère de Buruli Pathologie et examens de laboratoire Cycle de la maladie Pathologie Examens de laboratoire Méthode de lutte Prévention Traitement Chaque sous-domaine s’ouvre sur des branches spécifiques. I.b. Arborescence spécifique Elle consiste à préciser chacun des aspects épidémiologiques propres à l’ulcère de Buruli. Aborescence épidémiologique de l’UB 114 Epidémiologie é mam mə tii ai okɔ̌n Facteurs d’apparition E mam mə sɔ́ ai atɔm Modification de l’environnement Bi s i e b a s i e á M. ulcerans uluséránəsə Abords du Nyong m̀ b o m ə ná n l ɔ̌ŋ Activités quotidiennes bisyé yə á amǒs ósə Adipocytes +phase de latence Avɔ́ŋ ai abog ékyɛ m̀ b o m ə ná Création de marécage artificiel m̀ b o nd ɛ́n biloabi ai biŋgas Agriculture marécageuse nsiɛ́n mefub a Pêche et élévage dans les marécages Forme évolutive Kán dzá náŋ Forme inactive Káné tə́lə́ biloabi ai a biŋgas Nyong et Mfoumou Nl ɔ̌ŋ ai mfumu Antécédent d’infection + Cicatrice en forme d’étoile Vóm ó ngátam yə a akɔ̌n Nyong et So’o Nl ɔ̌ŋ ai Soo Mengueme Mə́ŋgəmə Ayos Ayos Cycle de la maladie enyiŋokɔ̌n Répartition géographique au Cameroun miǹnam bod bə́ akɔ̌n atɔ̌m á sii Kamərun Nkolmetet Ŋkolmə́tɛ́t Forme non ulcérative Kán é nə́ zəzə avə́ŋ ai efə́l é tɔ̌ anə́ ótétě Dzeng Dzə́ŋ Endom Endom Papule atólóg Nodule étúd Kobdombo Kɔ̌bdɔmbɔ Mengang Mə́ŋgáŋ Akonolinga Akonoliŋgá Plaque abád Œdème + Fièvre Mvím ai mbedɛ́nayóŋ Forme ulcérative fól 115 II. Glossaire Le glossaire est une base de mots, sigles, acronymes et expressions professionnels, classés par ordre alphabétique. Chaque terme est accompagné d’une définition courte, parfois d’une explication plus longue selon les domaines abordés. L’encyclopédie virtuelle Wikipédia (07/11/2013) précise que : “Un glossaire est étymologiquement un recueil de gloses, c'est-à-dire de termes étrangers ou rares associés à leurs définitions et centré sur un domaine dont il détaille les termes techniques spécifiques, comme, le glossaire d'informatique, ou le glossaire de médecine.” . Dans ce mémoire, nous avons constitué un glossaire de médécine de dix vedettes axées sur l’ulcère de Buruli. 1. Abád : ǹtugəlɛ́n ó Plaque: lésion nə́ fə nə́ təgɛ tɛ́, ó tɔ̌ alɛd ai afib, ó cl3 être+Prés Neg être douloureux, cl3 Etat dur avec épaissseur, cl3 m̀ vúsɛ́n ó lodo tsəndé é bɛ̌ á ndam. Ḿboməná wě a être+Prés Réit enflement cl3 dépasser+Duratif centimètre deux de largeur diamètre poss cl3 nə bilamvomba, a selɛn ai ékob evwág amú a cl3 être+Prés cl être+Prés maldéfini, cl3 être différent+Prés de peau autre parce que 3sg nə afib ai alɛd. Á bə é bod bə́ avín, ékob dzám abomɛn dzə́ être+Prés épaisseur et rudesse Chez cl 2 dem personnes cl2 noirceur, peau rel cl 7 entourer+Prés rel cl7 a kadə bɔ́ zóde . Prés Fréq faire+Prés dépigmentation Plaque : lésion indolore, bien démarquée, surélevée, ferme et indurée de plus de 2 cm de diamètre et à bords irréguliers. La peau est souvent dépigmentée autour de la lésion chez les personnes à peau sombre. 2. Abog ekyɛ: Á nfasɛn nkɔl enyiŋ angəngəmə, abog té éndə óngəngəmə ǎ Phase de latence : dans analyse courbe vie koməsɛn nə ayi bɔ microbe nyúl mətom, á temps là alors microbe dzə̌ŋa é byəm bi se préparer+Accom peut Fut1 faire corps méchanceté cl11 chercher+Inch dem choses cl8 nə dzam vuala ǹnaŋɛn wě; abog té ǎ naŋ kig ngə kig a nə cl11 naŋ Pouvoir Prob aider croissance Poss 3sg temps là 3sg grandir Neg ou bien 3sg pouvoir grandir 116 otə̌təg. lentement Phase de latence : dans la courbe de croissance bactérienne, définit l'intervalle de temps durant lequel les micro-organismes préparent les conditions favorables à leur croissance ; la croissance est nulle ou très lente. 3. Atólóg : ntugəlɛ́n yə á ékob ó tɔ̌ tagə tɛ́. Ó nə fəg Papule: lésion de dans peau cl3 Etat Neg être douleux+Prés. Cl3 être+Prés Réit mvúsɛ́n tagɛ kwí tsəndé dziá á ndam. enflure+Accom Neg atteindre+Prés centimètre un de large Papule : lésion cutanée indolore surélevée de moins d’un centimètre de diamètre. 4. Atóm:okɔ̌n ó a abwali ékob á Olusə́ranəsə ǎ kalan. UB maladie rel cl 11 pourrir+Accom peau dont M. Ulserans 3sg transmettre+Prés Ulcère de Buruli : maladie infectieuse détruisant la peau et provoquée par Mycobacterium ulcerans 5. Étúd : alɛd ǹtugəlɛ́n yə á ekob sí ó bǎ ai dzə́, ó Nodule: dur lésion de dans peau dessous cl3 coller+Accom avec rel cl7, cl3 tɔ̌ təgɛ atɛ́, bə́ tɔ̌ dzə́ dzǎm abóbe, ó tɔ̌ fe dzǎm. Etat Neg être douloureux, 3sg pouvoir+Prés rel cl7 Prob palper, cl3 pouvoir Réit Prob ayaan démanger. Nodule : lésion ferme, indolore, palpable, souvent accompagnée d’un prurit, d’un à 2 cm de diamètre, localisée dans le tissu sous-cutané et en général adhérente à la peau. 6. Fól : ńtugəlɛ́n ékob təgɛ tɛ́ Ulcère : lésion avəŋ á bələ́ peau Neg être douloureux dont plaie á zǎŋ. Ḿboməná ó tɔ̌ m̀ fáɛ́n dans centre pourtour cl5 Etat creuser+Accom Ulcère : yá ai ekob é et peau cl7 biwéməga cl5 avoir+Accom nécrose tɔ̌ mvím. Etat enflure Lésion cutanée indolore, se caractérisant par un centre nécrosé, des bords creusés et une peau œdémateuse 7. Mvím: alɛd ḿvúsɛ́n ó ayamɛn, ó tɔ̌ təgɛ líg edúág; Œdème rudesse enflement cl3 répandre+Récip, cl3 Etat Neg laisser+Accom profond; ḿboməná təgɛ tonə á yéne, ó tɔ̌ dzǎm atɛ́ ngə́ kig təgɛ diamètre Neg véritablement Prés+être visible, cl3 Etat Prob être douloureux ou bien Neg 117 atɛ́; a tɔ̌ fəg nâ ékob yə á ḿboməná mvím é nə dzǎm abɔ̌ être douloureux; 3sg Etat Réit que peau de dans pourtour œdème cl7 être+Prés Prob être esúsóde ngə́ kig təgɛ tsə́nde nyúl. É nə dzǎm ayamɛn á dépigmenter +Accom ou bien Neg changer+Accom corps. 3sg Pouvoir Prob se répandre vers etun edzo ngə́ kig á edzo ésə. Á nə́ fə dzǎm asɔ́ ai abim partie membre ou bien vers membre entier 3sg Pouvoir Réit Prob arriver avec quantité endə́gə́lə́ á nyúl ésə. tourment dans corps entier Œdème : tuméfaction diffuse, étendue, ferme, ne prenant pas le godet, à bords mal définis, parfois douloureuse, avec ou sans modification de la pigmentation de la peau affectée. Elle peut s’étendre à une partie d’un membre ou à un membre dans son entièreté et elle s’associe à des troubles généraux (fièvre). 8. Ngul azómbǒ : ngul nyúl dzə́ abiali ai dzə ngə kig enyi dzə́ Force résistance force corps rel cl9 naitre+Accom avec rel cl9 ou bien dem rel cl9 abi ai nwonɛn asu yə na tə acquérir avec durcissement ai edzom e nə dzə akɔn eyɔŋ dzə atobɛn pour de que Neg rel cl9 être malade lorsque rel cl9 rencontrer tugulu nyul. avec chose cl7 être capable de léser corps Immunité : faculté naturelle ou acquise d'un organisme à ne pas devenir malade face à un agent pathogène (poison, toxine, microbe) 9. Nsúl : é dzom é sə nə dzam vé ngə á zu ai edəgələ ngə okɔ̌n Poison dem chose cl5 tout pouvoir Prob donner soit amener avec trouble ou maladie á nyúl bəvə́və̌ (mod, tsíd, bilɔg ai bilé), dzə a éyɔŋ é nə m̀ barán, dans corps être vivant (homme, animal, herbes et arbres), même lorsque cl5 être infime é nə fə sɔ ai akɔn ai mindzug (á biəm yə á abum, bə ndalga, cl 5 être Réit venir avec maladie et tourments (dans chose de dans ventre pl membrane angəngab nyúl, ai mədim yə a nyúl) yə a mod cellule et eaux eziŋ a se kig dzam de dans corps) dont homme quelconque cl1 pouvoir+Neg Prob a sié. soigner Toxine : substance capable, à des doses très faibles, de provoquer la mort d'un organisme vivant (homme, animal, végétal) ou d'induire des désordres pathologiques irréversibles ou réversibles au niveau des organes, tissus, cellules ou liquides biologiques de 118 cet organisme. ondondɔ ǎ fəb : asu dɔbəda, a nə evəgə bə abɔ ai Injection 3sg tester+Accom pour hôpital 3sg être test á bələ angəngəmə á cl5 avoir+Accom microbes avəg, bə abede atué te á ntué ya bəbâla atué cl2 faire avec goutte bə nyul, bəbâla yə a bə cl16 être Term gardiens cl2 corps gardiens de dans cl2 ekob (abui biyɔŋ bə abede á nnəmə wɔ) essayer 3sg poser goutte là dans peau ( beaucoup temps 3sg poser sur coeur bras) abog tě bə alum ondondɔ a nə tagɛ ai okɔn á ngab bɛ̌ yə á Temps là 3sg piquer injection cl5 être Neg avec maladie dans partie deuxième de dans ékob. Kan m̀ vussɛn dzə akui é dzə́ dzə alədə ngə mod peau type enflure rel cl7 sortir cl7 rel cl7 qui montrer si ǎdzəŋ abələ ongəmə bə homme avoir microbe 3sg ngə mɔmɔ. chercher ou rien Intradermoréaction (IDR) est, en médecine, un test réalisé à l'aide d'une goutte de liquide contenant les antigènes à tester, posée sur la peau (généralement de l'avant-bras), à travers laquelle on va piquer l'épiderme à l'aide d'une aiguille stérile. La réaction inflammatoire (hypersensibilité de type IV) obtenue détermine si le sujet possède ou non les anticorps correspondants au produit testé (tuberculose, pollen, etc.). III. Lexique Le lexique d'une langue est un ensemble de mots aux dimensions variables. En effet, il est impossible de recenser dans un seul document, tous les mots d’une langue ou d’un domaine. Car, le fait que certains mots apparaissent ou disparaissent, rendent les limites d’un lexique difficiles à cerner. Dans ce mémoire, nous avons choisi de mettre en exergue cent lèmmes (ou entrée), en marge de tous ceux qui ont été explité dans le glossaire et sur les fiches terminologiques. 119 Tableau n°:13: Lexique de l’ulcère de Buruli N° d’ordre Lèmme français Traduction en bənə observations 1 Abcès mycobactérien ekəl « abcès » 2 Actinomycose 3 Aggraver emag mwád « amas furoncles » (á)tóg (avə́ŋ) « Aggraver (plaie) » En bənə, trois termes sont employés pour désigner ce terme français abcès. Selon le lieu d’apparition, on peut avoir:“mbə́mnɛ” abcès logé sur le sein; “alɛna”: abcès issue d’une morsure d’araignée ou de tout autre insecte et “ekəl” pour tout autre type d’abcès. Néologisme issue d’un élargissement de sens. 4 Amas ; tas Avís S’utilise en collocation avec le substantifavə́ŋ:plaie. Cependant, le mot (á)yag, est employé en collocation avec okɔ̌n:maladie Élargissement de sens « Tas » 5 Amputation de membre 6 Analyse ǹtsígɛ́n édzo « action de couper membre » Mimfas « analyses » 7 Articulation(s) Dz(m)ooga revitalisation «Articulation (s) » 8 Barrage myəgə́ Élargissement de sens « digue» 9 Bilharziose 10 Cancer 11 Capacité immunitaire 12 Cellule 13 Centimètre 14 Cercle Ńnyííná « bilharziose » kaŋsɛ́r « cancer » ngul mə́ lúməná « force de combat » angəngáb nyúl « infime+particule corps » tsende « centimètre » ngiləná « tour » revitalisation Néologisme néologisme revitalisation revitalisation 120 15 Chapitre 16 Cicatrice 17 Classification patients Ngap part Éfəl cicatrice des Məkán minkókɔ̌n Types malades 18 Cloison 19 Coagulation 20 Coloration 21 Combattre 22 Complication ; aggravation (maladie) 23 Définition de cas Ńtsígi séparation ǹwónɛ́n coagulation məyaŋ couleur (á) lúmɛn combattre ǹyáɛ́n aggravation Mətimi mə́ okɔ̌n Néologisme: sémantique élargissement Néologisme: sémantique élargissement Voir lèmme n°3 Néologisme explicationde maladie 24 Démanger (á) yaan démanger 25 Dépigmentation 26 Derme 27 Desquamer Zóde dépigmentation ngab osuyə á ékob part 1er de dans peau (á)wome revitalisation Néologisme nécroser 28 Détester ; avoir affinité pour 29 Diabète une (á) fəm détester Ǹkógo diabète 30 Diagnostic différentiel Akɔ̌n á nə bebe Maladies qui etre+Présproche néologisme 31 Diagnostiquer (á) big revitalisation diagnostiquer 32 Diphtérie cutanée 33 Docteur Manda Diphtérie cutanée dɔ́bə́dɔ personnel médical revitalisation 121 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 Effriter (á) Dúŋ S’user en s’effritant Épiderme ngab bɛ̌ yə á ékob part deuxième de dans peau Être infecté (á) bili Etre contaminé Être affecté (á)dzug Avoirlésion Excision ǹwámɛ́n fait de racler Exsudat edzúdzúg exsudat Fibrine Fibírína fibrine Galle ntsaŋ Bouton de galle Globule blanc bəzimbi yə á nyúl soldat de dans corps Graisse avɔ́ŋ graisse Grande saison des Susu pluies Grande saison de pluies Guérir (á) lɛd guérir Guérison mvǎ guérison Hermaphrodite ǹfwe etáṃa reproducteur solitaire Hygiène mətě higiène Hôpital ndá byaŋ maison remède Hypersensibilité Kási hypersensibilité Imbiber (a) táb imbiber Immunité à médiation ngul azombǒ nyul cellulaire force resistance corps Immunosuppressif ntugulu nyúl léser corps Injection ; piqûre ondəndɔ élargissement sémantique Néologisme revitalisation néologisme néologisme revitalisation néologisme revitalisation revitalisation néologisme néologisme 122 55 Insecte injection angə́ngɛ̌ néologisme insecte 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 Intradermoréaction óndəndɔ ǎ fə́b ngul nyúl injection qui évaluer force corps Lèpre Zam lèpre Lymphocyte T ləŋfositə tě Lymphocyte T M. Ulcerans uluséránəsə ulcerans Malodorant nkundi enyum empester odeur Manifestation clinique ndəm okɔ̌n d’une maladie preuve maladie Marais Engas marais Marécage elɔbi marécage Médecine traditionnelle məbálá bətí remèdes beti Membrane ndaləgá enveloppe Microbe óngə́ngə́mə microbe Microscope bílə́mbe loupes Moelle osseuse fɔ́ŋ moelle osseuse Morsure d’insecte ou alɛna d’araignée abcès Noma myé zɔg néologisme néologisme néologisme Elargissement sémantique revitalisation Elargissement sémantique Elargissement sémantique revitalisation Revitalisation, voir lèmme n°1 revitalisation noma 71 Organisation Elunga revitalisation (petite) association 72 Ostéomyélite Okɔ̌n bivɛs néologisme Maladie os 73 Ouest nyimbi dzob immersion solei néologisme 123 74 Particule Bimvúm revitalisation particule 75 Partie ronger 76 Pathologie 77 Pian ndyɛ́n (é vóm ó nə) rongée endroit cl11 être+Prés) m̀ fasɛn ákɔ̌n analyse maladie məbada néologisme revitalisation pian 78 Pourtour ; environnement 79 Prolifération 80 Rayons 81 Rayons actiniques 82 Rechute 83 Recommandation 84 Sang 85 Se reproduire 86 Se soigner 87 Séquelle 88 Sous cutanée 89 Symptômes 90 Synergie d’action mboməná pourtour ntólɛn prolifération Minkokwe rayons Akitiník Rayons actiniques nkúlɛn (okǒn) rechute (maladie) nyómə́lɛ́n sensibilisation məki sang (á) fwe Se multiplier (á) syébɛ́n Se soigner eyə́m handicape ekob sí peau en dessous məlída signes sə́sá ǹgula Élargissement de sens Revitalisation Élargissement de sens néologisme Elargissement de sens Néoligisme issue de la variante régional du dialecte bəti parlé dans la région d’Akonolinga, dans le Nyong et Mfoumou. revitalisation synergie 91 Technique ; savoir faire Akə̌ŋ Élargissement de sens miracle 92 Tissu sous cutané mintalɛnyə á ekob sí tissusde dans peau en dessous Élargissement de sens 124 93 Tissus mintalɛn Élargissement de sens tissus 94 Transmission ǹkalɛ́n transmission 95 Tremper (á) du tremper 96 97 98 99 Ulcère classique fól é nə zəzə ulcère qui être+Prés simple Ulcère phagédénique Biya tropical ulcère phagédénique Ulcère typique fól é nəǹgumkan ulcèrequi être+Prés spécifique Vacciner m̀ kpwəlɛ́n mvǎŋ revitalisation revitalisation revitalisation vacciner 100 Virulence IV. mətóm méchanceté Élargissement de sens Fiches terminologiques Elle comporte les informations consignées dans les dossiers terminologiques. Dans le cadre de ce mémoire, nous avons élaboré dix fiches terminologiques bilingues présentant le terme vedette dans chacune des langues en objet. Les fiches terminologiques présentées dans ce mémoire constitueront une base de données non exhaustives des termes relatifs à l’ulcère de Buruli, afin de surmonter certaines diffiultés detraduction et de faciliter la communication entre les locuteurs bəti faŋet les locuteurs français. IV.1 Comment lire une fiche terminologique Une fiche est un assemblage de champs. Chaque champ accueille un type particulier de données. Ainsi, un champ contiendra tantôt une vedette, tantôt une marque grammaticale, tantôt un code d’auteur, etc. En terminologie comparée, une fiche est composée d’au moins deux modules linguistiques et ces modules comprennent des champs répétitifs. Il s’agit notamment de la dénomination, du domaine, de la langue, de la définition, du contexte, des synonymes, des explications, des termes abrégés, des collocations, de l’identité, de l’Etymologie, des références bibliographiques, etc. IV.1.a:La dénomination (Terme vedette) 125 Elle est introduite par VE: vedette, et est saisie sous sa forme canonique; les substantifs sont écrits au nominatif singulier, les verbes à la forme infinitive, les adjectifs au masculin, etc. Les termes complexes techniques occurent dans leur ordre naturel. Exemple: Bacille acido-alcoolorésistant :Ángə́ngə́mə dá ngandza Microbe á aləkól qui resister+Prés même dans alcool IV.1.b: La langue Cette entrée informe sur le code langagier utilisé. L’abréviation porte très souvent sur les deux premières lettres de la langue ou sur les trois premières afin d’éviter toute confusion. Exemple:Fr:français; Bə:bəti;Bən:bənə IV.1.c:Le domaine ou DOM Il consiste à orienter la compréhension du lecteur par rapport à une signification précise. Pour ce faire, il est nécessaire que le sous domaine ou SDOM circonscrit dans le champ sémantique dans lequel la vedette soit compris. IV.1.d: La définition ou DEF Elle décrit une notion et permet de la différencier des autres notions à l’intérieur d’un système notionnel. Il est important de préciser la portée d’une définition en cas de besoin. En effet, certaines définitions ne sont propres qu’à un domaine précis. IV.1.e: Contexte: CTX SYN:Synonyme Terme abrégé ou ABR: certaines dénominations s’écrivent sous une forme abrégée (sigles, acronymes, etc.), qu’il convient de mentionner sur la fiche terminologique. Explication ou EXP: En l’absence de définition, la fiche terminologique doit comporter une explication, un contexte ou une illustration. B.E:Bureau émetteur, c’est à dire l’organisme pour lequel la fiche a été rédigée. Exemple: UYI-FALSH=Université de Yaoundé I-Faculté des Arts, Lettres et Sciences humaines. TY: Type, notamment la collection terminologique à laquelle appartient la fiche. NI: Numéro d’identification qui est également le numéro de la fiche. CM: Code matière ou de domaine. Dans ce mémoire, il s’agit de: la terminologie-Sémantique, codifiée LAB REF:Référence FT:Fiche terminologique Etymologie:Ety 126 Note ou NT: Cette entrée porte sur les observations qui ne sont pas coonsignées dans les autres rubriques de la fiche. On peut par exemple y préciser que le terme est une variation régionale. IV.2 Liste des vedettes Tableau N°14: Liste des vedettes N° Vedette en français d’ordre Agent étiologique 1 N° FT Vedette en bənə 3 Óŋgəgəmə ǎ kalan 2 Bacille acido-alcoolorésistant 7 Ángə́ngə́mə á nə́ ngul tɔ 3 Biopsie 6 Ǹfas bisərəga 4 Dépistage 10 M᷆bigɛn 5 Effet cytotoxique 2 Bəwě bə́ angəngáb nyúl 6 Forme ulcérative 9 (Ékan é nə) fól 7 Ganglion 8 M̀baŋ 8 Granulome 5 Ǹló (fol) 9 Histopathologie 1 Ndɔ́ŋ okɔ̌n 10 Médiation cellulaire 4 Ngúl azombo (nyul) á nyúl Domaine: symptomatologie, Diagnostic, cause de transmission; á aləkól 127 BE:UYI-FALSH TY:MEM14 NI:03 CM:MED-PATH AU:ENT FR VE Agent étiolique, exp DF organisme principal responsable de changements chez un animal hôte, conduisant à la maladie. PH Par exemple, la maladie du point blanc est due à cryptocarion (fréquemment). A ce moment-là, cryptocarion est l'agent étiologique. NT L’étiologie est l’étude scientifique du comportement des animaux dans leur milieu naturel. Cependant, l’étiologie est également une discipline médicale qui étudie les causes des maladies. RF Nikonov (V.). L'Étymol.? Non l'étiologie. R. intern. Onom. 1960, pp. 161-166 http://www.alorthographe.com/ Corinne Duval/18 juillet 2012 http://www.aquaportail.com/definition-5887-agentetiologique.html#ixzz2kPR53SwP SYN Agent causal OBS Étiologique ou éthiologique ? La bonne orthographe est : étiologique. Pas de ‘ h ‘. Éty Le mot vient du grec aitia = cause, et logos = science. Ne pas confondre avec ‘ éthologique ‘.Étiologique, adj.attesttesté en 1811 (Hanin Méd.); du radical étiologie, suff. -ique*. Bən Nló Ebug óngəngəmə ǎ kalan microbe Ntimɛn rel+Prés transmettre Dzom é nətín ǹtsedɛn á nyul ya okɔn ó nyinəya. Dzom te é dzǒ dza a zu Chose ay okɔn. Mbelɛn Anə́ óngəngəməá dzug bɔ á tin okɔn wɔ kuli mə tuɔn mə afum á ekob anə dzoé nə ǎ kəripotəkarieyɔŋ. Eyoŋ té bə adzo hə ná kəripotəkarieyɔŋ enyə anə óngəngəmə ǎ kalan wo. RF Ǹtimɛn ǹtili kalada SYN Óngəngəmə ǎ və 128 BE:UYI-FALSH TY:MEM07 NI:14 CM:MED-HISTOLOLOGIE AU:ENT FR VE Bacille acido-alcoolorésistant,expr DF bactérie ne se décolorant ni sous l’action des acides forts, ni sous l’action de l’alcool. PH Les mycobactéries sont ainsi définies comme des « bacilles acido-alcoolorésistants » ou BAAR. NT EXP: La propriété d'acido-alcoolo-résistance est liée à la structure même de leur paroi cellulaire qui forme une véritable enveloppe cireuse et protectrice du fait de sa richesse exceptionnelle en acides gras et lipides. RF http://dico-sciences-animales.cirad.fr/ (article acido-résistant) http://www.microbe-edu.org/glossaire/detail. http://fr.wikipedia.org/wiki/Mycobacteriaceae Bən SYN acido-résistant OBS BAAR Nló Ebug óngə́ngə́mə ǎ ngan dzǎ aləkol Ntimɛn É bakətəriya a nə tagə wudɛn ngə á bə asidə bə́ nə ngul, ngə á aləkol Mbelɛn Be a atag bə mikobakətəriya a nda ángə́ngə́mə da ngan dzǎ aləkol (ANDA) Nyəmetɛn Nganɛn â aləkol ó tii a nloŋɛn nyul angəgabə nyul daba,amu onə eyəyab ay asen. Anə fəgabui avɔn ay mbɔan nguməkan te oŋgwɔ wɔ a kamɛn ay angəgabə nyul á asidə á aləkol. RF Ǹtimɛn ǹtili kalada ABV ONDA /ANDA 129 BE:UYI-FALSH TY:MEM14 NI:06 CM:MED-HISTOLOLOGIE AU:ENT FR VE Biopsie, n DF Prélèvement d'une petite quantité de tissu en vue de l’examiner au microscope et de poser le diagnostic. CTX La biopsie permet d'étudier par la suite le tissu ou le morceau d'organe prélevé : grâce au microscopique échantillon de peau (biopsie cutanée) ou d'organe (biopsie de la prostate, biopsie de l'utérus et biopsie du col, biopsie des poumons, biopsie du rein...), le médecin pourra poursuivre ses analyses et avoir des résultats précis. NT Le terme biopsie a été utilisé par Besnier en 1879 pour désigner la technique employée pour prélever sur le vivant un échantillon, un fragment d'organe ou de tumeur afin d'apporter un diagnostic de certitude, après examen microscopique de la ponction constituée de tissu (ensemble de cellules) provenant de l'organe ou de la tumeur en question. RF Bulletin du Cancer. Volume 88, Numéro 8, 719-23, Août 2001, Editoriaux www.docteurclic.com/examen/biopsies.aspx http://dictionnaire.doctissimo.fr/definition-biopsie.htm Éty 1879 médécine. (Ernest Besnier dans Garnier-Del.); 1922 (Lar. univ.). Créé par le dermatologue français. E. H. Besnier [1831-1909] à partir du rad. du gr. β ι ́ ο ς (bio-*) et ο ́ ψ ι ς (opsie*). Bən Nló Ǹfas biserega ; Osélé yə á nyúl dzə́ akə á mimfas bílə́mbe Ebug Ntimɛn Ǹsedɛn mbaran nyul asu mimfas biləmbə ndəmbɛn bə nə dzam abig okɔn. Mbelɛn Ńfas biserega wɔ a vɔlɔ nə a bə fag á nyul bə̌ atsig. Bisedega ya ekob,ngə ebi bi pərosətad nge kombô ngə zɛn abié, des poumons, ngə ebi mimban mitam ...), be dɔbəda bə nə dzam a toŋ mimfas mité asu yə na a bə biibiyalɛn bitɔ tutué. RF Ǹtimɛn ǹtili kalada 130 BE:UYI-FALSH TY:MEM14 NI:10 CM:MEDAU:ENT FR VE Dépistage, n DF démarche visant à détecter, au plus tôt, en l'absence de symptômes, d'une ou de plusieurs maladies ou d'anomalies dites "à risques" chez un individu. PH test de dépistage NT EXP: Le test de dépistage permet de détecter les anticorps spécifiques à une pathologie présente dans l’organisme RF Mosby's Dictionary of Medicine, Nursing & Health Professions, Elsevier/Mosby, octobre 2012, 2048 p. Jane Case-Smith et Jane Clifford O'Brien, Occupational therapy for children, St-Louis, Mosby, 2005, « Purposes, processes, and Methods of Evaluation », p. 221-222 Éty 1922, P. Pruvost ds E. Sergent, Technique clinique médicale et sémiologie, 831 ds Quem. Fichier). Dérivation de dépister; suff. -age*. Bən Nló Ebug Mbigɛn Ntimɛn Zɛn yə a volɔ a kulɛn okɔn mbuag nge abui akɔn, kə bidəgələ biziŋ, yə a bi nə dzam a bonde okɔn, eyɔŋməlida mə sə̌ kig. Mbelɛn Mbigɛn okɔn Nyəmetɛn Mbigɛn okɔn o a volɔ nə a bə a kuilɛn ǹguməkan bəzinbi bə asyé asu okɔn eziŋ bə toé ya á nyul. RF Ǹtimɛn ǹtili kalada 131 BE:UYI-FALSH TY:MEM14 NI:02 CM:MEDAU:ENT FR VE Effet cytotoxique DF Se dit des substances nocives pour les cellules, ayant donc la propriété de les détruire. PH Des effets indésirables à moyen terme des cytotoxiques sont une conséquence directe de leur effet cytotoxique, qui n’est pas limité aux cellules cancéreuses mais affecte aussi d’autres cellules qui se divisent rapidement. NT EXP: Les chercheurs américains ont montré dans un article paru dans la revue Cell comment des bactéries Gram positif exercent leur effet cytotoxique en induisant la formation de pores dans la membrane de la cellule hôte. RF Bən www.futura-sciences.com/magazines/sante/.../biologie-cytotoxique- Nló Ebug Bəwě bə angəngáb nyúl Ntimɛn Anə ebiəm bi a tugulu angəngáb nyul, bi tɔ fəg da a dzam a wé Mbelɛn Biyəmə biyə́ŋ bi mam bia yéne á angəngabə nyul á mvus yə̌nə eyɔŋ eziŋ amu bəwě bə angəngáb nyúl té. Nala o tii kig və ay angəngab nyul yə a bili yə kaŋsɛrə vəbi o a bii fəg angəngab nyul anə tagɛ ay kaŋsɛrə Nyəmetɛn Bə yəmə mam yə á amərəka bə nga tili, á kalara bə yəmə bə a loé nə Cell, akia afé angəgəmə də a və akɔn ánə Bəwě bə angəngáb nyúl eyɔŋ bə abonde nkuɛn banə məlɔŋ á ndalga yə á angəngáb nyúl é mbəgə yə a bə. RF Ǹtimɛn ǹtili kalada 132 BE:UYI-FALSH TY:MEM14 NI:09 CM:MEDAU:ENT FR VE Forme ulcérative, expr PH A un stade plus avancé, de véritables ulcères sont présents autour de certaines dents qu'ils déchaussent. Ces ulcères deviennent rapidement purulents: C’est la forme ulcérative purulente de la stomatite. NT EXP: Les tumeurs dont le developpement anatomopathologique se fait sous forme ulcérative ou végétante, s’associent habituellement à des phénomènes de nécrose tissulaire en surface, aboutissant à une halitose pathologique. RF Mithridade Davarpanah, Stéphane de Corbière, Mihaela Caraman - 2006 Terme Forme végétante voisin Bən Nló Ebug Ékan é nə fól; fól Mbelɛn É yɔŋ avəŋ á nga bulu yə a ayag, minfaŋ mi fol mi a bomɛn məsoŋ məziŋ, mə́ nga koali. Fól te dzə a vol fug: edzǎ be aloe nəékan mi zɔgé nə fól. Nyəmetɛn Mintugulɛn mi a boali minson mia vəŋɛn fól mia kadə veme ekob ósú. Nala onga bulu bɔ nə nyul é yaan eyə yaan. RF Ǹtimɛn ǹtili kalada 133 BE:UYI-FALSH TY:MEM14 NI:08 CM:MEDAU:ENT Ganglion (lymphatique),n nodule disposé le long d'un vaisseau lymphatique dans certaines régions du corps. Les ganglions sont de petits organes arrondis, disséminés partout dans PH l'organisme sur le trajet de la circulation lymphatique. EXP: Les ganglions filtrent la lymphe et jouent un rôle dans les défenses NT immunitaires de l'organisme. Chaque fois qu’on parle de ganglion sans autre spécification, l'on se réfère OBS en général, au ganglion lymphatique. ganglions lymphoïdes Syn Terme voisin Adénopathie JR Goss, M Mata, WF Goins, HH Wu, JC Glorioso… - Gene therapy, 2001 RF cat.inist.fr HA Quigley, RW Nickells, LA Kerrigan, ME Pease - ophthalmology & visual, 1995 – ARVO DM Berson, FA Dunn, M Takao - Science, 2002 - biosci.usc.edu FR VE DF Bən Nló Ebug M̀baŋ Ntimɛn M̀baŋ o a kui á nsis, ewi oa bəgə kig məkǐ, á bitun bi nyul biziŋ. Mbelɛn Mimbaŋ mí nə banə bi bouma bi nə miamɛn á nyul, é vom bidzudzug bi alod. Nyəmetɛn Mimbaŋ mia lɛ bidzúdzúg mi kamɛn fəg ay nyul RF Ǹtimɛn ǹtili kalada 134 BE:UYI-FALSH TY:MEM14 NI:05 CM:MEDAU:ENT FR VE Df PH RF Granulome, n Le granulome est une tumeur de nature inflammatoire qui peut apparaitre au niveau de certaines zones de l'organisme, peau, organes ou muqueuses. Il se présente au niveau cutané comme des petites surélévations qui peuvent avoir tendance à gratter. Les granulomes peuvent être dispersés ou former des plaques. Ils sont dus à une inflammation chronique causée par un corps ou un organisme étranger : des cellules de nature différente vont proliférer et générer le granulome. En général, le granulome est bénin. FOND L, MICHEL JL, GENTIL-PERRET A MASSON E (2000) Granulome annulaire de l'enfant, in Journal of Zoo and …, - BioOne Antemortem diagnosis and attempted treatment (Halicephalobus) Micronema deletrix infection in a horse Terme voisin Bən of Nodule Nló Ebug Nló (fol) Ntimɛn Ǹló fól ngə avəŋ ó nə okɔ̌n o a tugulu mə vóm mə nyúl məziŋ, anə ekob, bi syɛn ngə kig ǹnəme nyúl, ngə minson. Ó nə feg kui anə man abom á ekob. Mbelɛn Nfâ yə a ekob, ǹló té ó nə və anə ban mə bóm mə toa dzam ayaan. Minló mi okɔn mí nə dzam bɔ ǹmiamɛn á nyúl ngə a bɔ mə bad. Minló mia akui eyɔŋ okɔnn o tɔbɔ yə a kɔm á nyúl amú bəyəŋ bə nə̂ á nyúl. Ángəngab nyúl dá vəŋɛn á nga byé minló. Abui biyoŋ, nló ó sə kig mətom. M̀bonde Ǹtimɛn ǹtili kalada 135 BE:UYI-FALSH TY:MEM14 NI:01 CM:MEDAU:ENT FR VE Histopathologie, n DF Identification microscopique des dégâts cellulaires observés dans une pathologie donnée PH L’Unité d’Histopathologie étudie les interactions Hôte-Agent pathogène en pathologie humaine et/ou expérimentale. L’Unité effectue des expertises en Histopathologie humaine mais la majorité des travaux concerne l’étude des modèles expérimentaux et l’analyse des différentes étapes de la réaction inflammatoire dans un organe cible. NT L’histopathologie est la discipline médicale destinée à poser un diagnostic par l'étude microscopique des tissus vivants ou mort; RF www.larousse.fr/dictionnaires/francais/histopathologie/40078 Bariéty, Coury, Hist. méd.,1963, p. 654). Éty du grec ι ̔ σ τ ο ́ ς, histos« tissu » ou ι ̔ σ τ ι ́ ο ν, pathos,« souffrance » et entrant dans la construction. de mots savant appartenant au domaine de la biologie. Bən Nló Ebug mimfas bíləmbə mí alə́dəbía é kán okɔ̌n ó man ya ándáman nyúl Mbelɛn É ngab ǹyəmen mam yə á dzə a fag okɔn mod á nyúl ay á biləmbə, endzədza fas Ndɔ́ŋ okɔ̌n á nyúl édzə́ fəg dza ayəgɛ eyiŋ ǹkókɔn banə óngəngəmə ǎ kalan okɔn té.Sukulu tě enyə ǎ kuli bəbela yə a Ndɔ́ŋ okɔ̌n á nyúl á nyúl mod. Və abui bibisye yə a bi tii ay sukulu té bi adaŋ bəbə́ bivəgəle ay mimfas yə a kan esə ngumə núl eziŋ dzə a wodɛn ǹtugulɛ́n. Nyəmetɛn Ásukulu dɔbəda, Ndɔ́ŋ okɔ̌n á nyúlé dzə dzə a lədə akia afé bə abig okɔn, amu dzə afas é nyúl évə̌ ay ényi énə ǹwuɛn á biləmbə. M̀bonde Ǹtimɛn ǹtili kalada 136 BE:UYI-FALSH TY:MEM14 NI:04 CM:MEDAU:ENT FR VE Médiation cellulaire, expr DF Il s’agit d’un plan d'attaque de l’organisme qui implique d'autres globules blancs. En particulier les lymphocytes T qui déclenchent des attaques directes contre l'ennemi. PH Immunité à médiation cellulaire NT La médiation cellulaire se dit d'une réaction immunitaire acquise dont les effecteurs sont des cellules telles que les lymphocytes T cytotoxiques ou les cellules tueuses. RF http://www.corpscite.be/xml/sites-SITE--IDC-2122-IDD-3717-IDS-3860.html Bən Nló Ebug Ngúl azombó É nə ngumba akomdo nyúl dzə a bəlɛnə ai dzə asu yə nə dzə alumɛn ai kan edzom esə énə dzam tugulu dzə́. Akomdo té a nə asu ngumkan bə zimbi bi ziŋ yə a ba loé nə a ləŋfositə tě. Ebə bə a dzimbi ebiəm bia tsaâ nyul. Nyəmetɛn Ngúl azombo nyúl é nə enyi yə a nyúl dzə a bi amu nwónɛn dzə a wón ai mban bitɛ. Bə ləŋfositə tě enbə bə awé angəngab nyul esə dza zu tsaǎ bitɛ. M̀bonde Ǹtimɛn ǹtili kalada Mbelɛn Nous espérons que les fiches ainsi élaborées vont permettre aux personnels de la santé et aux chercheurs linguistes d’avoir un outil facilement exploitable pour peu que les uns et les autres veulent résoudre des difficultés de traduction dans le domaine épidémiologique de l’ulcère de Buruli. 137 CONCLUSION GENERALE Les problèmes de la traduction médicale et de terminologisation issus du transfert de message du français vers la langue bəti-faŋ en généralet vers la variante bənə en particulier ont été l’objet de ce mémoire. La traduction de ce corpus médical portant sur la lutte contre l’ulcère de Buruli nous a permis de déceler des difficultés de communication auxquelles sont confrontés les professionnels de la santé, les linguistes et les populations cibles. Ces difficultés résident surtout au niveau de la conceptualisation de la maladie qui diffère selon l’approche occidentale (qui est celle du personnel médical) ou celle des populations à risques (qui est l’approche traditionnelle). Cette différence de conceptualisation génère des codes distincts qui freinent la communication entre le personnel sanitaire et les malades. Or, le partage du code et du contexte sont des éléments essentiels de la transmission d’un message. Rappelons que l’ulcère de Buruli, selon la conception occidentale, est une maladie tropicale causée par une microbactérie. Au Cameroun, elle sévit sur les abords du fleuve Nyong. Dans ces localités, la plupart des populations pensent que ce fléau est dû à un sortilège malfaisant et que la médecine traditionnelle constitue le meilleur moyen d’y remédier. Cette conception découle du manque d’informations relatives à la contamination, au dépistage, à la prise en charge et à la prévention de la maladie. Au plan linguistique, la mauvaise catégorisation du domaine de spécialité de cette maladie pose des problèmes de conceptualisation et de contextualisation à la terminologie développée par les acteurs de ce domaine. Car, la mauvaise appréciation du domaine de spécialité est susceptible de générer des termes désignant des réalités relevant d’un autre ressort. De plus, lorsque l’ulcère de Buruli est présenté aux populations locales dans une conceptualisation occidentale, avec une terminologie française, il est possible que le message prête à équivoque chez nos cibles principales. Pourtant, le niveau de développement des langues camerounaises en général et du bənə en particulier, nepermet pas toujours de transmettre le message technique à un niveau notionnel spécialisé. Des extraits du document Ulcère de Buruli, Infection à Mycobacterium Ulcerans, publié en 2000 par l’OMS avec la contribution de l’Association Française Raoul FOLLEREAU de la Fondation Nippone, ont constitué notre corpus. Pour traduire ce document, des procédés de conceptualisation tels que la métaphore, la création d’équivalence formelle, l’emprunt et la normalisation terminologique ont été mis à contribution au niveau de l’élaboration des termes. Ainsi, nous avons proposé une centaine de néologismes (emprunts et des créations). 138 Nos résultats comptent également une centaine d’élargissements sémantiques ainsi qu’une centaine de termes revitalisés. Afin de faciliter l’utilisation des produits terminologiques relatifs à ce mémoire, certains résultats ont été organisés en lexique, glossaire et fiches terminologiques. Ce mémoire contient aussi une arborescence générale de l’ulcère de Buruli au Cameroun et une arborescence spécifique à l’épidémiologie de ce fléau dans les zones endémiques. Par ailleurs, une traduction commentée est également disponible dans ce mémoire. Cette traduction est adaptée à la formulation du message dont la terminologie, la syntaxe, les idiotismes et les collocations qui sont socialement et culturellement familiers au public bətifaŋ en général et bənə en particulier. Le commentaire effectué à la suite de la traduction du corpus, analyse les aspects pratiques de la traduction en objet, à la lumière des concepts linguistiques et extralinguistiques. Les concepts linguistiques d’analyse se sont fondés sur les “ procédés de traduction” énoncés par VINAY et DARBELNET (1958/1977), sur les difficultés de terminologisation, sur l’harmonisation de la traduction bənə au jargon médical, sur le respect des idiotismes. Nous nous sommes en outre basée sur les spécificités syntaxiques du bənə. Cette technique visait à traduire le plus naturellement possible, les titres, les aspects grammaticaux, les déterminants et des idiotismes. Au plan extralinguistique, nous avons abordé la traduction en considérant le processus cognitif qui intervient dans toute situation d’énonciation. Nous avons donc réétudié les procédés d’adaptation et d’équivalence selon les spécificités culturelles et sociologiques de la cible. Il est vrai que la notion d’équivalence en tant qu’objectif du processus de traduction est loin de faire l’unanimité. Les approches de CATFORD (1965), de NIDA (1964, 1969), de LEDERER (1994), relèvent d’ailleurs que la conception du sens n'est pas toujours homogène, mais plutôt problématique. Car l’établissement d’une équivalence dépend de l’interprétation et de l’acception du traducteur. Ainsi, la traduction réalisée dans ce mémoire est axée sur le sens contenu dans l'intention de l'émetteur du message. Nous avons cependant étoffé le texte cible à travers l’explication des termes scientifiques afin de fournir plus d’informations au destinataire principal de notre texte. Rappelons que le document corpus a été écrit par des médecins pour le personnel de santé. En changeant de cible, nous avons dû définir, non seulement une compétence sémiotique, mais aussi une compétence culturelle pour former une communication efficiente pour la cible (CATHELAT et EBGUY : 1988) de la langue bənə. En utilisant la rhétorique, 139 nous avons créé un texte qui privilégie la cible bətiphone au détriment des spécialistes de la santé. Dans son ouvrage La Communication multilingue, GUIDERE (2008) démontre que la traduction est envisagée dans de nombreux cas comme un acte de communication qui tente de relayer une intention de communication par-delà les barrières linguistiques et culturelles et que le traducteur est un communicateur qui cherche à maintenir la cohérence du message dans un but particulier et pour des récepteurs spécifiques. Ainsi, nous avons, en tant que traducteur, fait valoir notre compétence de médiateur culturel pour faciliter l’appropriation du message initial à la nouvelle cible. Cela nous a permis de faire face à la traduction des noms des lieux, d’effectuer des suppressions de certains traits culturels de la langue source, jugés abstraits dans la culture cible. Inversement, nous avons procédé aux ajouts de certains concordants de la culture cible. Nous proposons, par ailleurs, des mesures de vulgarisation des informations contenues dans ce mémoire. Nous suggérons par exemple la valorisation de l’expérience acquise par le personnel médical en activité dans les localités cibles. Il serait également opportun de faciliter l’accessibilité de nos supports (traduction, glossaire, lexique, fiches terminologiques) et de renforcer les stratégies de communication communautaire. Nous avons pu observer des atouts dans la mise en œuvre des stratégies de sensibilisation des populations cibles contre l’ulcère de Buruli lors des campagnes menées par le personnel de santé et les organismes impliqués dans ce combat. Il s’agit notamment: - d’une collaboration fluide entre les animateurs locaux et les organismes gouvernementaux et internationaux ; - de l`existence d'esprit de créativité et d'engagement de tous les personnels de santé, en termes de techniques de sensibilisation. Il existe cependant des points à améliorer en termes de sensibilisation des populations. Voici donc quelques suggestions pratiques afin de pouvoir élargir l`approche à l`échelle. Notre proposition, en vue d’un enrichissement de la langue bəti-faŋ, suggère que les acteurs de la lutte contre l’ulcère de Buruli s’appuie sur les principes de base de la communication. Cette dernière intervient toujours dans toute planification de stratégie de changement de comportement. C`est pourquoi nous pouvons la considérer comme fondement ou outil de base pour promouvoir le développement ou le changement social à travers les outils linguistiques proposés dans ce mémoire. Nous avons constaté lors de nos descentes sur le terrain que plusieurs relais 140 communautaires ne sont pas alphabétisés en langue locale. Il est donc nécessaire que ceux-ci soient initiés à la lecture et à l’écriture du bəti-faŋ. S’il est vrai que le niveau d’énonciation orale de ces relais est satisfaisant, leur capacité à lire et à écrire le bəti-faŋ pourrait les aider à parfaire leurs connaissances notionnelles de l’ulcère de Buruli. Mais pour transmettre les messages de sensibilisation, il faudrait que les relais communautaires et les personnels de santé soient eux-mêmes convaincus de l’importance de ce qu’ils annoncent ou du moins maîtrisent ce qu’ils transmettent. Il faudrait, par ailleurs, que le personnel, impliqué dans la lutte contre l’ulcère de Buruli, sache susciter la prise de conscience auprès des populations à risques. En effet, il est question ici, d’amener la cible à intégrer les risques ou les problèmes qu’elle ne conceptualise pas jusqu’ici. Afin de rendre cette prise de conscience digeste, des messages de sensibilisation pourraient être introduits dans les activités d`animation culturelle. Des comédiens ou amateurs de théâtre présenteraient des sketchs, intégrant la terminologie élaborée dans ce mémoire, pendant les regroupements locaux. Susciter l’intérêt de la cible locale en faveur de la lutte contre l’ulcère de Buruli participerait aussi à lutter contre ce fléau et surtout à promouvoir les résultats auxquels nous sommes parvenus. A force de rappeler aux populations vivant dans les zones endémiques que les possibilités de contamination de l’ulcère de Buruli et les traitements sont scientifiquement établis, elles seront conscientes des risques encourus et chercheront davantage à recevoir des informations additionnelles sur ce sujet. Pour parler en termes techniques, on pourrait dire qu’elles commencent à évaluer le problème de façon informelle. Les résultats auxquels nous sommes parvenue, pourront constituer une base terminologique pour les centres de santé spécialisés dans la lutte contre l’ulcère de Buruli. Nous comptons à cet effet remettre une copie de notre travail à toutes ces formations médicales, ce d’autant plus qu’elles ont été des partenaires privilégiés de notre recherche. En plus des différentes bases de données physiques de nos résultats, il serait également opportun de créer une base de données terminologiques virtuelle français>bəti-faŋ. Une diversification des supports peut être bénéfique à la vulgarisation des résultats de notre mémoire. En effet, la publication par internet des résultats auxquels nous avons abouti permettra d’étendre le circuit de consommation. Une fois que ces résultats seront disponibles en ligne, ils pourront être consultés par des publics divers en l’occurrence des chercheurs, des étudiants, des médecins, ainsi que par des sympathisants du bəti-faŋ. Cette base de données virtuelle pourrait jeter les bases d’une bibliothèque virtuelle des lexiques des langues camerounaises. 141 Nous nous sommes attelée, dans notre mémoire, à traduire un corpus technique relevant du domaine médical vers le dialecte bənə de l’unité langue bəti-faŋ. Nous avons été confrontée aux problèmes de conceptualisation et de terminologisation du jargon médical. Au plan de la conceptualisation, nous avons constaté un écart entre la description de l’ulcère de Buruli selon la culture Bəti et la description occidentale. Nous avons opté pour l’approche occidentale de la maladie. Toutefois, l’approche bəti reste à explorer. Car, les notions et termes Bəti portant sur le dépistage de l’ulcère de Buruli, son traitement et sa prévention sont très différents de la conception occidentale. Au plan de la terminologisation, nous avons fait face aux problèmes de traduction relatifs au respect du génie de la langue cible (structure, termes idiomatiques), et aux habitudes culturelles des principaux destinataires. Nous avons abordé un début de solution aux problèmes de traduction français > bəti-faŋ. Toutefois, des recherches complémentaires pourraient concourir au développement du bəti-faŋ en général, et du bənə en particulier. Il s’agirait notamment de réaliser des traductions commentées et d’en extraire une terminologie portant sur la procréation chez les Bantou, en général, et les Bəti, en particulier. L’on pourrait par ailleurs, mener des recherches relatives à la traduction vers le français de littérature orale axée sur la place de la femme dans la société traditionnelle camerounaise. 142 BIBLIOGRAPHIE ABEGA P. (1968) : Le préfixe nominal ewondo, Paris, EPHE, Thèse 3ème Cycle, 199 p. _________ (1969) :Grammaire éwondo, Yaoundé, DLAL (Publ. SLA), 133p. _________, (1973)Petit lexique Ewondo, Yaoundé, DLAL, 74p. Abbou (1983) : Une coopération entre pays est-elle possible en matière de créativité lexicale ?La créativité lexicale dans le langage courant, Bruxelles, Maison de la Francité, <ww pp. 84-96. AGHALI F, (1996) : Quelques remarques sur la néologie : étude des transpositions d’un texte français en hawsa , Question de glottopolitique, Kachouri A., Leconte F., Mallam Garba Maman, Tsekos N., France, Afrique, monde méditerranéen, Rouen, pp. 161-168. AITO E. 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Motivations…………………………………………………........................................................................ P .4 4. a. Motivations personnelles………………………………………………………................................... P. 4 4. b. Motivations scientifiques……………………………………………………….................................. P. 5 5. Objectifs………………………………………………………............................................................................ P. 5 5. a. De l’enrichissement………………………………………………………....................................................... P. 5 5. b. De la revitalisation………………………………………………………........................................................ P. 6 5. c. De la modernisation………………………………………………………...................................................... P. 6 5. d. De la sensibilisation et du changement de comportements……………………………………………….. P. 6 6. Nécessité de l’étude………………………………………………………......................................................... P. 6 7. Délimitation du domaine……………………………………………………….................................................. P. 7 8. Cadre théorique………………………………………………………................................................................. P. 7 8. a. De la Traduction………………………………………………………..........................................………………. P. 7 8. a.1. Les théories linguistiques………………………………………………………........................................... P. 8 8. a.2. Les théories interprétatives………………………………………………………........................................ P. 12 8. a.3. Les théories inférentielles……………………………………………………….......................................... P. 16 8. a.4. Les théories décisionnelles ………………………………………………………........................................ P. 17 8. b. De la terminologie………………………………………………………........................................................ P. 21 9. Méthodologie……………………………………………………….................................................................. P. 21 10. Revue de la littérature………………………………………………………................................................ P. 24 11. Annonce du plan……………………………………………………….......................................................... P. 26 Chapitre premier : éléments fondamentaux de l’ewondo…………............................................. P. 28 152 I.1. Phonologie ……………………………………………………….................................................................... P. 29 I.1.a. Les consonnes………………………………………………………............................................................ P. 29 I.1. b. Les voyelles………………………………………………………............................................................... P. 30 I.1. c. Les tons………………………………………………………....................................................................... P. 30 I.2. Le verbe……………………………………………………….......................................................................... P. 31 I.2.a. Les aspects et le mode ………………………………………………………................................................ P. 32 I.2.b. Les aspects et les aspectuels………………………………………………………....................................... P. 32 I.2.c. Définition de la modalité temporelle……………………………………………………….......................... P. 36 I.3. Le temps ………………………………………………………..................................................................... P. 37 I.3.a. Le Passé………………………………………………………...................................................................... P. 38 I.3.a.1. Le Passé 3:/ŋgá/ ………………………………………………………..................................................... P. 38 I.3.a.2. Le Passé 2 : /á/ ………………………………………………………....................................................... P. 39 I.3.a.3 Passé 1/ ́/………………………………………………………............................................................ P. 41 I.3.b. Présent /à/………………………………………………………................................................................. P. 42 I.3.c. Le Futur……………………………………………………….................................................................... P. 43 I.3.c.1. Futur 1 /àyì/ ………………………………………………………......................................................... P. 45 I.3.c.2. Futur 2 /Ń-/……………………………………………………….......................................................... P. 46 I.3.c.3. Futur 3 /ŋgâ/ ………………………………………………………......................................................... P. 49 Chapitre 2: traduction français ›bene du corpus………………………….................................... P. 49 Corpus à traduire………………………………………………………................................................................... 49 Traduction………………………………………………………............................................................................. P. 61 Ngap zambgálá : m̀ fasɛn ákɔ̌n (chapitre sept : Pathologie)……………………………………… P. 61 Ndɔ́ŋ okɔ̌n P. 61 á nyúl (Pathogénie)……………………………………………………… ......... Mimfas mí okɔ̌n á bilə́mbə (Histopathologie)…………………………………………. ......... P. 63 Mintséndɛ́n mimfas mból okɔ̌n ó á man andáman nyúl (Modifications histopathologiques)………………………………………………………...................................... P. 63 Ńtugəlɛ́n ó ngə́nə təgə kúlɛn fól (Lésions non ulcérées)…………………………………………. P. 63 Ńtugəlɛ́n ó nə́ fól (Lésions ulcérées)……………………………………………………………... P. 65 Ńtugəlɛ́n ó ngalɛd ya (Lésions en voie de guérison)…………………………………………….. P. 66 Mimbǎŋ (Lymphadénite)…………………………………………………………………………. P. 67 Okɔ̌n bivɛs (Ostéomyélite)……………………………………………………………………….. P. 67 Ngab mwomo : ndəm okɔ̌n ai məbálá yə á été ………………………………………………... P. 68 153 (Chapitre 8 : Manifestations cliniques et traitement)…………………………………………… Minsəlɛ́n mimbɔɛ́n á məsí məsí (Variations géographiques)………………………………… P. 68 Mətimi mə́ okɔ̌n (Définition de cas) ……………………………………………………….................................. P. 70 Kán minkókɔ̌n (Classification des patients) ………………………………………………………...................... P. 71 Ǹtaɛn yə á ndá biaŋ (Formes cliniques) ………………………………………………………............................ P. 71 Mvigí dɔ́bəda (Diagnostic) ……………………………………………………….......................................... P. 74 Mə ndəm mə ábuala okɔn (clinique)………………………………………………………... P. 74 Mimfas yə á ńsina (De laboratoire)………………………………………………………. P. 76 Mimfas yə á radio (Radiologique)……………………………………………………… P. 77 Akɔn dá fulɛn ai atɔm (a tádəgi abám 37 a kwí é dí 50) (Diagnostic différentiel (Planches 37 à 50)) ………………………………………………………........................................... Ǹsyɛ́n yə á dɔ́bəda (prise en charge clinique) ………………………………………………………........... P. 78 P. 78 Bitíé bí kán atɔ̌m (Classification de la maladie).................................................................... P. 78 Ngab ebulú : Ǹsáálɛ́n, mbílɛ́n ai nyírɛ́n ai atɔ̌m (chapitre neuf : Prévention, Surveillance et Lutte)………………………………………………………………………………… Məkán mə́ǹsâlɛ́n ai nyídɛ́n ai atɔ̌m (Modèle de prévention et de lutte)……………….. P. 79 P. 80 É dzóm dzə́ a atíé okɔ̌n (L’agent causal) ………………………………………………………..................... P. 81 Ǹkalɛ́n okɔ̌n (Transmission de la maladie)………………………………………………............................ É mam mə́ abomɛn bía (L’environnement naturel)………………………………………… P. 83 É mam mə́ tǐ ai é mod ǎ mbəgə yə ǎ óngə́ngə́mə (Facteurs liés à l’hôte)…………………… P. 84 Zɛn yə á ǹsáálɛ́n ai ǹyídɛ́n ai atɔ̌m (Options en matière de prévention et de lutte)…………………………………………………………………………………………… Obáləbas yə á mam mə́ a avwála ású ǹsáálɛ́n ai ǹyídɛ́n ai atɔ̌m á məngós mə́ bod yə á miǹnam bod bə́ akɔ̌n atɔ̌m (Résumé des mesures de prévention et de lutte dans toutes les communautés d’endémie)……………………………………………………………… Chapitre 3 : aspects pratiques de la traduction medicale français-betifaŋ…………………………………………... Concepts linguistiques d’analyse de la traduction…………………………………………… P. 82 P. 86 P. 90 P. 92 P. 92 I.1. Les procédés de traduction ................................................................................................. P. 92 I.1.1. La traduction directe ……………………………………………………………………. P. 94 II.1.1 a. L’emprunt …………………………………………………………………………….. P. 94 II.1.1 b. Le calque……………………………………………………………………………….. P. 94 II.1.1c. Traduction littérale……………………………………………………………………… P. 95 II.1.2 La traduction indirecte…………………………………………………………………… P. 95 II.1.1.a. la transposition…………………………………………………………………………. P. 95 II.1.1.b. L’étoffement/désimplicitation/explication……………………………………………… P. 97 II.1.1.c. La modulation…………………………………………………………………………... P. 98 154 II.1.1.d. L’équivalence…………………………………………………………………………… P. 99 II.1.1.e. L’adaptation…………………………………………………………………………….. P. 99 II.1.1.f. La terminologisation……………………………………………………………………. P. 101 II.1.1.g. La déterminalisation……………………………………………………………………. P. 101 I.2. Difficultés terminologiques………………………………………………………………... P. 101 1.2.1. Registre de langue………………………………………………………………………… P. 101 1.2.2. Public cible………………………………………………………………………………... P. 102 1.2.3 Terminologie médicale du français…………………………………………….................. P. 103 1.2.4 Respect de l’idiotisme…………………………………………………………………….. P. 103 2.3 Difficultés syntaxiques…………………………………………………………………. P. 104 1.3.1. Accord de classe nominale………………………………………………………………... P. 104 1.3.2 Choix du déterminant……………………………………………………………………… P. 105 1.3.3. Traduction des titres………………………………………………………………………. P. 106 1.4. Choix des structures idiomatiques………………………………………………………... P. 107 II. Concepts extra-linguistiques d’analyse de la traduction………………………………... P. 108 CHAPITRE 4: TERMINOLOGIE……………………………………………………………. P.113 I. Arborescences…………………………………………………………………………... P.113 I.a Arborescence générale………………………………………………………………………. P.113 I.b. Arborescence spécifique……………………………………………………………………. P.113 Aborescence épidémiologique de l’UB………………………………………………………….. P.114 II. Glossaire………………………………………………………………………………… P.115 III. Lexique…………………………………………………………………………………... P.118 IV. Fiches terminologiques………………………………………………………………..... P.124 IV.1 Comment lire une fiche terminologique……………………………………………............ P.124 IV.1.a:La dénomination………………………………………………………………………… P.125 IV.1.b: La langue……………………………………………………………………………….. P.125 IV.1.c:Le domaine………………………………………………………………………………. P.125 IV.1.d: La définition…………………………………………………………………………… P.125 IV.1.e: Contexte………………………………………………………………………………… P.125 IV.2 Liste des vedettes………………………………………………………………………….. P.126 CONCLUSION GENERALE………………………………………………………………….. P.137 BIBLIOGRAPHIE……………………………………………………………………………… P.142 ANNEXES 155 DOSSIER DOCUMENTAIRE